La Primavera du Torino, bientôt la floraison ?

Par Florian Giunta publié le 02 Mar 2019

« C’est une soirée magnifique. On avait l’impression d’être à Turin ». Urbaino Cairo, prononce cette phrase à Milan, juste après la victoire de l’équipe U19 du Torino face aux jeunes de l’Inter (2-4 aux tirs au but, 2-2 après prolongation). 400 supporters granata ont assisté à la deuxième victoire de leur club en Supercoppa Primavera ce mercredi 20 février 2019 et rêvent déjà des buts de Millico en Serie A. Mais comme pour la primavera de l’Inter, pas toujours facile de confirmer… Au Torino, et si le printemps venait de la formation ?

Le secteur « jeunes » sous l’ère Cairo

S’il y a un bilan dont Cairo peut se vanter c’est a priori la réussite de la formation depuis qu’il a pris les rênes du Torino en 2005. Depuis cette date, 120 professionnels sont sortis du centre de formation dont 70 depuis 2012. Ces trois dernières années, six joueurs ont intégré un groupe de l’élite : Bonifazi, Parigini, Barrecca, Edera et tout récemment Ferigra et Millico. Aujourd’hui, une cinquantaine de jeunes joueurs appartenant au Torino foulerait les pelouses de la Serie A à la Serie C. En matière de palmarès, le très bon bilan de ces quatre dernières années de la primavera complète le tableau : un titre de champion (2015), une coupe d’Italie (2018) et donc deux supercoppa. Deux hommes donnent le « la » de cette politique. Celui de l’ombre, Massimo Bava, est le directeur sportif du secteur jeune et l’autre, qui foule les pelouses du championnat U19, c’est Federico Coppitelli, l’entraîneur de la primavera.

Quelles sont les futurs stars de l’équipe qui vient de remporter la Supercoppa ?

Le nom qui revient dans toutes les bouches : Millico. Son portrait a été tiré il y a peu : Vincenzo a déjà claqué 26 buts cette saison. Malheureusement, il est blessé pour deux mois. C’est arrivé aux oreilles du Brésilien Kakà qui lui a fait un gentil message vidéo de prompt rétablissement. Moins en vue, l’autre attaquant de la primavera Nicola Rauti sait faire parler la poudre (9 buts). Luca Gemello, le gardien de l’équipe a stoppé deux tirs au buts interistes lors de la finale et a déjà été appelé comme troisième gardien en équipe une lors de la dernière blessure de Salvatore Sirigu. Enfin, Mihael Onisa a marqué en finale et contre la Juventus cette saison. Ce milieu de terrain roumain, arrivé en 2016 seulement en Italie, attire les regards.

Un avenir radieux ?

Lorsqu’on observe ce que sont devenus les lauréats de la supercoppa primavera de 2015, on ne laissera pas sa paie sur un avenir rose pour tous… Si Moreno Longo, coach à l’époque, a fait son trou dans la cour des grands malgré son licenciement à Frosinone, le constat est dur pour les joueurs. Seul Edera foule les pelouses de Serie A depuis son prêt récent à Bologne sous la conduite de Sinisà Mihajlovic qui l’appréciait. Le défenseur Valerio Mantovani a fait sa place en Serie B à la Salernitana. S’ils n’ont pas pris un autre chemin professionnel, les vainqueurs de 2015, environ 22 ans aujourd’hui, jouent très majoritairement en Serie C. Ce bilan en demi-teinte ne décourage pas la direction du Torino qui investira encore dans la formation. Le club a le projet d’un « Coverciano Granata ». Il travaille aussi à la formation d’une équipe B qui jouera dès l’an prochain en Serie C. Sportivement, à courte échéance, pour cette formation primavera, le triplete est possible : l’équipe est à trois points du premier en championnat et encore en course en demi-finale de coupe. Si toutes ces jeunes pousses ne gagneront pas un scudetto en serie A, le Torino peut s’enorgueillir de former beaucoup et de bons jeunes. Ce qui pourra faire du bien au football italien…

 

 

Florian Giunta



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