Le carnet de notes de l’Euro : Chiesa, le fuoriclasse que l’on attendait plus

Par Yacine Ouali publié le 20 Juil 2021

Dans son 4-3-3, le sélectionneur Roberto Mancini disposait d’Insigne, qui savait repiquer et orienter le jeu, et d’Immobile, buteur capable de jouer pivot comme de prendre la profondeur. Il lui manquait cependant la troisième partie de toute bonne attaque : la percussion, l’endurance, la répétition des courses. C’est ce qu’il a trouvé en remplaçant Berardi par Federico Chiesa, qui s’est définitivement affirmé au plus haut niveau mondial lors de l’Euro victorieux.

Une phase de poules à ronger son frein

Durant les matches de groupes, Roberto Mancini décide de jouer un coup de poker : il met Domenico Berardi titulaire, et garde Chiesa comme remplaçant, avec l’objectif de l’utiliser comme dynamiteur de défenses fatiguées dans les 20-30 dernières minutes des matches. Non titulaire lors des deux premiers matches, l’ailier de la Juventus n’est aligné que lors de la dernière partie contre le Pays de Galles, autrement dit le match des coiffeurs.

En huitièmes, c’est au départ la même chanson : Berardi titulaire contre l’Autriche, Chiesa sur le banc. Puis vient cette 84ème minute, où le sélectionneur décide de lui donner sa chance dans un match où l’Autriche malmène grandement l’Italie. En prolongations, Chiesa réalise ce pourquoi il a été sélectionné au départ. Il dynamite la défense, lui met une folle pression, puis inscrit le but libérateur d’un magnifique enchaînement, qui libère la patrie et la lance définitivement sur sa course effrénée pour la victoire.

Belgique, Espagne, Angleterre : le grand tryptique

Après son but contre l’Autriche, Chiesa ne quittera plus sa place de titulaire. Il réalise un match solide contre la Belgique en quarts, la vedette lui étant toutefois volée par un magnifique Insigne. Ce n’est toutefois que partie remise, car le véritable chef-d’œuvre de Chiesa arrive en demie contre les Espagnols. Infatigable sur con côté droit malgré la nette domination espagnole, le fils d’Enrico se démène le plus souvent tout seul, servant surtout à faire remonter et donc respirer un bloc qui ne demande que cela.

Puis vient cette 60ème minute, et ce but qui fera la légende de l’Euro de Chiesa. Au bout d’un contre bien mené puis un peu brouillon, l’ailier droit prend le ballon et mystifie son vis-à-vis d’un simple crochet extérieur, suivi d’une frappe dans le petit filet qui laisse le gardien espagnol pantois. Ce but du 1-0, contre le cours du jeu, est celui de la révolte pour l’Italie, qui prend exemple sur la hargne de Chiesa pour arracher sa qualification et gagner ensuite la finale, dans un match où, encore une fois, les infinies chevauchées du joueur turinois auront fait un énorme bien à son équipe.

Ses notes*

Phase de poules : 6

Phase à élimination directe : 8

Finale : 7

Moyenne : 7/10

Dans ce barème italien, où le 7 donné à Chiesa vaut un 8,5 ou un 9 chez la presse française, Chiesa ressort définitivement comme l’un des hommes de l’Euro de la Nazionale. Incisif, précieux dans le repli défensif et infatigable sur con côté, il aura sorti ses coéquipiers de bien des guêpiers et aura impressionné l’Europe. Très bon en Italie mais pas encore révélé au niveau de la Champions League, Federico Chiesa aura ainsi profité de l’Euro 2020 pour exploser aux yeux du monde, et s’inscrire, par sa technique, sa hargne et son jeu, comme le fuoriclasse que la Botte n’attendait plus, comme nous n’en avions plus eu depuis 2006.

Le rendez-vous est donc pris pour le Mondial 2022, et bien plus encore. Grande Federico !

Yacine Ouali



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