Le carnet de notes de l’Euro : Toloi, le couteau suisse venu du Brésil

Par Marc Occhipinti publié le 14 Juil 2021
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Autant l’italianité de Jorginho est établie. Arrivé en Italie à l’âge de 15 ans, Jorginho a non seulement effectué presque toute sa formation au Bel Paese (Verona) mais il a aussi joué dans la sélection italienne Under 21. Autant Toloi, naturalisé last minute en février 2021, qui se voit invité à l’Euro, voilà qui pouvait faire jaser.

Une sélection discutée

Pour beaucoup, s’il faut choisir un oriundo (ndlr : un joueur d’origine italienne né à l’étranger), il faut vraiment qu’il soit indiscutablement meilleur qu’un Italien de la Botte. Or, Toloi, ne faisait pas l’unanimité comme ont pu le faire : José Altafini, Omar Sivori et plus récemment Camoranesi.

La sélection faite par Mancini a suscité, somme toute, bien peu de polémiques, surtout si on compare avec ce que d’autres commissari tecnici ont pu subir par le passé. Mais s’il y a eu quelques grimaces devant la liste des 26, c’est souvent à la lecture du nom de Rafael Toloi. Qu’allait donc faire un adepte du 4-3-3 comme Mancini, d’un lieutenant de Gasperini où la défense à 3 est une religion ?

Le rôle que lui voyait Mancini

Pour dresser un juste bilan de cet Euro, il faut d’abord bien rappeler ce qui était attendu de la part de l’oriundo du Mato Grosso. D’abord, un minimum d’habitude des matchs à fort enjeu avec un joueur qui a participé à deux campagnes réussies en Champions League. Mais c’est surtout la polyvalence de ce joueur qui était recherchée. Capable de jouer latéral droit comme défenseur central, il était cette pièce du puzzle de Mancini qui pouvait pallier les manques en cas de blessure d’un des « vieux » de la charnière centrale ou de Florenzi, ou tout au moins, les faire souffler.

Ses notes*

Phases de poules : 6,5

Phase à élimination directe : 5

Finale non noté

Moyenne : 5,75/10

Son Euro commence à la 69ème minute du match contre la Suisse. Il prend la place d’Insigne alors que l’Italie mène 2 – 0. Mission : verrouiller le score avec une défense à 3, tout en maintenant la pression avec une équipe assez haute. Les consignes exactes que lui donne Gasperini dans sa Dea chérie. Et sans surprise, Toloi joue décemment cette partition. Non seulement les Suisses ne marquent pas et le ballon reste suffisamment haut pour qu’Immobile trouve le but du 3 – 0. Mission accomplie. Et une note de 6.

Devant le Pays de Galles, turn over abondant, la qualification étant assurée. Toloi est titularisé pour faire souffler Di Lorenzo, mais dans le rôle de latéral droit. Il gère son match en toute sérénité, même si on peut lui reprocher une excessive prudence. Peu de projection vers l’avant. Il tend d’ailleurs, sans le ballon, à constituer une défense à 3 ou seul Emerson prend la liberté de monter. Là encore, une note de 6. Toloi fait l’affaire. Il faut avouer que son adversaire Daniel James n’est pas spécialement dans un grand soir.

Absent des débats contre l’Autriche, il n’a pour mérite contre la Belgique que de faire perdre une minute le temps du changement à la 91ème dans ce final irrespirable. On le retrouve surtout en demi-finale contre l’Espagne, où il monte dans l’arène à la 74ème minute. Il prend la place d’Emerson mais se positionne dans son couloir droit (tandis que Di Lorenzo bascule côté gauche). Et c’est évidemment pas la même limonade que face aux Gallois. Dans un rôle bien loin de ses repères habituels, qui plus est dans le match le plus douloureux joué par la Nazionale sur toute la compétition étant la seule rencontre où le ballon lui échappe. Pour compliquer encore plus l’épreuve, il a en face de lui un Dani Olmo des grands soirs. Plus virevoltant qu’un torero. Le jeune talent du Leipzig le surclasse tellement que dans un aveu d’impuissance, Toloi se voit contraint à un placage bien pataud, très logiquement sanctionné par un jaune. L’édifice tremble, affiche ses limites, mais finalement, pas de désastre. La note tombe comme une sentence. 5,5. Sa pire prestation mais qui ne pénalise pas outre mesure l’Italie.

Finalement, Toloi aura joué son rôle. Faire vaguement illusion pendant que soufflent un peu les titulaires, pour trouver la force d’aller chercher l’exploit.

*Le barème est italien



Marc Occhipinti



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