L’Atalanta, une qualification historique

Par Nicolas Segura publié le 19 Fév 2020

Alors qu’elle doit jouer ses match à domicile à San Siro, la Dea entame sa toute première campagne de Champions League. Une participation inédite conquise lors du dernier match de championnat, face à Sassuolo. De la punition à l’exploit, en passant par des déceptions, cette phase de poule si historique pour le club a été semée d’embûches.

Correction puis défaite tardive face au Shakhtar

Aussi inattendue que décevante, la lourde défaite 4-0 face au Dinamo Zagreb montre que le football continental impose un certain rythme de jeu. Le capitaine Papu Gomez admet que l’équipe croate a laissé ses coéquipiers pantois : « En première mi-temps, nous avons été surpris par leur intensité. C’est un tout autre football, les grandes équipes en Serie A jouent moins rapidement que le Dinamo. » Le milieu de terrain Marten De Roon confirme : « On a souffert pendant toute la première mi-temps, ils allaient à mille à l’heure. » Ont-ils sous-estimé leur adversaire ? En tout cas, ils se doivent de réagir après cette défaite inaugurale. Le Shakhtar est leur deuxième adversaire. C’est le premier match à San Siro, une soirée de fête s’annonce. Le match commence bien, Zapata réceptionne un centre d’Hateboer. Un à zéro pour l’Atalanta. Mais la suite du match est une toute autre affaire. Moraes égalise juste avant la mi-temps, puis Solomon crucifie la Dea dans les arrêts de jeu. C’est la deuxième défaite d’affilée pour les Lombards. Et celle-ci fait mal, car selon Gasperini, « l’équipe a bien joué pendant 94 minutes. » Il reste encore beaucoup à apprendre et tous les joueurs en sont conscients.

La double confrontation face à Manchester City

Avant ces deux matchs cruciaux, l’Atalanta compte zéro point en deux rencontres après deux défaites d’entrée face aux deux équipes les moins fortes, sur le papier. Face à la Dea se dresse l’ogre du groupe, Manchester City. Le résultat du premier match est sans appel : 5-1 pour les Anglais à l’Etihad Stadium. Zéro point en trois matchs de phase de poule : aucune équipe ne s’est qualifiée pour la suite de la compétition avec ce bilan. Autant dire que le match retour à San Siro est très attendu par les supporters. Pasalic répond à l’ouverture du score de Sterling. Le match devient fou lors du dernier quart d’heure. Le gardien de City, Claudio Bravo, est exclu à la 81ème minute. L’arbitre interrompt le match. Le jeu ne reprend que sept minutes plus tard et c’est Kyle Walker qui joue gardien ! L’Atalanta est coupée dans son élan, Gasperini est furieux. Malgré la présence de Walker dans les buts, Papu Gomez et ses collègues n’arrivent pas à prendre l’avantage et le match se finit sur un partage de points. Un point en quatre matchs. Logiquement, la qualification s’éloigne. Mais pendant ce temps, Zagreb et le Shakhtar n’arrivent pas à se départager sur cette double confrontation. Ces deux équipes sont à cinq points : mathématiquement, c’est encore possible pour la Dea. Il faudra un sans-faute.

L’exploit en Ukraine

Le match retour contre Zagreb, c’est une autre histoire. À San Siro, l’Atalanta s’impose nettement 2-0. Cette victoire est la première de l’histoire du club en C1. La Dea s’offre le droit de rêver et de disputer une finale face au Shakhtar. Un déplacement à Donetsk en plein décembre, c’est loin d’être facile. Les joueurs y croient, à l’image de Pasalic : « La victoire est la seule issue possible. Nous ne méritions pas de perdre au match aller. » Au final, c’est un match à sens unique, même si le premier but n’intervient qu’à la 66ème minute grâce à Castagne, après intervention de la VAR. Réduits à 10, les Ukrainiens doivent s’incliner 3-0 avec un dernier but de Gosens dans les arrêts de jeu. S’ensuit des scènes de liesse à Bergame. En pleine nuit, plus de mille supporters sont là pour accueillir leurs héros. Quant à Gasperini, beaucoup pensaient que sa tactique ne fonctionnerait pas en C1. Mais comme souvent, c’est à la fin du bal qu’on paye les musiciens.

Nicolas Segura



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