Lautaro Martinez, sauveur malgré lui d’une Inter en eaux troubles

Par François Lerose publié le 17 Fév 2019

Privés de Mauro Icardi, englué dans des polémiques sans fin entre retrait du brassard, non respect de la convocation pour l’Europa League, blessure simulée en accord avec le club et caillassage présumé (la théorie du complot existe) de la voiture de Wanda (avec les enfants dedans) par des supporters toujours plus idiots quand il s’agirait d’agir, l’Inter reçoit la Sampdoria avec la pression du résultat. Tout repose sur un homme : Lautaro Martinez, sauveur, homme providentiel et véritable potentiel nerazzurro.

Doucement mais surement

Echaudée, l’Inter l’est certainement lorsque le petit attaquant arrive en provenance du Racing pour 25 millions d’euros. Les cas Gabigol, Kondogbia ou encore dans une moindre mesure Joao Mario ont calmé l’enthousiasme des dirigeants, déjà faiblard, à miser sur la jeunesse. Eder parti en Chine, Martinez arrive en doublure d’Icardi. Alors que le monde souhaite le voir jouer en numéro 10, Spalletti le clame à qui veut l’entendre : « Lautaro est un attaquant de pointe, pas un numéro 10« . Une technique supérieure à la moyenne, il l’a. Un sens du but inné et un timing létal ? Il l’a aussi et il a su le montrer par intermittences, quand les occasions se sont présentées. La pré-saison et les belles dispositions montrées alors par l’Argentin n’étaient alors pas illusoires. L’Atletico s’en souvient.

La gestion du cas Martinez aura fait parler. Le père du joueur tout d’abord qui publiquement s’était plaint du manque de temps de jeu donné par Spalletti. Des excuses plus tard et un recadrage de l’entourage du joueur, retour au calme et au banc de touche. Un banc duquel il fait office de bouée de sauvetage quand le onze est en perdition. Avec moins de 900 minutes jouées toutes compétitions confondues, le numéro 10 interiste est apparu 22 fois en inscrivant 7 buts et délivrant 2 passes décisives. Décisif, précis, un peu tendre physiquement par moment quand il s’agit d’aller au contact, Lautaro apprend dans l’ombre d’Icardi et saisit toutes les opportunités qui lui sont offertes.

Le Napoli et le déclic

Alors que le parallèle injuste avec Gabigol a pu surgir de temps à autres dans la presse, Martinez n’a jamais déçu, mais ne s’est pas montré indispensable pour autant jusqu’au choc de fin d’année 2018 avec le Napoli. 90ème minute, l’Argentin hérite d’un centre extérieur du pied dévié de Keita et propulse une demi-volée d’instinct dans les filets d’un Meret impuissant. Score final 1-0, Lautaro sauveur, Lautaro star, à un moment où Mauro Icardi commence sa période de disette, et sa crise contractuelle. Un doublé face à Benevento plus tard, le voila propulsé titulaire de l’attaque suite à l’affaire « Icardi gate » après avoir une nouvelle fois délivré une Inter en manque de solutions face à Parma. Il ne faiblit pas en Europa League, inscrivant le penalty décisif à l’extérieur face à Vienne (1-0) et face à la Sampdoria aujourd’hui, il endossera une nouvelle fois le rôle du numéro 9, ce rôle de sauveur, qu’Icardi a délaissé pour le moment au profit d’autres problématiques. Lautaro lui a faim de terrain, l’Inter le gère à merveille et il répond présent à chaque fois. Un bonheur pour un Spalletti qui sait pouvoir compter sur lui dans les moments importants. Ca tombe bien, le Milan AC est revenu à 1 point après sa victoire face à l’Atalanta. Avant une semaine décisive avec la réception de Vienne et le derby, sortir Lautaro de sa main n’est plus un luxe, mais une obligation. L’occasion est là pour celui qui est surnommé le Toro. Il ne faudra pas la laisser passer. Résultats dans 7 jours.

 

 

François Lerose

Rédacteur en Chef



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