La présidence de Preziosi au Genoa : valse des entraîneurs et lutte pour le maintien (3/3)

Par Ben Soffietti publié le 10 Oct 2021
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La nouvelle est tombée le 22 septembre 2021 : le groupe 777 Partners s’est offert le Genoa, un des clubs historiques de Serie A. L’arrivée d’un énième fonds d’investissements américain à la tête d’un club de la Botte met un terme à dix-huit années de présidence d’Enrico Preziosi, qui avait pris les rênes d’Il Grifone en 2003. Au cours de cette période, le Genoa est revenu en Serie A et s’y est stabilisé, découvrant l’Europe, tout en usant d’un grand nombre d’entraîneurs. Calciomio revient en trois papiers sur le Genoa de Preziosi, président ayant occupé le plus longtemps ce rôle dans l’histoire de ce club. Troisième et dernier épisode : la décennie 2010 !

Stabilisation en Serie A et lutte pour le maintien

Après la merveilleuse ère Gasperini, le Genoa rentre dans le rang. Lors de la saison du limogeage de l’actuel mister de la Dea, les Rossoblù terminent dixièmes, puis 17ème à deux reprises, juste devant la zone rouge. Les entraîneurs se succèdent, le club n’arrive plus à retenir ses joueurs comme Domenico Criscito qui s’exile en Russie. Les coups tentés par le président comme Juan Vargas ou le prometteur Ciro Immobile sont des échecs quant à l’historique Marco Rossi, il raccroche après plus de dix saisons.

Preziosi se voit obliger de rappeler Gasperini durant la saison 2013-2014. L’année suivante, le Genoa décroche une belle sixième place, meilleure classement d’Il Grifone sur la décennie. Sportivement qualifié pour l’Europa League, le Genoa voit le Sampdoria lui voler la place pour un problème de licence UEFA que ne possède pas le club de Preziosi. Derrière, les Rossoblù enchaîne six saisons en terminant dans la deuxième partie de tableau, à nouveau 17ème à deux reprises. Onzième de l’ultime édition, les Ligures ont réussi une belle remontée lorsque Preziosi a décidé de limoger Maran au profit de Ballardini.

La valse des entraîneurs, marque de fabrique de Preziosi

Le sort réservé à Maran a été partagé par de nombreux autres entraîneurs italiens. La période Gasperini a stabilisé le club. Malheureusement, derrière, entre mauvais choix et coups de sang du président, les noms se succèdent. Entre les deux passages du Gasp, huit changements d’entraineurs sont effectués en trois ans, avec deux passages, déjà, de Davide Ballardini.

Au cours des cinq dernières années, après le second départ de Gasperini en 2016, Preziosi change à onze reprises d’entraîneurs. Ivan Jurić, seul étranger à avoir travaillé sous son mandat, prend trois fois les rênes de l’équipe. Ancien joueur du club entre 2006 et 2010, le Croate a beaucoup appris de Gasperini et s’est exercé avec la Primavera génoise. Cependant, il n’est jamais parvenu à s’imposer sur le long terme. Mais celui qui détient le record est l’actuel entraîneur Ballardini, qui s’est retrouvé quatre fois entraîneur des Rossoblù, jamais plus de trente matchs. Au total, ce sont 18 différents entraîneurs qui se sont succédés, cumulant 28 changements, dont quatre sur une même saison, c’était en 2011-2012. Pas évident de stabiliser le club en Serie A de cette façon.

Le bilan de la période Preziosi

Si les précédentes lignes sont assez alarmantes, le bilan général d’Enrico Preziosi comme président du Genoa est plutôt satisfaisant. Arrivé dans un club historique au bord de la faillite en 2003, il a réussi à ramener le club en Serie A et l’y a maintenu durant quinze saisons avant son départ. Depuis la fin de la Seconde guerre mondiale, jamais Il Grifone n’avait enchaîné autant de saisons dans l’élite. Une performance que les tifosi doivent bien évidemment à Preziosi, qui en plus d’avoir mis de l’argent dans le club, a su flairer quelques bons coups comme Gasperini, mais aussi avec des joueurs comme Milito, Boateng, plus récemment Piatek et même le vétéran Pandev.

Alors oui, il traîne quelques casseroles derrière lui comme l’affaire de Genoa-Venezia de 2005, l’affaire Genoa-Siena, au cours de laquelle les tifosi sont entrés sur la pelouse pour obliger les Rossoblù à retirer leurs maillots à cause de leur piètre(s) performance(s) et aussi des suspicions de falsification du bilan financier du club. Cependant, il laisse son empreinte sur le club ligure : à 777 Partners désormais de pérenniser cet héritage.

À découvrir aussi :

Épisode 1 – Rachat et fraude pour la montée
Épisode 2 – De la troisième division à l’Europe
Épisode 3 – Lutte pour le maintien et valse des entraîneurs

Ben Soffietti

Rédacteur



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