La Serie B perd la tête, les politiques aussi

Par François Lerose publié le 14 Août 2018

A chaque début de saison son lot de pitreries en Italie. Cette fois, après la faillite de Bari, les soucis de Parma et le maintien du Chievo en A, on pensait que tout allait rentrer dans l’ordre. C’est mal connaitre l’Italie et des instances incapables de gérer des problèmes de fonds avec efficacité même en 2018 !

Ça chauffe en Serie B

Pour les plus fidèles, la Serie B commence début aout, c’est en tout cas ce qui traditionnellement se passe quand tout va bien. Mais pas cette fois. Bari, Cesena, Avellino : trois clubs qui ont fait faillite sur la fin de l’été et qui n’ont pu s’inscrire au championnat de seconde division italienne. Résultat des courses, le championnat habituellement à 22 équipes, n’en possède plus que 19, ce qui pose un gros problème d’organisation même si lancer un championnat à 19 équipes n’est pas impossible, loin de là. Mais là où ça coince, c’est dans l’entente et la communication entre la FIGC, et ses ligues affiliées. En effet, cela fait quelques temps déjà que la FIGC souhaite une Serie B à 20 club et a appuyé la Lega Serie B en ce sens de manière arbitraire pour que le championnat ait lieu même avec seulement 19 clubs engagés.

Mais l’opportunité n’est pas forcément judicieuse dans ce contexte tendu, d’autant plus que la Lega Serie B a fait savoir qu’elle ne souhaitait pas revenir sur le sujet en question et qu’elle menaçait toute remise en cause de cette décision, provoquant de gros remous dans les instances du Calcio. Les clubs relégués l’année dernière montent au créneau, auprès du CONI (le comité national olympique italien), pour contester mais leurs recours n’ont pour le moment pas donné satisfaction : Novara, Pro Vercelli, Ternana, Virtus pour les équipes concernées. La Lega Serie B, aidée par la FIGC, bloquent le repêchage et les deux souhaitent réaliser ce championnat à 19 équipes .

Des politiques qui haussent la voix

C’est donc un calendrier à 19 clubs qui a été présenté avec forcing par la FIGC après plusieurs reports, mais qui devrait encore faire beaucoup de bruit. La situation n’est pas stable et un nouveau retournement de situation n’est pas à exclure d’autant plus que l’association des joueurs (AIC) a appelé les équipes participantes à une grève suite à ce coup de poing sur la table de la plus haute instance du football italien. Pour l’AIC c’est la « mort de la politique sportive » car l’on peut désormais « décider quand ça nous chante de changer le nombre de clubs unilatéralement« . Gravina (le président de la Lega Pro) a averti Fabriccini, le président par intérim de la FIGC de la violation d’un article qui dit que toute modification du format de la Serie B doit intervenir lors de la saison prochaine et non lors de la saison en cours. Les prises de positions sont donc dures, le climat, résolument tendu et pourtant il faudra bien donner le coup d’envoi le 24 aout d’une Serie B plus instable que jamais en attendant début septembre (le 7) et la décision finale du CONI sur les repêchages. Vu l’imbroglio, pas sur que la première journée puisse se jouer, la deuxième non plus d’ailleurs …

 

François Lerose

Rédacteur en Chef



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