Le carnet de notes de l’Euro : Bryan Cristante, agir dans l’ombre pour servir la lumière

Par Julien Ruis publié le 18 Juil 2021

Siamo Noi ! Les Champions d’Europe sont Italiens et Calciomio dresse le bilan individuel des hommes de Mancini. Aujourd’hui, nous nous penchons sur Bryan Cristante. Jamais titularisé de l’Euro, il a pourtant su apporter sa pierre à l’édifice par ses entrées en jeu. Sa solide prestation en finale lui aura permis de savourer davantage le trophée.

Chacun des 26 a son importance

Avant l’annonce officielle du groupe choisit pour l’Euro, la présence de Cristante n’était en rien garantie. Auteur d’une saison plus que correcte, dans le marasme romain, le milieu aurait pu faire les frais d’une concurrence quantitativement et qualitativement peut être plus importante. Pourtant, Roberto Mancini décide de miser sur le joueur. Le joueur possède l’avantage d’avoir une certaine polyvalence sur le terrain, une qualité importante pour un sélectionneur dans une telle compétition. Surtout, il est un joueur de devoir. Quelqu’un qui ne causera pas de problèmes même s’il joue peu. Quelqu’un qui s’intègrera à merveille dans la vie de groupe et qui saura encourager et porter ses coéquipiers. Un joueur qui respectera à la lettre les consignes de son coach, même pour cinq minutes sur le terrain.

En somme, le soldat idéal pour un général avec un plan de bataille bien défini. Mancini l’aura répété tout le long de la compétition, il n’avait pas que onze joueurs mais bien vingt-six. Chacun avec le même degré d’importance. Une communication et un état d’esprit qui a permit à chaque entrant d’être impliqué au maximum. Car l’Euro de Cristante se résume essentiellement à cela. Sortir de l’ombre du banc pour servir la lumière sur le terrain.

Des entrées pour mettre de l’impact

Au final, Bryan Cristante n’aura jamais débuté en tant que titulaire dans cet Euro. Et comment l’en blâmé ? Avec un tel réservoir de talent au milieu et une mécanique parfaitement huilée, il lui était pratiquement impossible de trouver de l’espace. Lors des phases de poules, il n’est entré qu’en fin de partie afin d’offrir un peu de présence physique. Bien plus défensif qu’un Pessina ou qu’un Castrovilli, il a su mettre de l’impact sur le peu de minutes jouées. Il a fait les frais du retour nécessaire de Verratti et d’un Jorginho monstrueux face au Pays de Galles, match durant lequel son sélectionneur aura remanié son effectif. Lors de la phase finale, il a pu effectuer deux entrées face à l’Autriche et la Belgique. L’objectif était clairement d’avoir un milieu à l’aspect plus défensif et pouvant glisser comme troisième axial lors des phases offensives adverses lorsqu’il fallait tenir le score. Seul héritage bénéfique d’un Paulo Fonseca à Rome. Le milieu n’est pas entré en jeu face à l’Espagne. Un match où Mancini a préféré s’appuyer des entrants pouvant sublimer le jeu court face à la grinta adverse.

Enfin, parlons de cette finale à Wembley. Cristante remplace un Barella complétement carbonisé après une saison et un Euro dantesque. Pourquoi un tel choix alors que l’Italie est menée et doit absolument recoller au score ? Beaucoup oublient alors que le Mancio ne fait jamais rien au hasard. Les consignes données se vérifient dès ses premières minutes. Cristante est bien là pour presser et asphyxier le milieu et l’axe défensif anglais. Certes, son style et ses choix offensifs furent balbutiants. Mais, comble du destin, c’est bien lui qui vient détourner le ballon de la tête sur corner, offrant à Verratti et Bonucci l’occasion de faire taire tout Wembley. Chaque joueur a bel et bien son importance.

Ses notes*

Phase de poule : 6

Phase finale : Non noté

Finale : 6.5

Moyenne : 6

Bryan Cristante a donc vécu un Euro haut en couleur. La blessure de son coéquipier et ami Spinazzola l’a affecté, mais lui a offert un supplément d’âme comme au reste du groupe. Appliqué et sérieux lors de ses entrées, il a pu être déterminant en finale dans un contexte peu évident. Le milieu a eu son importance dans la compétition et a prouvé qu’on pouvait s’appuyer sur lui en toutes circonstances. La nouvelle saison devrait enfin lui permettre de se stabiliser à son poste en club, et peut être espérer davantage en sélection.

Le barème est italien*.

 

Julien Ruis



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