La Viola traîne son blues

Par Loris Meucci publié le 01 Déc 2018

Jusqu’ici la Fiorentina ne gagnait pas à l’extérieur. Mais depuis le 30 septembre dernier et une victoire face à l’Atalanta (2-0), la Fiorentina ne gagne plus du tout. Une série en cours de six matchs sans le moindre succès. Un manque criant de confiance et de réalisme s’est emparé des hommes de Pioli depuis quelques temps. Pourtant, la Viola semble joliment armée sur le papier et avait laissé entrevoir de belles choses en début de saison…

Du départ canon à la panne sèche

Les fanfares étaient de sortie à Florence lors du festival face au Chievo pour le compte de la première journée de Serie A. Milenkovic, Gerson, Chiesa, Simeone et Benassi par deux fois participent à la fête en inscrivant un total de six buts. La Viola frappe fort d’entrée. Tir lointain, contre attaque éclaire, attaque placée, centre-tête, but de raccroc : tout y est. Certes l’opposition n’est pas des plus redoutables mais c’est tout de même un large panel de possibilités qui anime alors les florentins. Une semaine plus tard, la Fiorentina confirme ses belles prémices en disposant de l’Udinese (1-0). Toujours de belle manière bien que sur la plus petite des marges.

Mais ces promesses ont petit à petit laisser place aux doutes : si la Viola continue de faire carton plein à domicile, elle montre rapidement des limites hors de ses bases, notamment face aux grosses cylindrées. En effet, une dose de naïveté voyage avec la Fiorentina et nous rappelle que cette équipe est très jeune, parfois trop jeune. Moins dominatrice, moins sereine et clairement pas tueuse, elle s’incline ainsi contre le Napoli, l’Inter et la Lazio. Sans démériter mais sans vraiment mériter beaucoup plus. Des défaites qui sonnent comme une fatalité. Une fatalité qu’elle semble malgré elle, accepter.

Depuis, le doute est présent dans les têtes et dans les jambes des florentins tous les weekends, à l’image d’un Simeone qui ne marque plus. Lui et sa bande ne parviennent plus à venir à bout d’adversaires pourtant à leur portée : cinq matchs nuls sur les cinq derniers matchs. Plus de regrets nourris que de points glanés, à ce jour.

Le réveil, c’est pour quand ?

Plusieurs éléments laissent à penser que cette mauvaise série ne devrait pas durer éternellement et que la troupe de Pioli devraient retrouver de leur superbe assez rapidement. L’effectif de la Viola est certes jeune (seulement deux trentenaires !), peu pléthorique mais assurément talentueux. Et au delà de cette jeunesse apparente se cache déjà une certaine expérience du haut niveau, notamment à travers bon nombre d’internationaux. Entre recrutements prometteurs, prêts malins, révélations de certains et confirmations d’autres, la Fiorentina détient un onze enviable et porteur d’espoir. La conservation de Federico Chiesa va dans ce sens. L’équipe a des carences oui, mais elle a aussi de quoi y palier.

Stefano Pioli a donc du bon matériel à disposition, à lui de ne pas trop tarder à le remettre en marche si il ne veut pas être trop vite distancé de la course à l’Europe. Le chemin de la guérison passe forcément par la victoire. Et celui de la victoire passe par le travail. Si son groupe parvient à retrouver de la sérénité et Simeone à retrouver le chemin des filets, la Fiorentina pourrait bel et bien lancer sa saison. En apportant encore plus de variété et de certitudes à son jeu, elle pourrait même réaliser quelques coup d’éclats. Toujours invaincue dans son antre de l’Artemio Franchi, la Viola accueille ce samedi l’ogre juventino. Il ne sera donc pas question de réveil en douceur.

Loris Meucci



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