Le départ de Leonardo : des ambitions revues à la baisse au Milan AC ?

Par Florian Sapetti publié le 29 Mai 2019

C’était dans l’air depuis quelques jours, l’information est tombée cet après midi, Leonardo a donné sa démission de son poste de directeur sportif du Milan AC ! Une décision surprenante pour celui qui s’était présenté il y a 9 mois comme l’homme voulant « reporter le Milan à la place qui lui était attribué. Il parlait à ce moment là, que ce projet aurait pris du temps, mais il s’agissait d’un projet ambitieux qui voulait mener à bien« . Alors que s’est-il passé 9 mois après pour que les choses changent de tout au tout, car rappelons le, le Milan AC n’est pas revenu au premier plan? Leonardo a donc renoncé à son très long et riche contrat (3,5 millions brut par an jusqu’en 2021) qui le liait avec le Milan AC, la même décision qu’il avait pris lorsque il était entraineur en 2011.

Incertitude totale sur son rôle et action sur le mercato

Lorsque Leonardo est arrivé cet été en tant que directeur sportif, son rôle était de renforcer l’équipe sur le plan sportif et de retrouver une certaine stabilité sur le plan financier. Il est arrivé fin juillet 2018, et a du s’activer très rapidement sur le mercato pour renforcer l’équipe au mieux. On doit dire que son travail a tout de suite porté ses fruits avec le maxi échange avec la Juventus qui concernait le retour de Bonucci à la Juve et l’arrivée à titre définitif de Mattia Caldara et surtout le prêt avec option d’achat d’un véritable numéro 9 Gonzalo Higuain. Malheureusement, les résultats sur le terrain ont été très décevants jusqu’à présent. Mattia Caldara a été blessé toute la saison et n’a pas pu montrer sa valeur, et Higuain après un départ plutôt prometteur s’est petit à petit effacé jusqu’au point d’être un problème pour l’équipe jusqu’au départ de manière précoce pour le Chelsea en janvier. Les autres opérations effectuées par Leonardo ont été le prêt de Bakayoko (5 millions pour le prêt avec option d’achat fixé à 35 millions d’euros) ainsi que l’achat de Castillejo (en échange de Bacca au Villarreal) et l’arrivée de Laxalt. Un mercato riche en émotions avec une volonté de pallier les carences de l’équipe.

Au mois de janvier, Leonardo réalise deux opérations importantes comme l’achat de Lucas Paquetà pour 35 millions d’euros en éliminant la concurrence, et l’arrivée du bomber de Serie A : Krzysztof Piatek pour également une somme avoisinant les 35 millions d’euros. Deux recrues qui sonnaient comme deux renforts très importants dans la course à la 4ème place alors que les équipes rivales avaient décidé de ne pas se renforcer.

Frictions sur le mercato et remise en question du projet

Les difficultés de Leonardo dans ce nouveau Milan 2.0 sont arrivées avec la nomination de Ivan Gazidis comme directeur général du Milan AC. En effet, les deux hommes avaient de réelles divergences sur l’organisation et le futur du club qui a conduit à la rupture définitive. Cela a commencé tout d’abord sur la question du mercato et le choix des joueurs pour renforcer l’équipe. Leonardo avait en tête d’insérer dans un Milan AC jeune des joueurs cadres pour former les plus jeunes afin de progresser rapidement. Pour ce faire, Leonardo s’était activé pour le retour de Zlatan Ibrahimovic et Cesc Fabregas (cet été), opération bloquée par Gazidis. Le nouveau directeur général aurait autorisé les arrivées de Piatek et de Paquetà mais avec beaucoup de réticences au vu des problèmes financiers du club et un investissement plutôt important.

Leonardo a vu sa position s’affaiblir et ses possibilités de prises de décisions diminuer. Gazidis et Leonardo ont cohabité ensemble pendant toute l’année mais il était clair qu’une séparation se serait faite en fin de saison. Les ambitions du club ont été également revues à la baisse car le Milan AC, se faisant rattraper par l’UEFA et le non respect du FPF, va devoir revoir sa politique de transferts et baisser la masse salariale. De nombreux joueurs en fin de contrat vont permettre d’économiser de l’argent mais surtout l’arrivée de Gazidis (qui a permis les années prospères d’un point de vue financier à Arsenal) rentre dans cette lignée : il ne faudra pas s’attendre du Milan AC des achats faramineux, mais plutôt une politique basée sur l’achat de jeunes joueurs à potentiel en vue de réaliser une plus-value. Un premier aveu d’échec en somme.

Florian Sapetti



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