Le début de saison de rêve de Cagliari

Par Sébastien Madau publié le 26 Nov 2019

Qui aurait pu prévoir, il y a quelques mois à peine, que le match nul concédé ce lundi 25 novembre sur le terrain de Lecce à l’occasion de la clôture de la 13e journée de Serie A s’apparenterait à une contre-performance contribuant à freiner Cagliari dans son ascension dans la zone « Europe » ? Peu à vrai dire tant les saisons passées étaient -on ne peut plus- laborieuses.

Restant sur une série de 11 matchs sans défaite, les Sardes pointent aujourd’hui à la 4e place du championnat (25 points) à 2 points derrière la Lazio (3e) et 5 devant le Napoli (7e), premier non-européen. Malgré un recrutement qui a fait sensation cet été (Radja Nainggolan, Marko Rog, Nahitan Nandez, Giovanni Simeone), c’est davantage une position de milieu de tableau qui était envisagée par les observateurs qu’une installation dans la zone européenne. En effet, en se basant sur la seule logique financière, les sept places qualificatives européennes devraient normalement revenir à la Juventus, le Napoli, les deux romaines et les deux milanaises. Les autres devant se battre pour une dernière place (l’Europa League via un tour préliminaire). Heureusement, la vérité du sport est parfois tenace et laisse la place à de belles surprises. L’Atalanta de Giampiero Gasperini en est le plus récent exemple. Cagliari espère être le prochain. A condition de poursuivre sur ce rythme d’enfer, ce qui ne sera pas facile.

Le meilleur départ depuis… le Scudetto

Après un début catastrophique (deux défaites à domicile lors des deux premières journées), les hommes de Rolando Maran ont réussi à enchaîner 11 matchs dans défaites (7 victoires, 4 nuls). Une moyenne de 1,9 point par match qui constitue un record depuis… 1970 et la saison du Scudetto (2,1 en transposant avec la victoire à 3 points). Un déclic semble avoir eu lieu lors de la victoire contre le cour du jeu à Naples (1-0) et le nul obtenu à l’Olimpico face à la Roma (1-1). La belle victoire à domicile contre la Fiorentina (5-2) tient lieu de match référence. Les Rossoblù se prennent désormais au jeu. Difficile en effet de continuer à affirmer jouer le maintien (40 points) quand 60% du chemin a été réalisé en seulement un tiers du championnat. Du coup, Cagliari se retrouve quasiment condamné à poursuivre sa chevauchée fantastique, de peur de faire émerger la frustration chez des tifosi qui n’ont plus connu l’Europe depuis 25 ans. Mais le plus dur reste à faire.

Un schéma de jeu gagnant

Il reste deux tiers du championnat à disputer et les matchs à trois points peuvent avoir des effets dévastateurs, surtout si les grosses écuries trouvent leur rythme de croisière. Une série négative et c’est tout le bénéfice acquis qui pourrait s’évaporer. Heureusement la série d’invincibilité en cours peut apparaître comme une motivation supplémentaire pour les Cagliaritains. Mais comment serait encaissée et gérée une défaite ? Les joueurs -dont la plupart sont peu habitués à se situer à de tels niveaux- auraient-ils les épaules assez solides ? Pour l’heure, tous les secteurs répondent présent : Cagliari est la 4e défense du championnat, a (excepté les intouchables Juventus et Inter) un des milieux de terrain les plus dynamiques de Serie A et un duo d’attaque Joao Pedro (7 buts) – Simeone (4) efficace. Le banc de touche est également un atout du club du président Tommaso Giulini. Voir s’y assoir en effet des joueurs tels Klavan, Castro, Ionita ou Birsa laisse entrevoir des marges de manœuvres en cas de tuiles, comme ce fut le cas en début de saison avec la perte pour de longs mois de deux éléments majeurs à des postes clés : le portier Alessio Cragno et le bomber Leonardo Pavoletti. Le premier a été substitué, via un prêt de la Roma, par l’excellent Olsen tandis que Simeone, sans arriver aux statistiques de Pavogol, fait bonne figure.

Il est parfois inutile de se poser trop de questions. Dirigeants, joueurs et supporters auraient tort de vouloir trop analyser et expliquer l’état de grâce qui est en train de se dérouler sous leurs yeux. Au risque de perdre l’enthousiasme qui caractérise le jeu des Sardes depuis maintenant 3 mois.

Sébastien Madau



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