Le baromètre de la Nazionale

Par Aurélien Bayard publié le 20 Nov 2020
Italie + Joie + Nations League

Rappelez-vous où nous étions il y a 3 ans ! Rappelez-vous la douleur de cette élimination face à la Suède ! Mais la Nazionale nouvelle est arrivée, séduisante et intraitable. Malgré un groupe très élargi pour cause de Covid-19, elle n’a pas flanché et se qualifie pour un Final 4 des plus passionnants.

Gardien : Une hiérarchie bien définie

Trois matchs, autant de clean-sheet et surtout une place de n°1 et n°2 fixe. A moins d’un coup de tonnerre, Gigio Donnarumma devrait bel et bien garder les cages de la Nazionale pour l’Euro 2020. Et si une blessure devait rendre indisponible le portier du Milan AC, Salvatore Sirigu le remplacerait au pied levé. Alex Meret peut déjà se préparer à jouer les sparring-partners pendant l’entraînement, à moins qu’il se fasse surprendre par un Alessio Cragno voire Marco Silvestri.

Défense : la rage de Bastoni, les absences profitent à Emerson

L’adage dit que les absents ont toujours tort et cela pourrait une nouvel fois se vérifier. Pour la première fois depuis plus d’un an, Emerson Palmieri a enchaîné trois matchs de suite sous le maillot de la Squadra Azzurra. L’Italo-brésilien a fait ce qu’il sait faire de mieux, c’est-à-dire combiner avec son ailier, provoquer des situations offensives intéressantes tout en laissant quelques trous d’air dans son dos. Spinazzola et consort n’ont qu’à arrêter de se blesser.

En moins d’une semaine, Alessandro Bastoni a donné l’impression d’être là depuis toujours. Ses trois premières sélections coïncident avec trois nouvelles invincibilités préservées. Son marquage viril face à Robert Lewandowski a contraint le Bomber polonais au mutisme. Leonardo Bonucci devrait se méfier. Sa place au côté d’Acerbi n’est pas assuré. Le grand perdant pourrait donc se nommer Alessio Romagnoli. Aucune rentrée en jeu, un carton jaune en étant sur le banc, si Giorgio Chiellini revient, le défenseur milanais pourrait finir par regarder l’Euro à la maison.

Milieu : Locatelli superstar, Barella dans un fauteuil

Le maestro Barella était encore de sortie lors de cette trêve internationale. Associé au plus taiseux Jorginho, le milieu interiste est toujours aussi précieux dans la construction du jeu. La Nations League aura permis de mettre en lumière Manuel Locatelli. Le milieu de Sassuolo est monté en puissance face à la Pologne et a régalé contre la Bosnie. En guise de bonbon, un amour de passe décisive pour Domenico Berardi. Avec le retour de Marco Verratti, Roberto Mancini va être face à un sacré casse-tête.

Dans la continuité de ce qu’il montre au Milan AC, Sandro Tonali brille par sa discrétion. L’ancien brescian n’a toujours pas digéré son passage au plus haut niveau. Attention à ne pas rater la marche.

Attaque : Berardi l’évidence, l’injustice Grifo, Belotti envers et contre tous

Un doublé et puis s’en va ! Vincenzo Grifo a vécu une soirée particulière contre l’Estonie. Sa prestation contre l’Etat balte aurait dû lui assurer une place pour les deux matchs suivants. Que nenni ! Le sociétaire de Fribourg a dû redescendre rapidement de son petit nuage. Le titulaire habituel du poste, Lorenzo Insigne, a donc récupéré sa place avec brio. Des passes lumineuses, des contrôles soyeux, s’il pouvait utiliser son pointu pour assurer un but au lieu de tenter un enroulé, tout serait parfait.

Un autre Neroverdi s’est signalé durant cette trêve internationale. Après s’être offert la joie de scorer dans son antre du Mapei Stadium, Domenico Berardi a récidivé contre les Bosniens. Balle au pied, il donne l’impression que le danger peut arriver à tout moment. Sa prestation pourrait reléguer Bernardeschi et Chiesa sur le banc.

Muet face aux Polonais, Andrea Belotti a tout de même provoqué un penalty et le carton rouge de Goralski. Il a ensuite trouvé le chemin des filets contre la Bosnie auquel aurait pu s’ajouter une passe décisive lorsqu’il a lancé Domenico Berardi. Son côté guerrier et volontaire devrait suffire à lui assurer la place de titulaire. Et au pire, est-ce que cela serait grave d’avoir un 9 qui ne marque pas ?

Finalement, que Roberto Mancini ne nous mente pas, son groupe de 23 est presque établi.

Aurélien Bayard



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