Lazio : le bilan de la saison 2019/2020

Par Michaël Magi publié le 29 Août 2020

Après avoir renoué avec la victoire dans un grand trophée national avec la Coppa Italia l’année dernière, après 6 années de disette – si l’on met de côté l’anecdotique Supercoppa décrochée en 2017 – la Lazio, à l’orée de la saison, avait l’ambition de se qualifier pour la Champions League et de s’affirmer un peu plus comme un des candidats, à terme, pour le scudetto. Après un début d’exercice poussif, les Biancocelesti ont en premier lieu dépassé les attentes ; se permettant même de justifier d’un rythme de champion à la faveur d’une série de 21 matchs sans défaite entre la 6e et la 26e journée. Eliminée en quarts de la Coppa Italia, délaissant clairement l’Europa League qu’elle n’a jamais semblé vouloir vraiment jouer, la Lazio a rêvé longtemps d’un 3ème scudetto, semblant clairement en mesure de contester le leadership de la Juventus. La crise sanitaire a finalement fait voler en éclats ces espoirs. Des blessures en pagaille, la faiblesse factuelle du banc laziale, une baisse de confiance survenue au mauvais moment ont contribué à ramener le club romain à une 4e place qui, étrangement, quoique conforme aux objectifs, laissera un goût d’inachevé. La Lazio, qualifiée pour la C1, a toutefois de quoi continuer à construire ; si tant est qu’elle parvienne à conserver les joueurs qui, aujourd’hui, la rendent spéciale. La manne financière qui arrive l’aidera peut-être sur les chemins escarpés qui font les grandes équipes.

La saison de la Lazio

  • 4ème en Serie A
  • Quart de finaliste en Coppa Italie (éliminé par le Napoli 1-0)
  • Eliminé en phase de poules de l’Europa League
  • Meilleur buteur : Ciro Immobile (39 buts)
  • Meilleur passeur : Luis Alberto (17 passes décisives)

L’entraineur

Fidèle à son 3-5-2 de prédilection, Simone Inzaghi est aujourd’hui l’un des meilleurs techniciens du pays. Son équipe n’a pas le jeu tout feu tout flamme d’une Atalanta, mais elle présente un bloc équilibré qui fait d’elle une équipe capable de battre n’importe qui. A l’exception de la saison dernière, Inzaghi n’a jamais justifié d’un pourcentage de victoires inférieur à 50%. Cette année, ce pourcentage dépasse les 60%. Cette 4e place ne doit pas occulter cette réelle progression. La Lazio est d’ailleurs la première équipe, dans l’histoire du calcio, à compter 78 points et à ne pas finir sur le podium. Pas aidé par Lotito, son cyclothymique Président, le cadet de Superpippo a réussi à redresser la barre après un début de saison médiocre. Seul reproche qu’on pourrait lui faire : avoir mis cette année tous ses oeufs dans le même panier. Les prestations indigentes de l’équipe en Europa League constitueront de fait une tâche dans la saison. La Lazio, même avec son banc léger, aurait certainement pu (et dû) sortir des poules. Deux défaites contre le Celtic, une contre Rennes et contre Cluj : autant d’équipes qui n’étaient pas des foudres de guerre et contre lesquelles les Biancolecesti ont donné le bâton pour se faire battre. C’est ici qu’Inzaghi doit encore progresser. Son aptitude à fédérer une équipe de joueurs-cadres autour d’un projet de jeu commun n’est plus à mettre en doute. Sa capacité à associer et à motiver l’ensemble de son groupe est aujourd’hui davantage sujette à caution.

La saison prochaine

La saison prochaine, la Lazio se devra de continuer à s’imposer comme un prétendant au scudetto sur le long terme. Le tout, en devant gérer une Champions League que l’on sait énergivore. Pour ce faire, l’enjeu consistera en premier lieu à conserver les joueurs qui lui sont aujourd’hui essentiels : Immobile, Luis Alberto, Milinkovic-Savic, Luiz Felipe. Autant de joueurs qui font saliver l’Europe du football et qu’il faudra convaincre que leur avenir s’écrit à Rome. L’autre enjeu consistera à élargir le groupe. Ces dernières années, sur le mercato, la Lazio a accumulé les mauvais choix : Berisha, Vavro, Jony (qui a certes l’excuse d’avoir dû adapter son positionnement, alors qu’il jouait nettement plus haut à Alavès). Alors que l’on évoque ces derniers jours la piste David Silva, il ne faudra pas se tromper cette fois-ci. Y compris pour mieux épauler Immobile ou pour renforcer une défense à 3 dont Bastos et Vavro (encore lui) apparaissent clairement comme les maillons faibles.

Michaël Magi



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