La Juventus a fait son maximum quand l’Inter n’a pas forcé

Par Cesco publié le 13 Jan 2022

En s’adjugeant le 32e trophée de sa carrière hier à San Siro, l’Inter a pris un deuxième trophée consécutif après le scudetto en mai dernier. Face à son ennemi juré, l’occasion était trop belle de définitivement enterrer la Juventus dans ses doutes. Et c’est bien malgré elle que l’Inter a réussi le coup parfait.

Une Juventus à 110%

Chiesa blessé et absent, tout comme De Ligt et Szczesny qui lui n’a pas pu obtenir son green pass, Allegri a du faire des ajustements pour aborder cette finale. Loin d’avoir les choix du roi en l’absence de certains titulaires, Max a d’abord du faire parler ses principes tactiques préférés, à défaut de pouvoir compter sur des individualités fortes. Et son collectif a d’abord fonctionné même s’il a plié face aux assauts de l’Inter. Le but de McKennie est opportun, surprenant mais les Bianconeri réalisent le coup parfait. Ils ne cadreront plus une seule fois et laisseront la possession aux interistes. Comme un sentiment de maitrise technique qui n’est jamais arrivée, de maitrise physique aussi et de culture de l’effort absentes. Des valeurs chères à Allegri mais qui n’auront pas pu tenir 120 minutes face à l’équipe à battre cette saison.

Pourtant, si beaucoup pestent sur un Alex Sandro décadent depuis 2017, il n’y a pas grand chose à reprocher à cette équipe. Elle a tout donné pour faire déjouer l’Inter. Face à plus fort il faut être plus malin. Allegri et les siens l’ont été pendant 119 minutes. Jusqu’à cette dernière possession ou le coach s’époumone à demander une faute tactique sur l’action du but de l’Inter qui ne viendra jamais pour faire rentrer Bonucci. Quand le vent tourne, il tourne fort. La Juventus se retrouve désormais avec une tempête pleine face avec la sensation de toutefois ne pouvoir fournir mieux avec les éléments et le contexte à disposition.

Une Inter pourtant sans idée

Et on ne peut pas dire que l’Inter ait survolé son sujet. Loin d’être aussi créatrice qu’à son habitude face au bloc bas de la Juve, les hommes d’Inzaghi n’ont jamais trouvé la clef. Il a fallu un penalty pour les remettre sur les rails, qui arrive après une nouvelle offensive qui ne semblait de toute manière pas aller au bout. A force de pousser, l’Inter a égalisé. Une logique implacable tant les hommes d’Inzaghi ont semblé un cran en dessous de ce qu’ils sont capables de montrer habituellement. De la fébrilité de De Vrij à l’absence de magie de Brozovic, on aurait pu longtemps croire que l’Inter allait finir par céder. Comme souvent face aux Bianconeri dans l’histoire.

Mais cette fois non. L’Inter n’a pas forcé son talent. La Juve ne pouvait pas faire plus, et au delà du match c’est ce constat qui est glaçant d’un côté comme de l’autre. Il y a désormais un fossé entre les deux équipes. Un fossé que personne n’avait vu venir aussi vite. Du départ de Ronaldo précipité cet été, qui a suivi celui de Paratici, puis les annonces persistantes du non renouvellement de Dybala, c’est toute la structure Juve de ces 10 dernières années qui s’écroulent sans qu’un nouveau projet n’émerge réellement. Il va falloir avant tout retrouver de la stabilité après avoir changé de coach par trois fois ces trois dernières années. Se poser et réfléchir. Car à trop s’habituer à gagner sans difficulté, on se retrouve sans savoir comment faire dès que les obstacles se dressent. Un souci que ces Bianconeri, si parfaits dans leur gestion depuis 10 ans, n’ont pas anticipé malgré les signaux.

 

Cesco

Rédacteur en Chef



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