Le jour où Simone Inzaghi a détruit l’OM !

Par Boris Abbate publié le 25 Oct 2018

Il y a 18 ans, la Lazio disputait la première Champions League de son histoire. Il y a 18 ans, les Laziali possédaient peut être l’un des plus beaux effectif de toute leur chronologie. Et il y a 18 ans, Simone Inzaghi devenait le premier joueur italien à inscrire un quadruplé sur la plus grande scène européenne. La victime ce jour-là ? Elle se nommait Olympique de Marseille.

Un parcours exceptionnel pour une première

Deuxième de Serie A à la fin du mois de mai 1999, la Lazio se voit enfin fouler les pelouses de C1 la saison suivante, 26 ans après une édition qu’elle aurait déjà du gouter, mais qui lui passera sous le nez suite aux sanctions infligées après le rocambolesque match face aux Anglais d’Ipswich Town. On joue alors la saison 1999-2000, et cette Champions League n’a rien à voir avec celle actuelle. Il faut en effet passer par deux interminables phases de poules pour enfin accéder aux quarts de finale. Et dans son grand dépucelage européen, la Lazio hérite alors d’un groupe assez homogène, avec les allemands du Bayer Leverkusen, le Dynamo Kiev et le NK Maribor. Une première phase de poule que les Italiens vont finalement survoler facilement, en terminant premier, malgré les deux nuls face aux germaniques (dont une égalisation de Mihajlović sur… coup-franc, à l’aller), mais avec deux fessées notables par quatre buts d’écart contre les Slovènes et deux autres victoires face aux Ukrainiens de Kiev. Une facilités déconcertante, qui poussera les hommes de Sven-Göran Eriksson en grand favoris lors de la seconde phase de groupe, où ils croiseront la route de Chelsea, du Feyenoord et de l’Olympique de Marseille. Des Marseillais bien loin d’imaginer qu’ils allaient ensuite vivre un tel cauchemar face aux coéquipiers de Nedved et Stankovic.

« Simone Inzaghi, digne empereur de son frère Pippo »

Déjà sèchement battus par les Italiens au match aller au Vélodrome (0-2), les Marseillais sont en crise quand ils rendent visite aux romains, le 14 mars 2000. Dernier du groupe en Champions, et en très grosse difficulté en Ligue 1 (ils éviteront la relégation grâce à la différence de but), ce déplacement à l’Olimpico viendra confirmer la mauvaise passe des Français. Pour cette soirée d’ailleurs, l’Olimpico n’attire pas les foules, malheureusement. Quelques 28 000 personnes ont pris place dans l’enceinte, qui semble vide. Mais cette saison à Rome, le spectacle est aussi sur le terrain. Sur la feuille de match, déjà. Puisque le onze laziale est incroyable, avec un 4-4-2 magique dessiné par les mouvements somptueux des lignes Negro-Nesta-Mihajlovic-Pancaro en défense, Conceiçao-Simeone-Stankovic-Nedved au milieu et Inzaghi-Boskic devant. Il faut ainsi attendre seulement 17 minutes de jeu pour voir le premier but de la rencontre, quand Nedved lance parfaitement Inzaghi en profondeur, qui ajuste parfaitement Porato. 1-0.

Par la suite, Marseille croit égaliser par l’intermédiaire d’Abardonado, mais ce dernier est signalé en position de hors jeu. Le tournant du match pour l’OM, qui va craquer une seconde fois, sur une action de classe mondiale à une touche de balle, terminée par la finition d’Inzaghino. 2-0, et doublé pour l’Italien. Puis 3 à 0, quand ce même Inzaghi n’a plus qu’à pousser un ballon mal repoussé par Porato sur une volée de Boskic. L’OM ne s’en sort pas, Luccin, Fischer et Brando sont à la rue, mais Leroy relance quand même le match sur coup-franc à la 50 ème. Un but anecdotique, car Inzaghi inscrira un nouveau but de renard 20 minutes plus tard, et Boskic clôturera le festival laziale en fin de rencontre. Score final 5-1, et ce quadruplé de Simone, qui s’est même payé le luxe de manquer un pénalty. Dans son édition du lendemain, la Gazzetta titre alors : « Simone Inzaghi, digne empereur de son frère Pippo, il ne se contente pas de liquider aimablement Marseille. Il établit un record historique, et ses 4 buts portent tous la même marque de fabrique familiale : ils sont parfois moches, parfois faciles, mais terriblement efficaces ». 

« La meilleure équipe du monde » selon Ferguson

Mais cette démonstration face à l’OM, elle atteste surtout de la force de cette équipe laziale à cette époque. Peut être la plus forte de l’histoire, la plus sexy, aussi. Une équipe de quasiment 22 internationaux, des noms comme Nedved, Nesta, Veron, Conceição, Favalli, Pancaro, Salas, Inzaghi ou encore Mihajlović pour ne citer qu’eux. Une équipe formidable, battue seulement 2 fois lors de cette Champions League, avec cette défaite incroyable à Valence en quart de finale qui anéantit ce rêve fou de C1. Une supériorité reconnue par Sir Alex Ferguson, qui était revenu sur la finale de Supercoupe perdue face aux Italiens un an plus tôt, en citant que « la Lazio était la meilleure équipe du monde à ce moment là », rien que ça.

18 ans plus tard, la Lazio a en tout cas bien changé, et 18 ans plus tard Simone Inzaghi en est cette fois-ci à la tête. « Evidemment que c’est un épisode gravé en moi, l’un des plus beaux de ma carrière. Marquer 4 buts dans un match de Champions League, peu de joueurs ont réussi à le faire. Aucun Italien ne l’a jamais fait. Mais tous les records sont à battre, donc j’espère que c’est aussi une source d’inspiration pour mes joueurs » déclarait-il en conférence de presse avant de retrouver Marseille et son Vélodrome ce soir. Un Italien présent en attaque coté laziale, il pourrait bien en avoir un, avec Ciro Immobile. A lui de tenter d’imiter son coach, et d’envoyer, le temps d’une soirée, la Lazio sur les grandeurs de l’Europe !

Boris Abbate

Rédacteur



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