Le lièvre et l’Allegri

Par Matthias Bertoncelli publié le 17 Jan 2016

Allegri-Juventus

La célèbre fable de La Fontaine ne disait-elle pas « Rien ne sert de courir, il faut partir à point » ? Ce dicton populaire est en tout cas plus que jamais mis en lumière par le parcours qu’est en train d’effectuer la Juventus. En effet, depuis la défaite contre Sassuolo (1-0) le 28 Octobre dernier, les hommes d’Allegri n’ont plus goûté à la défaite et pointent désormais à la troisième place à 5 points du leader Napoli. Une ascension fulgurante qui était pourtant loin d’être acquise. Au soir de la défaite au Mapei Stadium, les tifosi via les réseaux sociaux s’enflammaient, tout comme l’ensemble des médias italiens. « Allegri démission » leit-motiv des supporters quand les journaux spécialisés s’interrogeaient déjà sur les potentiels remplaçants du toscan. L’intéressé justement, a dû braver vents et marrées les dents serrées afin de tenir le cap de ses ambitions. « Il nous faut du temps. Il y a eu un grand chamboulement de l’effectif. Nous n’avons pas eu de chance dernièrement, mais les résultats vont bientôt suivre. Nous serons dans le trio de tête avant la trêve hivernale. Je suis confiant. » Même si la saison est encore longue, Allegri a déjà tenu parole et a remporté son combat face au scepticisme. Une force de caractère digne des plus grands. Allegri a su fédérer son effectif avec un projet de jeu tangible et qui n’aura jamais été modifié. Dybala en pointe quand certains le voulaient sur les ailes, Mandzukic titulaire indiscutable quand ses prestations l’auraient envoyé pour d’autres sur le banc. Et que dire du travail psychologique fait sur un Pogba fantomatique en début de saison ? Son calme c’est sa force. Une quiétude qui aura vite éteint les bourrasques d’un début de crise à Vinovo. « Allegri a été le fou qui a toujours cru en notre remontée au classement. Il a réussi à insuffler de la sérénité au groupe à un moment où nous n’en avions plus. » Une déclaration du guerrier Chiellini qui dépeint à elle seule le phénomène Allegri. Face à cette force de caractère, un seul mot d’ordre : Mea Culpa.

Et maintenant ?

Désormais le plus dur reste à venir. En effet, la Juve joue encore la Coppa Italia et devra manœuvrer un périlleux huitième de finale face à l’ogre Bayern en Champions League. Une confrontation qui pourrait d’ailleurs conditionner le reste de la saison des bianconeri. Même si la Juventus est redevenue le « rouleau compresseur » qu’on connaissait, les résultats par rapport à l’année dernière sont en baisse. Au soir de la 19ème journée, la Juve version 2015-2016 a engrangé 39 points contre 46 points pour celle version 2014-2015 et a marqué 33 buts pour 15 encaissés contre 42/9. « L’équipe qui fera une phase retour optimale devrait engranger environ 46-48 points au total. Cela veut dire que la suivante devrait être aux alentours de 40 points. En conclusion, le championnat pourrait se jouer lors de l’ultime journée. » Don Allegri a parlé, vous savez ce qu’il vous reste à faire.

Matthias Bertoncelli

Rédacteur



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