Le 4-3-1-2 est mort ! Vive Di Francesco !

Par Michaël Magi publié le 23 Juin 2019

C’est officiel depuis hier : Di Francesco est le nouvel entraineur de la Sampdoria. Une signature qui, outre le fait qu’elle laisse le pauvre Stefano Pioli, un temps pressenti, sur le bord de la route, a déjà pas mal d’implications. L’ex-coach de l’AS Roma arrive avec de solides références et des objectifs aussi clairs que les termes de son contrat. A vue de nez, Di Francesco et la Samp semblent fait pour s’accorder.

Un contrat à lire entre les lignes

Les discussions relatives aux termes du contrat de Di Francesco ont été âpres, ce qui explique le laps de temps qui s’est écoulé entre l’accord formel entre les parties et la date à laquelle il a officiellement signé. Finalement, le contrat du coach abruzzese courra jusqu’en juillet 2022, preuve, s’il en était besoin, que les deux contractants souhaitent s’associer pour construire. Un détail intéressera davantage que celui-ci – ou que les 2M garantis qui en dressent les contours financiers : Di Francesco percevra 1% de toutes les plus-values découlant des futures ventes du club génois. Un détail qui épouse la politique actuelle de la Samp et la capacité éprouvée d’un entraineur à faire émerger les talents précoces. Car la liste est longue, des joueurs que Di Francesco a lancé au haut niveau, faisant fi de leur âge ou de leur carte de visite : Verratti à Pescara, Luis Muriel et Cuadrado à Lecce, Pavoletti, Berardi et Pellegrini à Sassuolo, Zaniolo dernièrement. Au sein d’un effectif qui, en ce début de mercato, opte pour un rajeunissement (signatures d’Erasmo Mulè, de Julian Chabot, de Fabio Depaoli, en attendant peut-être celle de la pépite vénézuélienne Jan Hurtado ou d’Alessandro Bastoni), l’homme aura de quoi piocher pour arrondir ses fins de saison.

Révolution à venir

La Samp de Giampaolo sentait fortement la fin de cycle. Figés dans un 4-3-1-2 qui ne surprenait plus personne, les blucerchiati se sont caricaturés à l’outrance tout le long de la saison : absence de verticalité, vulnérabilité récurrente sur les côtés, incapacité criante à élargir le jeu, utilisation abusive des points d’appui en attaque. Maux que Giampaolo ne parvint jamais à guérir. Avec Di Francesco, la Samp ne gagne pas qu’un coach avec de solides références. Elle obtient la garantie d’une évolution tactique dont le besoin se faisait cruellement sentir. Adepte du 4-3-3 (ou d’un 4-2-3-1 aménagé), l’homme ne devrait pas se renier. Même chose en phase défensive, sachant que ses équipes se disposent souvent dans un 4-1-4-1 qui devrait soulager les latéraux. Dans ce nouveau schéma, plusieurs joueurs en difficulté pourraient bien retrouver des couleurs, d’autres pourraient logiquement se retrouver au chômage technique. Rayon relance, on pense à Jankto, dont l’arrivée l’été dernier avait suscité par mal d’espoirs, mais qui n’a jamais pu se fondre dans le schéma de Giampaolo, et qui espère sans doute beaucoup d’un recentrage. Rayon SAV, on pense à Ramirez, dont le poste de trequartista semble d’ores et déjà inutile.

Le nouveau coach doriano sait du reste qu’il n’a peut-être pas, à l’heure actuelle, de quoi mettre en pratique son schéma de prédilection. C’est tout l’esprit de la wish-list qu’il a transmise à la direction doriana et qui comprend les noms de Berardi ou encore de Simone Verdi. C’est donc bien le début d’une histoire commune qui débute, entre deux parties qui partagent les mêmes objectifs. Dont ce marronnier qui a toujours échappé à Giampaolo : décrocher l’Europe. Di Francesco, là aussi, offre des garanties. C’est lui qui a mené Sassuolo vers la première campagne européenne de son Histoire . Lui qui a porté l’AS Roma en demi-finale de Champions League, niveau que le club romain n’avait plus atteint depuis 34 ans. Les espoirs sont élevés; l’avenir nous dira si Di Francesco est capable de les concrétiser dans un club qui stagne dangereusement depuis 5 ans. C’est un défi que d’aucuns jugent à sa hauteur.

Michaël Magi



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