L’attaque de l’Inter…un vrai casse-tête !

Par Nadhem Korbi publié le 02 Mar 2017

Depuis l’exercice 2010/2011, l’Inter n’a pu dépasser la barre des 60 buts par saison en Serie A qu’une seule fois. La faute, de toute évidence, à une ligne d’attaque peu efficace, très irrégulière mais surtout trop dépendante. En effet, avec des leaders, comme Milito et Palacio, en fin de carrière et un 3-6-1 de Mazzari défensif, les années post-Mourinho étaient taillées pour donner une pénurie offensive. Un retour aux affaires via une qualification en Champions League était donc impossible pour une équipe qui ne marque pas ! Cette saison, avec l’arrivée de Pioli, les résultats se sont nettement améliorés et l’Inter est toujours en course pour le podium. Il va falloir cependant éviter de perdre le moindre point et espérer des faux pas des concurrents. Ceci passe, bien évidemment, par une attaque qui carbure en plein régime. L’Inter est actuellement à 41 buts en 26 matches. A ce rythme, les Nerazzurri devront finir la saison aux alentours 60 buts. C’est peu. Les attaquants interistes doivent mettre les bouchées doubles pour finir la saison en beauté. Ils auront sans doute besoin de leur leader qui est l’Argentin et capitaine du club : Mauro Icardi.

Icardi, l’homme à tout faire

L’attaquant argentin, qui vient de fêter ses 24 ans, porte l’attaque de l’Inter sur ses épaules. Il a déjà marqué 16 buts en championnat cette saison. Mais le plus impressionnant est sa participation dans l’animation offensive de l’Inter. Icardi n’hésite jamais à sortir de la surface de réparation pour devenir le point d’appui des ailiers ou des milieux centraux. De quoi faciliter la tâche de jouer les passes courtes et s’infiltrer dans l’axe de la défense adverse. Il ne faut pas aussi oublier qu’Icardi joue dans le dos des défenseurs. En effet, ses appels permettent de libérer ses coéquipiers du blocus adverse. A ce moment, Icardi se transforme en passeur. Et ce rôle lui réussit bien. La preuve ? Ses 8 passes décisives en championnat cette saison. De plus, il joue très bien sans ballon. D’ailleurs, ses combinaisons avec Joao Mario ou Banega sont devenues quasiment une habitude dans chaque match : 2 passes, une petite course de Maurito qui tire avec lui 2 défenseurs. Et voilà le champ de tir qui est ouvert ! L’animation offensive de l’Inter est bâtie sur la présence du bomber argentin. Son influence dans le jeu est claire. Mais son absence fait beaucoup de mal à l’équipe. Ceci étant constaté lors de sa suspension de 2 matches après le derby d’Italie.

Les statistiques d’Icardi avec l’Inter.

Sans Icardi, tout se complique !

C’était l’occasion de voir l’Inter jouer sans son arme principale. Les Nerazzurri ont gagné ces 2 matches mais que ce fût dur ! D’ailleurs le schéma tactique offensif a changé en son absence. Les joueurs ne tentent plus les infiltrations par l’axe adverse. La faute, peut-être, à un Palacio vieillissant qui ne peut plus résister aux défenseurs généralement costauds et à un Gabigol encore tendre et pas bien adapté à la Serie A. Eder, quant à lui, est très précieux sur le volet défensif. Le mettre en pointe serait une grande perte pour toute l’équipe. Place donc au jeu latéral basé sur les centres. Un grand travail est demandé aux ailiers. Surtout dans le 3-4-2-1 de Pioli qui nécessite à la fois, une couverture défensive et une création du surnombre en attaque. Cette stratégie ne donne aucune garantie. Surtout face aux équipes regroupées dans les surfaces de réparation qui refusent généralement le jeu. Toutefois, l’Inter a eu de la réussite. A chaque fois, grâce à un exploit individuel au moment où l’équipe peine et ne montre rien devant. Le but de la victoire face à Bologna est venu des pieds de Banega qui avec une passe, dont lui seul connait le secret, élimine toute la ligne défensive adverse. Cette touche de génie peut arriver une fois ou deux mais pas tous les jours.

Le but de Gabigol face à Bologna

L’apport des milieux de terrain

A force de se concentrer sur les attaquants, tout le monde oublie que l’Inter joue avec une seule pointe et 2 ailiers qui effectuent un travail défensif important. Les milieux de terrain doivent donc monter d’un cran et réaliser un apport offensif important. Un petit coup d’œil aux statistiques des milieux interistes et la conclusion est déjà claire: aucun joueur ne sort du lot. Joao Mario et Brozovic sont à 3 buts en championnat. Banega, quant à lui n’a marqué que 2 fois. Des statistiques très faibles qui sont très loin de ceux des grands milieux de terrain évoluant dans les top clubs de l’Europe. L’Inter a besoin d’un joueur dans la ligne médiane qui devient le maître à jouer de l’équipe, qui peut marquer à tout moment. Malheureusement, ce joueur n’est pour le moment pas disponible. Pour combler le problème, les Nerazzurri continuent à s’appuyer sur leur force collective. Toutefois, pour aller titiller la cour des grands, il va falloir chercher à construire une armada offensive effrayante. Icardi ne sera pas toujours le sauveur !

Nadhem Korbi

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