Le Hall of fame du calcio

Par Florian Giunta publié le 07 Mar 2020

Il faudra attendre le 4 mai 2020 à Florence pour voir officiellement onze nouvelles étoiles entrer au Hall of fame de la FIGC. Depuis 2011, la fédération italienne décerne des prix à ses légendes. Qui sont les joueurs, les entraîneurs et les dirigeants que l’on se refuse d’oublier ? Qui a déjà été récompensé ? Quand le foot italien se regarde dans le miroir, les passionnés refont le plein de souvenirs…

Les primés de la neuvième édition

Le président Gravina a dévoilé le 6 février la nouvelles promo. Et il y a du beau linge. Inutile de faire la biographie d’Andrea Pirlo (Catégorie « joueur italien ») et de Zbigniew Boniek (Catégorie « joueur étranger »). Pour les entraîneurs, Carlo Mazzone est le recordman des présences sur un banc de Serie A avec 797 matchs. Antonio Percassi, le président-entrepreneur de l’Atalanta entre au panthéon des dirigeants. Les années 70 revivent avec Alberto Michelotti (arbitre international) et Gabriele Oriali (Catégorie « vétéran italien » et bandiera de l’Inter). Les prix de la mémoire récompensent deux figures du football turinois disparus récemment : Pietro Anastasi (attaquant de la Juventus du milieu des années 70) et Luigi Radice (coach du dernier scudetto du Torino en 1976). La FIGC montre qu’elle regarde vers l’avenir en récompensant Sara Gama (dans la Catégorie « Joueuse italienne » apparue en 2014) et en décernant un « Prix Astori », ancien « prix du Fair-Play ». Ce prix a été décerné à Lukaku (pour son action contre le racisme ainsi que pour avoir laissé le jeune Esposito tirer son premier pénalty en Serie A) ainsi qu’au jeune joueur de 17 ans d’Ospedaletti Calcio, Mattia Agnese, qui a sauvé un adversaire sur le terrain après un choc.

Les joueurs primés depuis 2011

La catégorie reine est celle des « joueurs italiens ». Des champions du monde surtout y figurent : Totti, Cannavaro, Del Piero et Pirlo (2006) ainsi que Baresi et Bergomi (1982). Mais pas uniquement en les personnes de Baggio, Vialli et Maldini. Aucun vainqueur des coupes du monde de 1934 et 1938 dans la catégorie. La catégorie des vétérans est celle des hall of famers toujours vivants mais qui n’entreront pas dans la catégorie précédente. Pourtant on y retrouve des monstres sacrés : Riva, Zoff, Rivera, Mazzola, Tardelli, Rossi, Conti et Antognoni. En 2011, le premier à avoir été primé dans la catégorie « joueurs étrangers » est Platini qui a débarqué en 1982 à la Juventus. Par ordre d’apparition en Serie A ont été primés : Falcao (1980), Maradona (1984), Van Basten (1987), Gullit (1987), Battistuta (1991), Zanetti (1995) et et Ronaldo (1997). Pour l’instant, l’Amérique du Sud domine l’Europe.

Les dirigeants et entraîneurs primés depuis 2011

Peu de surprise, ils sont tous là ou presque, les monstres sacrés du calcio côté dirigeants et coachs. En 2011, le jury a célébré Sacchi et Lippi, tous les deux incontournables sélectionneurs et longtemps entraîneurs des deux clubs les plus titrés d’Italie. Et suivront Trapattoni, Capello, Ancelotti, Mancini, Ranieri, et Allegri. Osvaldo Bagnoli, le coach de l’Hellas, vainqueur du scudetto en 1985, primé en 2017, est peut-être celui dont on avait oublié le nom. Côté dirigeants sont d’abord célébrés les grands présidents : Boniperti (Juventus), Moratti (Inter), Ferlaino (Napoli) et Berlusconi (Milan AC). Mais le prix « dirigeants italiens » permet aussi de saluer des profils différents et le travail de Marotta (Directeur Général de la Juventus) ainsi que celui de Campana (longtemps président de l’association des footballeurs italiens). En dessinant une étoile à Antonio Matarrese, la Fédération s’autocélèbre – tant ce personnage a cumulé de hautes responsabilités dans toutes les instances nationales (Lega, FIGC) et internationales (FIFA, UEFA).

Il est toujours bon de saluer le travail de ceux qui font rayonner le Calcio. Un petit bémol avec les longues listes de noms qui reçoivent les « prix de la mémoire » chaque année. Meazza, Scirea, Mazzola, Franchi, Novo, Dall’Ara, Bearzot, Herrera etc… apparaissent comme un peu secondaires avec ce concept. En effet, c’est clairement le Calcio depuis les années 80 qui est mis en valeur.

Florian Giunta



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