Le couple Icardi a-t-il poussé le bouchon un peu trop loin ?

Par François Lerose publié le 14 Fév 2019

Coup de tonnerre hier à l’Inter. Le club nerazzurro dirigé par le Suning a annoncé via Twitter dans un court communiqué, avoir retiré le brassard de capitaine à Icardi au profit de Samir Handanovic, le gardien slovène, présent et titulaire indiscutable au club depuis 2012. Retour sur un cas pas si surprenant que ça, dans une Inter qui entame une mue importante.

Icardi pénalisé par Wanda

« L’institution avant tout« . Des mots qui sonnent parfois creux aux oreilles de certains tifosi soucieux de voir leur club se faire mener par le bout du nez par des joueurs toujours plus attiré par le gain et les sorties médiatiques non controlées. Si Icardi a toujours été irréprochable sur le terrain, son comportement a déjà fait couler de l’encre. Son autobiographie où il s’en prenait avec virulence aux tifosi suite à une altercation avec la Curva à la suite d’une défaite à Sassuolo avait déjà mis le feu aux poudre. Un apaisement plus tard, l’Argentin se faisait discret lui, mais pas son agent et femme, Wanda Nara. Détestée par une grande partie des supporters, les méthodes de la conjointe d’Icardi ne plaisent pas et chaque année le manège recommençait avec des négociations pour un renouvellement de contrat et des menaces de départs accompagnées de communications douteuses.

Avec l’arrivée de Marotta en provenance de la Juventus pour gérer les affaires sportives, l’Inter devait entamer sa mue, celle d’un grand club et cela débutait par une remise à plat des relations avec les joueurs. Le renouvellement d’Icardi a trainé en raison de demandes salariales excessives, de méthodes nuisant à l’image du club (les dernières sorties médiatiques de Wanda Nara notamment et son implication polémique dans l’émission Tiki Taka). Une situation déplorable que le club n’arrivait à gérer que partiellement. Des caprices d’agent et de joueur tolérés tant que l’Argentin portait le club. Mais depuis deux mois, ce n’est plus le cas. Fantomatique, Icardi n’est plus que l’ombre de l’attaquant qu’il était et ses prétentions salariales ne sont plus justifiées. Il n’en fallait pas plus pour que Marotta, en lien avec Zhang et Spalletti, se saisissent de la faille pour sanctionner un capitaine qui de fait, ne montrait plus l’exemple.

L’Inter fait front

Alors que la situation semblait peser sur le vestiaire nerazzurro, la sanction et le retrait du brassard arrive comme une justice pour certains. Les likes de Brozovic sur Instagram ne sont pas anodins et montrent une satisfaction globale. Y avait-il un favoritisme envers Icardi ? Rien ne le laisse sous entendre mais l’hypothèse est bien plus que probable. Là où des Brozovic ou des Nainggolan sont remis en question après quelques mauvais performances, Icardi semblait pouvoir continuer à jouir d’une immunité malgré un trou d’air de plus de deux mois dans le jeu (son dernier but remonte au 2-2 face à l’AS Roma dans le jeu). Ce n’est désormais plus le cas.

Convoqué pour le match face à Vienne en Europa League, le joueur a pris la décision de ne pas jouer, c’est ce que révèle Spalletti à la presse. Conflit ouvert avec le club, ou simple mise en retrait volontaire pour décharger l’équipe d’un poids avant le match européen dont on connait l’importance ? Personne ne le sait. En tout cas le torchon brule du côté de l’Inter et de son capitaine. Après la gestion du cas Nainggolan, c’est au tour de l’argentin de comprendre que l’Inter n’est pas un bazar ambulant, mais un club qui veut devenir grand. Cela passe par l’éthique et l’exemplarité, deux qualités qu’un capitaine devrait avoir de tout point de vue, surtout quand le prédécesseur s’appelle Javier Zanetti. La balle est désormais dans le camp du joueur qui devra éclaircir avec Wanda et la direction, les méthodes de gestion de son contrat. Le signal est envoyé par un Marotta qui n’aura pas trainé pour taper du poing sur la table et instaurer un ordre de fer au sein de l’équipe. Un ordre qui nécessite quelques turbulences importantes, mais dont le club se relèvera sans aucun doute.

François Lerose

Rédacteur en Chef



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