Le chantier défensif de l’Italie

Par Cesco publié le 20 Nov 2019

La grave blessure de Chiellini avec la Juventus a soulevé un problème existant depuis déjà quelques années mais dont les conséquences n’avaient pas alerté tant que le pillier aux 103 sélections avec la Nazionale, assurait les arrières de la nation. L’Italie n’a plus de défenseurs de haut niveau et il faudrait y faire attention.

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Qu’il était bon le temps où Bonucci, Barzagli et Chiellini gardaient les portes de la sélection. Un secteur de jeu sans aucune inquiétude bien que les manques de résultats se soient faits sentir ces dernières années pour l’équipe aux quatre étoiles. Avec Chiellini out et un Bonucci qui doit assurer désormais un leadership assumé, loin de ses deux compères d’antan, la défense de l’Italie n’a jamais semblé aussi incertaine. L’Euro 2020 approche à grands pas et si Mancini semble avoir des certitudes pour son équipe, elles ne sont que poudre aux yeux face à un constat alarmant : personne ne sort du lot en défense.

La défense à quatre a fait son grand retour en sélection. Absente depuis Prandelli, Mancini en a fait son fer de lance pour affronter les prochaines échéances. Si le problème des latéraux a été souvent évoqué, celui de la défense centrale reste insoluble. Si Leonardo Bonucci fait figure d’indiscutable, ses prestations interrogent encore. Loin de ses deux protecteurs, le défenseur formé à l’Inter montre des signes de fragilité inquiétants par moment du côté de la Juventus et plus récemment, en Nazionale. Difficile dans ce cadre d’en faire un leader affirmé en Nazionale, lui qui n’a pas toujours eu la carrure qu’il faut au cours de sa carrière.

La succession ? Quelle succession ?

Se pose alors la question des jeunes pousses. Le tour d’horizon est malheureusement bien vite fait. Acerbi plafonne avec la Lazio mais apporte quelques garanties. Son but face à la Bosnie et ses prestations rassurantes ne doivent pas faire oublier qu’il peut couler en même temps que son équipe. Son point fort en revanche se trouve notamment dans la gestion de la balle. Idem pour Romagnoli, coincé dans un Milan AC qui ne lui offre que peu de challenges et qui retarde son éclosion définitive. Pas de matchs européens, des situations mentales et sportives loin d’être simples, le capitaine des rossoneri gagnerait à migrer vers d’autres cieux pour passer ce cap, celui qui le ferait passer de bon jeune défenseur à top player. Il est encore jeune, oui, mais la Nazionale n’a pas le temps d’attendre même si sa dernière prestation face à l’Arménie était satisfaisante.

Le tour d’horizon se poursuit avec Rugani, Caldara, deux défenseurs qui subissent une pression qu’ils n’ont jamais su transformer en émulation positive. Le premier est constamment sur le banc dans l’ombre désormais de De Ligt tandis que le second n’arrive pas à se remettre de ses blessures. Les deux n’ont plus 18 ans. Enfin, il faut citer Mancini de l’AS Roma qui enfin semble prendre la mesure de son rôle au sein de la Louve. Manque de chance, il est reconverti en milieu de terrain par Fonseca. Alors quoi .. Ranocchia ? Trop vieux et ne joue plus. Bastoni ? Il commence à peine à se montrer sous Conte. Les autres ? Quels autres ? Luperto ? Trop inconstant. Le fait est qu’il y a urgence sur une des principales forces historiques de la Nazionale. Et aller à l’Euro avec une charnière « par défaut » ferait tâche, mais est-ce qu’on a vraiment le choix ?

 

Cesco

Rédacteur en Chef



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