La Nazionale à deux matches de s’offrir du temps

Par Luca Dangréaux publié le 05 Sep 2019

En football, le temps est une denrée aussi recherchée que rare. Tout le monde en veut, personne n’en a. Exemple le plus récurrent : un entraîneur débarque sur un nouveau banc de touche et réclame du temps. Du temps pour s’habituer au nouvel environnement, du temps pour appréhender son nouvel effectif et du temps pour lui inculquer ses idées de jeu. C’est normal, il a raison, mais il ne l’obtient pas. Pour vous donner une idée de l’importance des deux prochains matches de la Squadra Azzurra, Roberto Mancini pourrait s’offrir neuf mois de sérénité. Neuf mois !

Bonifier le sans-faute initial

Un point sur la situation du groupe J pour s’expliquer. L’Italia est première de son groupe qualificatif à l’Euro 2020 avec quatre succès en autant de matches (face à la Finlande, au Liechtenstein, à la Bosnie-Herznégovie et en Grèce). Un leader incontesté puisqu’aucune autre équipe n’a réussi cette performance et sa différence de buts est de +12, ce qui est énorme (13 buts pour, 1 contre). Mais la Nazionale ne doit pas se reposer sur ce sans-faute initial et doit impérativement donner un nouveau coup de fouet. En cette première semaine de septembre, elle affronte ses deux plus proches poursuivants ; l’Arménie d’abord (3e avec 6 points) et la Finlande ensuite (2e avec 9 points). Roberto Mancini en conférence de presse : « L’Arménie est physiquement en avance sur nous et nous devrons utilisé d’autres armes. Pour ce qui est de l’équipe qui débutera, je n’ai qu’un seul doute. Ces deux matches sont fondamentaux pour nous ». En les remportant, les Azzurri auraient minimum neuf points d’avance sur la zone non-qualificative. À quatre matches de la fin des éliminatoires – dont un déplacement au Liechtenstein – autant dire que la pré-vente serait quasiment bookée.

Car il y a encore du boulot

Nous sommes en septembre, l’Euro est en juin prochain… les voilà les potentiels neuf mois de sérénité. C’est beaucoup mais ils ne seraient pas de trop. Les tifosi reprennent du plaisir à voir leur équipe nationale jouer et gagner pourtant plusieurs points d’incertitudes demeurent. Commençons par la défense, secteur qui a pris un rocher dans la chaussure avec la grave blessure subie par Giorgio Chiellini. L’hommage rendu lors de la même conférence de presse par Bonucci, prochain capitaine azzurro, en atteste : « Evidemment son expérience, son charisme, son leadership et sa gestion des temps forts et faibles nous manqueront ». Le patron de la défense nationale sera absent au moins six mois et on ne sait pas quel état de forme il proposera à l’approche de l’Euro. Avec Bonucci, il formait une paire rassurante pour tout le monde, c’est désormais un nouveau chantier pour Mancini. Qu’il choisisse Romagnoli, Izzo, Mancini ou Acerbi peu importe mais le sélectionneur va devoir être efficace pour donner à sa future charnière centrale (devinez quoi…?) le temps de se régler.

Neuf mois !

Les deux autres secteurs sur lesquels Mancini est à tâtons sont les latéraux et l’attaquant de pointe. Sur la première cible, on peut clairement dire qu’il est phase de tests puisqu’il n’a jamais aligné le même duo et qu’il a utilisé six titulaires différents sur les quatre derniers matches. Florenzi et Biraghi sembleraient avoir quelques longueurs d’avance mais ce n’est pas dit. Pour ce qui est du buteur, la forme du moment devrait avoir une influence non négligeable. Il sera soit Quagliarella, soit Belotti, soit Immobile, soit Balotelli. Il devrait être entouré d’Insigne et de Bernardeschi.

Vous l’aurez compris hormis le milieu de terrain où le trio Barella-Jorginho-Verratti rayonne un peu plus chaque match dans ces éliminatoires, le sélectionneur azzurro a encore du pain sur la planche. Mais s’il va chercher les six points de la semaine, il pourrait s’offrir le plus grand des luxes : du temps. Neuf mois !

Luca Dangréaux



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