La Lazio et le plafond de verre

Par François Lerose publié le 01 Nov 2018

Cinquième l’année passée en laissant échapper la Champions League au profit de l’Inter, la Lazio devait faire face à un cruel constat ou plutôt, un double visage. D’un côté, la face positive : jeu attrayant, offensif et dynamique mais de l’autre, le côté sombre avec un cruel manque de réussite face aux gros. Plus qu’une coïncidence, les explications se trouvent ailleurs. Mais où?

Zéro face aux gros

La défaite face à l’Inter lundi dernier (3-0) a rappelé cette constante dans l’architecture de la Lazio. Une incapacité chronique à faire la différence face aux gros. Dans son histoire cela se vérifie, statistiquement tout d’abord avec 22% de victoires contre le Milan AC, la Juventus et l’Inter (cumulés). Un ratio faible qui peut s’expliquer par l’ampleur des premiers cités et qui somme toute ne fait rougir personne. Cependant aujourd’hui, la Lazio fait figure de prétendant pour la prochaine Champions League. Si l’édition de cette année a été manquée pour un demi-point, les hommes d’Inzaghi sont repartis du bon pied. Pas de quoi tirer la sonnette d’alarme cependant puisque les Laziali sont bien placés, à la 4ème place de la Serie A et pour le moment, ils rejoignent clairement et efficacement la feuille de route délimitée par Lotito et Tare.

Depuis l’arrivée d’Inzaghi sur le banc lors de l’été 2016, suite à la vraie fausse arrivée de Bielsa, la Lazio a du se reconstruire et planifier un plan pour arriver à ses fins. Si la patte de l’entraineur italien, d’abord intérimaire puis confirmé, s’est vue d’entrée et n’a eu de cesse de croitre, ses statistiques sur deux saisons (ainsi que sur ce début d’exercice 18/19) face aux grosse écuries font peine à voir. Il suffit de reprendre le top 6 de l’année passée avec la Juventus, le Napoli, l’AS Roma, l’Inter et le Milan pour s’en rendre compte. Les chiffres sont criants et expliquent une partie du classement difficile à encaisser, de l’année dernière. La Champions League ne s’est pas forcément jouée sur une tête de Vecino si l’on enlève le pragmatisme de notre raisonnement.

3 victoires en 24 matchs face au TOP 6 de la Serie A depuis l’arrivée de Simone Inzaghi à la Lazio

Les limites techniques en lumière

Quand les gros de Serie A se renforcent à coups de millions et de grands noms, la Lazio a du encaisser des départs compliqués à gérer. D’abord Felipe Anderson en Premier League puis, et surtout, De Vrij, perdu gratuitement au profit de l’Inter. Deux départs de deux protagonistes compliqués à combler dans un mercato plutôt discret malgré les arrivées de Badelj et Acerbi. C’est donc avec un manque de vivacité, de technique et, il faut bien le dire, de talent, que cette Lazio version 2018/2019 s’est présentée cette saison. Si pour le moment le classement lui rend honneur, les défaites face à la Juventus et l’Inter révèlent une impuissance claquante et un fossé de niveau qui ne semblait pas si présent les années précédentes. Culture de l’instant mise à part, il n’en reste pas moins que cette Lazio doit faire face à trop de soucis techniques, dont la défense, point faible d’une équipe en proie à certaines gaffes et absences difficiles (qui a dit Wallace ?). A cela on ajoute un manque de profondeur d’effectif et on arrive au constat suivant : la Lazio n’est pas armée pour titiller le podium. Quant au top 4, il est atteignable évidemment mais pas sans difficultés, sans grosses difficultés même.

Ciro Immobile manque d’un joueur capable de le servir allègrement en profondeur et le 3-5-2 montre désormais ses lacunes. Trop lent en phase de transition malgré une assise défensive légèrement meilleure, le manque technique au milieu se fait sentir et les coupables sont pour le moment tout désignés.

Des joueurs clefs qui n’y arrivent pas

L’archi dépendance en attaque à Ciro Immobile commence à peser. Si celui ci n’a jamais démérité en championnat (c’est d’ailleurs lui qui offre la victoire à la Lazio face à la Juventus grâce à un doublé l’année dernière lors du match aller), il est trop seul en attaque. Ni Parolo, qui semble accuser le poids des années, ni Milinkovic-Savic, méconnaissable et ni Luis Alberto, ne semblent en mesure de l’aider.

L’Italien que l’on avait l’habitude de retrouver aux avant postes se cantonne à un rôle plus reculé tandis que le Serbe ne semble toujours pas digérer sa Coupe du Monde. Loin des coups d’éclats de la saison passée, Sergej traine un boulet et ne pèse pus autant dans le jeu. Un surégime ? Un passage à vide ? Quoi qu’il en soit les joueurs passent à côté de ce début de saison et les victoires face à Parma, Frosinone ou Empoli n’ont pas réussi à masquer des difficultés dans le jeu. Encore une fois, le fatalisme ne doit pas primer au vu du classement, mais les questions se posent sur la marge de progression de l’équipe. La dispute entre Lotito et Inzaghi en début de saison, filmée par les caméras pourrait prendre tout son sens si les objectifs fixés ne sont pas en alignement avec les possibilités d’un effectif qui affrontera les échéances du jeudi en Europa League avec un effectif que l’on voit désormais plus limité que jamais. Inzaghi devra trouver la solution, il l’a déjà fait à un moment et il peut le refaire. Pour le moment il bénéficie d’un début de saison plutôt correct, mais quatre défaites déjà qui pèsent … face à la Juventus, le Napoli, l’AS Roma et l’Inter. Soit le top 4 de la saison passée. Pas un hasard.

François Lerose

Rédacteur en Chef



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