Le bilan à la mi-saison : Sampdoria

Par Michaël Magi publié le 06 Jan 2019

A mi-saison, la Samp est septième de Serie A avec 29 points. A la lutte pour jouer l’Europa League, avec un effectif qui manque sans doute de profondeur et un jeu moins affirmé que l’année dernière, il ne faudra rien lâcher pour remplir les ambitions affichées par le Président Ferrero en début de saison. Toujours en course en Coppa Italia, les doriani rencontreront le Milan AC au Marassi, le 12 janvier, en huitièmes de finale. A mi-chemin d’une saison où tout reste à gagner (ou à perdre), voici le bilan blucerchiato.

Ce qui a fonctionné

La défense : C’était l’un des gros points noirs des deux précédentes saisons. En dépit d’un trou d’air de 3 matchs (fin-octobre/début novembre) au cours desquels la Samp a encaissé 11 buts (contre le Milan, le Torino et la Roma), la dernière ligne a bien tenu le choc. Tonelli s’est imposé en patron, Andersen s’est révélé, Murru apparait métamorphosé. Sur le côté droit, Bereszyński est peut-être le seul bémol dans ce constat. Statistiquement, ces 11 buts encaissés font mal mais ils agissent également comme un trompe-l’oeil. Si la Samp est en embuscade à mi-saison, c’est aussi à sa capacité de frustrer les attaquants adverses qu’elle le doit : le Napoli, l’Atalanta et même l’Inter (victorieux in extremis au cours d’un match étouffant) en ont fait les frais.

L’increvable Quagliarella : dans un petit mois, Fabio Quagliarella aura 36 ans. Le moins que l’on puisse dire est qu’il ne les fait pas. Avec 12 buts (parmi lesquels ont compte de purs bijoux) et 5 passes décisives, il est évidemment le joueur le plus décisif d’une escouade offensive qui est parti sur de bonnes bases. Defrel (6 buts), Caprari (5 buts), Ramirez ou Saponara n’étant pas en reste, la Doria pourrait atteindre la barre des 60 buts cette saison, ce qui ne lui est plus arrivé depuis la saison 2000-2001. A l’époque, la Samp était…en Serie B.

La Samp ne perd plus contre les petits : l’année dernière, l’équipe de Giampolo, experte dès lors qu’il s’agissait d’enquiquiner les grosses légumes, avait manqué de caractère dans les matchs contre moins bien classés qu’elle. Une lourde défaite contre l’Udinese, une autre contre Bologne ou contre Benevento, pour ne citer qu’une poignée d’exemples, avaient fait mal à l’heure de faire les comptes. La tendance s’était du reste accrue au moment où la course à l’Europe était entrée dans sa phase décisive. Cette année, mise à part la défaite initiale à Udine (0-1), concédée dans des circonstances particulières et résultant d’une manque de réussite assez incroyable, ainsi qu’un ratage complet contre le Torino à domicile, la Samp a à peu près gagné tout ce qu’elle devait gagner. Contre Empoli, Parma, la SPAL, Bologna, le Chievo ou Frosinone, la Samp a fait le plein de points ; ce qui a permis de bonifier ses victoires contre le Napoli ou sur le terrain de Bergame.

Ce qui n’a pas fonctionné

Un milieu orphelin de Torreira : Privé de sa pépite uruguayenne, le milieu de la Samp prend l’eau. Positionné bien trop bas, il ne permet pas à Praet ou à Linetty d’exprimer pleinement leurs qualités. Albin Ekdal, arrivé en catastrophe à l’intersaison, pour endosser le rôle de Regista, fait ce qu’il peut mais il n’a ni l’agressivité de son prédécesseur, ni sa capacité à casser les lignes. Résultat, l’ensemble de l’équipe manque de maitrise collective (même si elle ne manque pas de courage) et s’avère souvent incapable de tenir le ballon pour soulager une défense qui parfois, ne dispose pas d’un seul instant pour souffler. Ceci explique sans doute les défaites logiques concédées contre les gros du championnat (le Napoli excepté…)

Un banc morne comme un anchois sans marinade : La Samp n’a pas de banc. C’est le constat que l’on peut faire à cet instant de la saison. En cause, un mercato mi-figue mi-raisin. Jakub Jankto, arraché à l’Udinese, a traversé la première partie de la saison comme un fantôme. Ronaldo Vieira, encore trop tendre, a parsemé les bouts de matchs qu’on lui a octroyés de quelques promesses. Junior Tavares n’a pas joué une seule minute. Kownacki s’est quant à lui totalement perdu, en ressassant un penalty manqué contre Cagliari dans les derniers instants de la rencontre. Seule lumière dans ce sombre tableau : Tonelli et l’inévitable Saponara, qui a toujours excellé et s’est même permis d’arracher un nul contre la Lazio, au Stadio Olimpico, à la faveur d’un but d’anthologie et d’une course folle, moitié dénudé vers les tribunes. Le mercato d’hiver permettra peut-être d’offrir à la Samp ce petit quelque chose qui semble encore lui manquer.

 

Michaël Magi



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