L’avenir de Dries Mertens

Par Rémi Falvo publié le 16 Juil 2020

Joueur du Napoli depuis maintenant sept saisons, Dries Mertens fait partie des meubles de l’équipe. Il a marqué l’histoire du club à jamais en dépassant Diego Maradona au nombre de buts marqués sous le maillot azzurro. Comptant aujourd’hui 125 réalisations pour le compte des partenopei, le Belge ne compte pas s’arrêter là.

La constance, malgré tout

A 33 ans, un joueur sait que sa marge de progression est faible, voire inexistante. La courbe d’évolution de n’importe quel joueur a tendance à piquer du nez. Pourtant, le Belge réalise une saison très correcte, bien que le club soit passé par une crise autrement plus dévastatrice que celle du Covid 19 : l’avant Gattuso. Mertens en est tout de même à 9 buts marqués et 5 passes décisives en Serie A sur 27 matchs joués. Sachant qu’il a été blessé un mois, il est dans sa moyenne habituelle. Mais ses statistiques les plus impressionnantes sont celles qui concernent la Champions League. Avec 6 buts en 7 matchs, il est le quatrième meilleur buteur de la compétition. Pourtant, l’opinion publique a pu considérer Mertens comme un joueur bon, quand son équipe gagne. En gros, qui manque de caractère. Face à de telles considérations, il fallait des statistiques sur lesquelles s’appuyer pour défendre l’attaquant. Les voici : Mertens a marqué à l’aller et au retour face à Liverpool, et c’est lui qui marque l’unique but du Napoli face au Barça. Ce Liverpool, qui a laminé toute l’Angleterre, et ce Barça, qui lutte actuellement pour le titre de champion de Liga. Pas un contexte des plus faciles, pourtant Mertens a marqué.

Polyvalence, ambition et enflammade

On l’a compris, Mertens est un cadre de l’équipe. Mais Giuntoli peut-il se contenter de miser sur un joueur de 33 ans? En toute franchise, non. Il doit recruter, anticiper le futur, préparer la relève. Pourtant, le numéro 14 s’est vu proposer un contrat jusque 2022, qu’il s’est empressé de signer au cours de ce mois de juin. L’aventure continue donc. Et le club continue de miser sur lui. Ce nouveau contrat pourrait cependant s’avérer être un cadeau empoisonné, si le joueur baissait de régime. La sérieuse concurrence le propulserait immédiatement sur le banc, et cela pourrait tout-à-fait être synonyme de fin de carrière pour lui, du moins au haut niveau. Car s’il est essentiel pour l’instant, il n’est quand même pas indispensable : le Napoli réalise son meilleur match cette saison en son absence : la victoire face à la Juve au mois de janvier. Mais le joueur a de l’ambition, il veut gagner la coupe du monde avec la Belgique, et porter son club vers le Scudetto. Ce qui pourrait le sauver, c’est sa polyvalence.

On se rappelle du Mertens ailier, et ses aller-retours incessants sur son couloir gauche. Depuis le 4-3-3 mis en place sous Sarri, Mertens a changé de rôle, et est passé numéro 9. Après quelques temps d’adaptation, il s’est avéré que le joueur convenait parfaitement au poste, finissant la saison 2016-2017 avec 28 buts marqués en championnat! En cas de blessure d’un ailier, Mertens peut donc sans souci récupérer son précédent poste, sinon, il fait très bien le travail en tant qu’avant-centre. Le Belge a toujours eu une capacité à enflammer des matchs, même lorsqu’il rentre en cours de jeu. Et c’est un vrai atout lorsque le temps passe, et que la condition physique vient à faiblir un peu. Un entraîneur a besoin de ce style de joueur, même 20 minutes par match. C’est certainement dans cette optique là que le club du Napoli a proposé ce nouveau contrat à Dries Mertens. Pas pour tout de suite, mais à terme, il pourrait devenir un joker de luxe. A défaut de rester le cadre qu’il est actuellement.

Celui que Maradona surnomme « le petit diable » est loin de raccrocher les crampons. La saison n’est pas finie, et à peine le championnat a repris il a annoncé la couleur avec 3 buts marqués sur les 7 matchs. Costaud.

Rémi Falvo

Rédacteur



Lire aussi