Koulibaly, le saint patron de la ville de Naples

Par Rémi Falvo publié le 11 Déc 2018

La saison passée, Kalidou Koulibaly a franchi un palier. Déjà connu comme bon défenseur, il était entré en métamorphose au cours de la saison, abandonnant sa peau de rude défenseur pour celle de patron. Le serpent ne mue pas qu’une seule fois, Koulibaly non plus. Cette saison, le franco-sénégalais semble avoir décidé de devenir un des tous meilleurs défenseurs de Serie A. Et, n’ayons pas peur de nous mouiller, du monde entier.

Toujours plus haut

Quelle est la différence entre un bon défenseur et un excellent défenseur? Cette question peut ressembler à un sketch des inconnus, il n’empêche qu’elle est pertinente au vu de la tournure qu’est en train de prendre la carrière de Kalidou Koulibaly. Après Chelsea, c’est Manchester United et le Barça qui se sont intéressés de près à son profil. Le roc a choisi de rester une année de plus à Naples. Ce choix semble être le bon : depuis le début de la saison, match après match, il ne cesse de progresser. D’un point de vue leadership, il en rendrait presque jaloux Il Capitano Hamsik, et son indiscutable autorité naturelle. Quand ça ne va pas, on le voit régulièrement pousser une gueulante histoire de remettre les choses en place derrière. Quand ça va, il n’est jamais loin non plus. Il serait intéressant d’établir une statistique qui mesurerait le nombre d’attaques auxquelles a pris part le défenseur Napolitain. C’est certainement le meilleur dans ce domaine en Italie. Koulibaly est en perpétuel dépassement de fonction. Est-ce que c’est Ancelotti qui en est la cause? Est-ce qu’il est frustré d’être loin du jeu léché que proposent ses partenaires? Le fait est qu’il n’est pas rare de le retrouver au point de penalty, attendant un centre de Callejon ou Fabian Ruiz. Il est censé jouer bas, mais impossible pour lui de ne pas voir plus haut.

San Koulibaly

Ambitieux, ça ne fait aucun doute. Faire la sourde oreille au chant des sirènes ne veut pas dire que le défenseur est frileux. Simplement pragmatique. Il décide de rester dans un club, deuxième de Serie A, qui joue la Champions League. Et pas de n’importe quelle manière. Car si le Napoli est en position de force ce soir à Anfield, c’est pour une bonne partie grâce à lui. Rien que la façon dont il a éteint Kylian MBappe au San Paolo, ça en dit long. Car la défense du Napoli en elle-même n’a jamais été son point fort. Hysaj, Albiol, Mario Rui, ce n’est pas du « chapeau 1 des défenseurs », pour reprendre les termes de Daniel Riolo. Koulibaly, si. Koulibaly est à la défense du Napoli ce que Ramos est à Varane, ce que Zidane a été pour la France en 2006 : un modèle. Et le modèle déteint sur ses partenaires. Albiol vieillissant, a pourtant été plus que correct sur ses dernières sorties. Koulibaly n’est pas mal entouré, ce serait exagéré de dire ça. Mais actuellement, s’il devait évoluer au côté d’un joueur de son calibre, il faudrait pour lui aller à la Juve, ou au Real Madrid. Et changer de peau une nouvelle fois. Que les tifosi se rassurent, Kalidou Koulibaly n’a qu’une peau elle est azzurra, du moins jusqu’à la fin de la saison prochaine. Car un grand club Européen renouvellera l’assaut, c’est écrit d’avance. A Naples, le saint-patron de la ville se nomme San Gennaro. Il n’est pas scandaleux de croire que si les choses continuent ainsi, la ville aura un nouveau protecteur : San Koulibaly.

Rémi Falvo

Rédacteur



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