La Juventus doit-elle vendre Miralem Pjanic ?

Par Yacine Ouali publié le 27 Mai 2020

À la Juventus, les rumeurs tournent dernièrement autour d’un possible départ de Miralem Pjanic. Regista titulaire du club depuis l’été 2016, le joueur bosniaque est contesté depuis le début de saison pour son influence déclinante au milieu et sa faible prise de risques. Alors que Maurizio Sarri semble se diriger vers une deuxième année à la tête de l’équipe, la direction souhaite lui offrir l’effectif de ses rêves. La presse bruisse des arrivées d’Arthur ou de Rakitic (Barcelone), de Savic (Lazio), de Jorginho (Chelsea) ou encore de l’arlésienne Pogba (Manchester United).

Tout cela pose cependant question. Pourquoi la Juventus voudrait-elle se séparer de sa pièce maîtresse d’à peine 30 ans, dans un marché où les regista sont parmi les joueurs les plus difficiles à acheter ? Partant de ce postulat, quels seraient les avantages et les inconvénients d’un départ de Pjanic ?

Des performances déclinantes, mais pas inquiétantes

Tactiquement, l’influence de Pjanic au milieu de terrain a certainement décliné cette saison. L’ancien de l’AS Roma prend moins de risques, ratisse moins de ballons, et provoque moins de déséquilibres chez l’adversaire.

Cela ne se vérifie toutefois pas dans les statistiques. Pjanic continue en effet d’avoir une précision de passes entre 84 et 92% depuis son arrivée à Turin, et une moyenne de passes par matches entre 55 et 67 (voir ici les différences tactiques entre Allegri et Sarri). Au niveau des passes décisives, il est passé de 14 passes en 2016-2017 à 11 en 17-18, 7 la saison dernière et seulement 4 cette saison. Si cette statistique témoigne d’un coup de moins bien, elle est aussi due aux décisions tactiques des entraîneurs. Alors qu’Allegri, de 2016 à 2018, basait sa réussite sur l’apport de ses milieux, l’arrivée de Cristiano Ronaldo en 2018 a porté le focus sur l’attaque, tandis que les tactiques de Sarri, plus attentistes, sont celles d’un jeu moins direct et d’une succession de passes plus importante pour arriver au but.

Une plus-value difficile à considérer

Aujourd’hui, la rumeur la plus persistante est celle d’un remplacement de Pjanic par Arthur (Barcelone). Si le joueur brésilien est plus jeune, et présente plus de garanties sur le long terme, son niveau de jeu est un point de doute, et ses statistiques sont quasi-similaires à celles de Pjanic. Arthur a en effet des difficultés à s’imposer dans le onze du Barça. S’il paraît être un joueur qui pourrait coller avec les idées de Sarri, rien n’indique qu’il soit, pour le moment, meilleur que Pjanic. En effet, par son statut de titulaire indiscutable à Turin depuis 4 ans, et la difficulté de l’ensemble de l’effectif de s’adapter à la méthode Sarri, il ne serait pas fou de s’attendre à une reprise forte de Pjanic, avec un repos important et une compréhension plus fine du Sarriball.

Outre Arthur, dont la plus-value n’est pas évidente, la Juventus viserait Jorginho. Si les statistiques de l’Italien ne sont pas meilleures que celles que Pjanic, le voir remplacer Pjanic serait déjà plus cohérent. Lieutenant de Sarri, Jorginho saurait apporter une compréhension tactique sur le terrain qu’Arthur n’a pas, et que Pjanic tarde à avoir.

La balance serait différente en cas de recrutement de Pogba ou Savic. S’ils sont très chers, et s’il est peu probable que la Juventus puisse se les offrir (au contraire d’Arthur), il est certain que ces joueurs apporteraient une véritable plus-value, en particulier sur le plan de l’impact physique et offensif, par rapport à Pjanic.

Une conclusion claire, que seule la virtuosité de Paratici pourrait changer

Ainsi, il ne semble pas que la Juventus gagnerait réellement à vendre Pjanic, surtout si le remplacement est Arthur ou Jorginho (beaucoup plus si c’est Pogba ou Savic). Aujourd’hui, Pjanic n’a pas à rougir de ses statistiques par rapport à ces deux joueurs, et le garder apporterait une stabilité trop peu présente à Turin ces dernières années.

Finalement, la décision reviendra surtout à Sarri, qui est le seul à pouvoir déterminer quel joueur appliquerait le mieux ses instructions sur le terrain. Et puis, quid de Bentancur…

Yacine Ouali



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