Kolarov à l’Inter : « Ici pour Conte, et pour gagner »

Par Fabio Pendolino publié le 17 Sep 2020

Après des rumeurs à chaque mercato pendant près de dix ans, Aleksandar Kolarov rejoint l’Inter en provenance de l’AS Roma pour 1,5 millions d’euros (et 500 000 euros de bonus selon les objectifs atteints par le joueur / les nerazzurri). Le latéral a lui signé pour un an, avec une option sur une prolongation de contrat d’un an supplémentaire. Alors que des rumeurs donnaient la Beneamata intéressée par Kumbulla ou Emerson et Marcos Alonso, qu’y a-t-il à tirer du transfert de l’ex-Romanista ?

Les rumeurs de transfert ces derniers mois donnaient en effet un identikit quelque peu différent. Que ce soit Tonali, ou Kumbulla, les dossiers sur lesquels l’Inter a le plus été citée depuis longtemps, avant même le confinement et la reprise, ces joueurs font partie de cette vision jeune et italienne qu’on prêtait au groupe Suning et ses directeurs sportifs. Et ce n’était pour déplaire à bon nombre de supporters du club. Combien de tifosi choisiraient Kolarov et Vidal plutôt que le défenseur de l’Hellas et l’ancien milieu de Brescia ? Un autre point commun que partagent ces deux jeunes joueurs est le fait que le club nerazzurro semble les avoir « lâché » après avoir négocié pendant de longues tractations. Si ces investissements auraient été étalés sur plusieurs saisons, le fait est que l’Inter a déjà dépensé 40/45 millions d’euros sur Hakimi. Les pertes supplémentaires et les conditions difficiles à envisager pour les prochains mois (années ?) en raison de la pandémie du COVID rend des investissements lourds encore plus difficile à entreprendre et la marge de manœuvre plus réduite. Si Kolarov et Vidal ne sont pas pour autant des investissements légers, ils pèsent toutefois moins sur le bilan du club à travers leurs salaires non mirobolants et la courte durée de leurs contrats.

De plus, le fait que Conte veuille absolument ramener un trophée à l’Inter après des années de disette justifie le choix de la direction de se diriger vers des cibles prêtes à être directement intégrées aux schémas du Mister. Certes, le club aura sans doute plus de mal à les revendre en cas de prolongation. Leur valeur marchande ne va plus s’élever non plus. Et s’il est difficile de les voir immédiatement comme des titulaires, le fait est que Conte connaît mieux son équipe et ses besoins que n’importe quel suiveur de football et peut-être les dirigeants qui voulaient lui imposer certaines cibles (Eriksen ?).

Polyvalence et charisme

Le Serbe, un des quatre défenseurs dans les cinq championnats majeurs à avoir participé à 30 buts (17 buts, 13 assists), ou plus, depuis 2017/18 rejoint un reparto bien complet, qui ne devrait plus subir trop de modifications. Il est ainsi prêt à jouer autant défenseur central gauche dans la défense à trois, que latéral gauche même si des questions peuvent se poser sur un rôle de tuttofascia, à son âge, et sous Conte, sur une saison pleine. Nulle doute que les deux intéressés se sont déjà entretenus à ce sujet. Kolarov parle de Conte comme d’un « facteur important » dans son arrivée à Milan. Il dit ainsi « aimer jouer comme défenseur gauche dans une défense à trois. J’ai joué comme cela pendant mes derniers mois à Rome mais aussi à Manchester City, avec Guardiola, où je jouais comme défenseur central. L’Inter aime garder la possession donc je pense que je ferai de bons matchs ici ». L’importance de Conte n’est d’ailleurs pas à prouver en analysant l’arrivée à l’Inter de joueurs importants. Que ce soit Lukaku, Hakimi ou Kolarov, tous ont avoué être venus en partie pour le coach et son jeu.

Malgré les progrès de Godin dans la défense à 3, le fait est que l’ex-Giallorosso semble plus adapté aux schémas de Conte. Et touche la moitié du salaire de l’Uruguayen (6 millions par an contre 3). Un argument qui pèse forcément dans la balance lorsque l’on parle d’un remplaçant. L’arrivée de Kolarov apporte aussi à l’effectif un nouveau spécialiste sur coups de pieds arrêtés, et avec Eriksen, cela faisait un moment que l’Inter n’avait pas plusieurs cartouches d’une telle qualité. A suivre.

Fabio Pendolino

Rédacteur



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