Lazio : 90 minutes pour un rêve

Par Nicolas Soldano publié le 18 Mai 2018
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Depuis 2007 et une élimination en phase de groupe, la Lazio n’a plus goûté aux joies des matchs de Champions League et à son hymne si particulier. A l’époque, le capitaine était Luciano Zauri et l’entraineur Delio Rossi, qui avait croisé cette année là la route du Real Madrid de Cannavaro, Robben et Van Nistelrooy (2-2 au match aller et défaite 3-1 au retour). Un autre temps. Mais cette saison, les chances de voir la Lazio disputer la reines des compétitions européennes sont grandes, grâce à son beau parcours en championnat qu’il lui a permis d’être au sein des quatre places qualificatives quasiment depuis août. Sauf que pour ne pas chuter à la cinquième place au pire des moments, il faudra ne pas perdre contre l’Inter lors de cette dernière journée de championnat.

L’intérêt de cette petite finale, au delà du contexte purement sportif de la rencontre, est ici multiple. Premièrement, prendre une place qualificative qui semble être méritée à la vue de ce que l’équipe romaine a montré cette année en terme de jeu, d’allant et d’envie. Deuxièmement, au niveau financier, en plus de renflouer les caisses cela pourrait permettre trois choses : tout d’abord se permettre un mercato ambitieux pour se préparer aux joutes européennes, puis empêcher certains joueurs majeurs de partir, et donc en conséquence permettre de voir évoluer ses meilleurs éléments au niveau Champions League. On pense évidemment à Immobile, Milinkovic-Savic ou Luis Alberto, joueurs que beaucoup aimerait voir évoluer dans ce contexte si particulier. Et troisièmement, plus globalement observer la séduisante tactique offensive des laziales face au top niveau niveau européen.

Le onze de la Lazio lors de leur dernière année en c1, avant le match contre le Real Madrid. Ledesma, Mauri (en haut à gauche), Pandev et Behrami (en bas à gauche) sont les quatre derniers joueurs en activité, respectivement à Lugano, au Brescia Calcio, au Genoa et à l’Udinese.

Une saison remarquable… mais frustrante

La quatrième place de la Lazio après 37 journées, c’est avant tout la récompense du jeu, de l’audace, son style offensif alternant possession et verticalité étant sa plus belle arme. Emmenée par un Immobile capocannoniere (29 buts) et un Luis Alberto meilleur passeur du championnat (14 assists), l’équipe romaine se paye le luxe d’être la meilleure attaque de Serie A et la sixième d’europe (!). Une performance à mettre au crédit de Simone Inzaghi, véritable chef d’orchestre d’une équipe qu’il a transfiguré, notamment offensivement, depuis son arrivé sur le banc de l’Olimpico. Sa patte tactique aura attiré l’œil de bon nombre d’observateurs européens. Mais tout cela n’a pas suffi pour faire « mieux » qu’une quatrième place, dans un championnat italien où les 2 premiers ont mené une cadence infernale voire quasi historique, et où le rival romain a montré sa solidité pour valider sa troisième place tranquillement après son épopée européenne. Et dire que pour son dernier scudetto, la Lazio avait remporté le championnat avec 72 points soit… Le total de point de la Lazio cette saison ! (C’était un championnat à 18 clubs).

Mais l’irrégularité de l’équipe a clairement empêché de meilleurs résultats. Lors de la dernière journée, la Lazio aurait pu déjà valider son ticket pour la C1 en battant Crotone. Le souci est effectivement parfois mental, comme lors de son élimination catastrophique en quart retour d’Europa League où l’équipe s’est complètement effondrée en encaissant 4 buts contre Salzburg.  Car oui le problème est également défensif, avec 46 buts encaissés, la Lazio est la 10ème défense d’italie. Trop problématique quant on veut prétendre à plus. Attention à ne pas donner à cette saison un arrière goût d’inachevé et une frustration supplémentaire en s’écroulant lors du match contre l’Inter.

Tableau comparatif des 15 meilleures attaques d’Europe. La Lazio est notamment devant Liverpool, et ses compatriotes juventino et napolitain également présents dans ce classement.

Quoi attendre du match face à l’Inter ?

Que la Lazio confirme qu’elle est depuis quelques saisons une nouvelle place forte du jeu en Italie, et qu’elle le fasse, si possible avec la manière, contre un des clubs historiques de Serie A. C’est le vœux le plus cher de ses tifosi et de beaucoup d’amoureux du football italien qui suivent le championnat de prêt et qui ont été emballés par le panache de l’équipe laziale cette saison. Après un match aller, mi figue mi raisin (0-0) où la Lazio s’est contenté d’un nul à San Siro alors que l’Inter était dans une mauvaise passe, elle n’a donc pas le droit à l’erreur. Attention au relatif manque de caractère de l’équipe lors de matchs couperets, comme contre Salzburg ou d’ailleurs lors de son dernier échec en barrage de Champions League en 2015 contre Leverkusen. De plus, malgré deux bons matchs face à la Juventus, le bilan de la Lazio face aux équipes du top 5 est plutôt moyen. Si la Lazio doit prendre exemple sur un match, elle doit se remémorer son match remporté 4-2 contre le Napoli en mai 2015 qui avait exactement la même physionomie : une victoire impérative pour rêver d’Europe.

Le joueur à suivre : Milinkovic-Savic

Dans la surface adverse, la sienne, au milieu de terrain, le serbe a tout simplement été partout cette saison. Avec 14 buts et 6 passes décisives, c’est le deuxième meilleur buteur de son équipe. Pour ce match crucial, sa capacité à être un « game-changer » est attendu. Il devra rééditer ses performances lors de rencontres importantes comme contre Nice et l’Atalanta où en plus d’être double buteur il est élu homme du match les deux fois. Mais attention, pour l’instant il n’a encore aucun but ni aucune passe décisive à son actif contre les clubs du top 6 italien.

Le résumé de la rencontre entre Sassuolo et la Lazio où Milinkovic-Savic est élu homme du match grâce à son superbe doublé.  




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