Juventus-Villarreal : Un statut de favori ? – Toute première fois (1/3)

Par Rafaele Graziano publié le 24 Déc 2021
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Si les dernières campagnes européennes de la Juventus ont un goût amer, la tendance est quasi inversée cette année. Titubante derrière le quatuor au sommet de Serie A, la Vecchia Signora sort major de sa promo en C1 devant Chelsea, tenant du titre. Un placement qui lui voit attribuer Villarreal en huitièmes de finale : un tirage, sur le papier, favorable mais sur le terrain pas si évident, avec une particularité à la clé : aucun antécédent en compétition. Une première donc ? Pas tout à fait. Juve et Villarreal ont déjà croisé le fer, à Salerne en 2009 lors d’un match de pré-saison, un contexte amical qui d’amical n’aura que le nom alors que les Bianconeri s’inclineront lourdement face au sous-marin jaune (1-4). Retour sur l’unique antécédent de la Juventus avec son prochain adversaire européen.

L’espoir d’une renaissance

Après le scandale du Calciopoli, la Juventus fait son retour en Serie A dans la saison 2007/08. Sous les ordres de Claudio Ranieri, les Bianconeri parviennent à réaliser un retour en force dans un championnat déjà manifestement en totale baisse de régime. En véritable magicien qu’il est, le mister, bien aidé par un fantastique et inépuisable Del Piero, parvient à décrocher la 3ème place du championnat, synonyme de Champions League. Comment oublier la double confrontation face au Real Madrid qui aura valu à un Del Piero stratosphérique une standing ovation au Santiago Bernabeu ? Un retour en force conforté par une seconde saison positive consécutive, malgré la sortie prématurée en Coppa Italia contre la Lazio, coûtant à Ranieri son fauteuil d’entraîneur à deux journées du terme de la saison, soldée cette fois-ci par une seconde place.

Le coup de semonce

C’est là que les choses se gâtent puisqu’avec l’arrivée de Ciro Ferrara, ancienne star turinoise, les ambitions du club partent en fumée. Un investissement à long-terme qui se révèlera cruellement manqué. La Vieille Dame enchaînera les investissements  infructueux : Amauri n’aura vraiment aidé qu’une année, Diego aura été une déception totale, Krasić un faux sauveur et alors que Nedved a raccroché les crampons, d’autres cadors seront appelés à la rescousse (Cannavaro et Grosso). Il n’en sera rien, cette Juve était destinée à s’écrouler. L’attaque n’est plus à la hauteur, le milieu est friable et la défense prend l’eau. Bref, la saison 2009/10 marque le début d’une longue descente aux enfers pour les Turinois dont les prémices sont déjà flagrantes dès ses matchs amicaux, comme celui du 7.08.2009 contre le sous-marin jaune d’un certain Ernesto Valverde : un dénouement tout sauf anodin.

La débâcle

En amont de ce nuage de marasme qui se posera sur le ciel de Turin, on trouve une équipe dont personne n’éveillait les soupçons. Cinquièmes de Liga la saison passée, les Espagnols, désormais sous les ordres de Valverde, affrontent une Juve dans un match amical en l’honneur du mythique défenseur turinois Andrea Fortunato. Et de fortuna (chance) les Turinois en auront besoin. La préparation physique inter-saison se fait nettement sentir, les Espagnols sont maîtres du jeu, dominateurs dans tous les secteurs et parties du terrain si bien que le seul but encaissé par la Juve en première mi-temps – signé Cazorla (43′) – a des allures d’aubaine. C’est un amical, certes, mais plus que le résultat, c’est le comportement qui inquiète, la Juventus est incapable de se défendre, elle tourne au ralenti et subit le 4-2-3-1 adverse sans esquisser un élan d’orgueil, misant sur des contres qu’elle ne parviendra jamais à négocier. Qu’elles semblent loins les nuits magiques face aux Blancos !  Moralement fragile, l’arrière-garde turinoise est cueillie à froid à l’entame de la seconde période par Nilmar (51′) et c’est le Français Pirès qui crucifiera la Vecchia Signora en y allant de son doublé (78′, 90′). La réduction de l’écart d’Amauri (85′) sauvera au moins l’honneur. Le reste sera coulé par le sous-marin jaune.

Les similitudes flagrantes avec l’effectif turinois actuel sont frappantes : le contexte sociétaire de crise, les mauvais mercato, la veulerie de certains joueurs, il y a de quoi devenir superstitieux bien que cette Juve reste pleine de ressources, tout est encore à écrire.

À lire dans ce dossier :

1 . Toute première fois
2. À suivre 
3. À suivre



Rafaele Graziano



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