La mascarade des adieux de Buffon

Par Cesco publié le 11 Oct 2019

Alors que sa fin de carrière se dirigeait tout droit vers un happy-ending digne des plus grandes légendes du sport, Gianluigi Buffon ne semble plus maitriser grand chose. D’une image parfois polémique à celle du géant légendaire et paternaliste du football italien et de la Juventus, le gardien champion du monde n’arrive pas à concilier son obsession de remporter le trophée qui lui manque (la Champions League) et la nécessité de partir la tête haute. Aujourd’hui, son cas, qui pourtant rassemblait les foules il y a encore peu, divise de plus en plus et fait grincer des dents.

Les adieux manqués en Nazionale

Le 13 novembre 2017, l’Italie affronte la Suède et se fait éliminer à San Siro de la course pour le Mondial en Russie. Buffon l’avait pourtant annoncé : il veut disputer un sixième mondial et dépasser Carbajal, détenteur du record avec Matthaus et donc l’italien. Les choses ne se passeront pas comme prévu et tout San Siro pleure le départ censé être définitif de sa légende, en pleurs. Pourtant l’aventure ne s’arrêtera pas là. Mancini, nouveau sélectionneur après le licenciement de Ventura, l’appelle à nouveau pour les matchs amicaux contre l’Angleterre et l’Argentine.

A la surprise générale, Gigi revient pour une tournée d’adieu. Cette fois c’est la bonne et l’on se laisse volontiers convaincre par l’idée. Celle d’offrir un au revoir différent à une légende qu’une sortie tête basse dans ce qui était la plus grande humiliation sportive du 21ème siècle pour l’Italie. Manque de bol, ces deux matchs sont des purges. Face à l’Argentine, l’Italie prend l’eau (2-0) et face à l’Angleterre, le nul obtenu à la dernière minute pendant que Gigi reste sur le banc laisse dubitatif quant à une progression de l’équipe. Buffon disparait des radars de la sélection mais voilà que l’on apprend que Mancini souhaite à nouveau le rappeler pour lui offrir un jubilé. Est-ce vraiment indispensable ? Rien n’est moins sûr.

Une fin de carrière en club qui interroge

En club, le topo est similaire. Après les échecs répétés en finale de Champions League avec la Juventus, Buffon choisit de surprendre son monde en partant au PSG. S’ensuit une cérémonie fabuleuse d’adieux lors de sa sortie du terrain pour son ultime prestation avec la Vieille Dame. L’émotion est vraie et pure d’un peuple qui pleure son taulier. Un nouveau pays pour lui en France, un club qui ne lui correspond pas et au final, un véritable échec sportif tant les prestations du club sur la scène européenne ne seront pas au niveau attendu. Éliminé face à un Manchester United contre qui il réalise deux bourdes fatales, Buffon repart la queue entre les jambes de Paris pour revenir … à la Juventus à peine un an après son départ. L’annonce est faite par le joueur lui même dans un tweet énigmatique avec en photo, le gardien de la Juve en voiture, un paquet de clopes dans la portière et une citation poétique pour laisser planer un doute qui s’avérera être une réalité.

Un choix curieux, même si l’on savait que s’il endossait un rôle de dirigeant ce serait surement à la Juventus. Buffon revient ainsi pour être second gardien de Szczesny, irréprochable depuis son arrivée tandis que Pinsoglio continue de gratter des trophées sans abimer un seul short. Son arrivée suscite également des polémiques avec cette rumeur de clause qui stipulerait que le gardien doit être titularisé au moins 8 fois pour dépasser le record de présences en Serie A. Si cette rumeur semble n’être restée qu’au stade du bruit de couloir, difficile de savoir le vrai du faux quant aux réelles volontés du joueur.

Quoi qu’il en soit, Gianluigi Buffon n’a pas attendu pour dépasser ce record, mais la réception de cette nouvelle par les tifosi est encore mitigée. De légende à opportuniste, de briscard d’expérience à obsessionnel des records et de la victoire, son image s’égratigne au fur et à mesure que son déclin se prononce. Heureusement pour lui, sa carrière légendaire possède suffisamment de contenu pour que la dernière impression ne reste pas comme étant définitive. Mais quand même, ça agace.

Cesco

Rédacteur en Chef



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