Juventus-Villarreal : Un statut de favori ? – L’heure des présentations (2/3)

Par Rafaele Graziano publié le 01 Jan 2022
Crédits

Si la Juventus a dominé le paysage transalpin sur l’ultime décennie, ses dernières campagnes européennes sont d’autant plus humiliantes qu’elles sont répétées. Cette année la tendance semble jusque lors s’inverser. Talonnant tant bien que mal un quatuor irrésistible au sommet de Serie A, la Vecchia Signora sort major de sa promo en C1 devant Chelsea, tenant du titre et hérite ainsi d’une place en huitièmes de finale face à Villarreal. Les Bianconeri ont-ils leurs chances face aux Espagnols alors que leur parcours s’apparente à des montagnes russes ? Si les deux équipes jouent les poursuivants en championnat, cette double confrontation a tout d’un duel exutoire : cap sur l’état de forme des deux futurs adversaires européens.

Dans le coin jaune : Un champion d’Europe !

Son expérience en Champions est loin de faire pâlir une Vielle Dame neuf fois finaliste de la compétition. Pourtant, alors que les Bianconeri ont assiégé la Grande Botte à sons de records et de trophées, qui obtient le meilleur palmarès européen sur ces 10 dernières années ? 1-0 Villarreal. En mai 2021, après avoir torpillé les Gunners d’Arsenal, le sous-marin jaune s’adjugeait son premier titre de C3 aux dépens de Manchester United pourtant favoris, les Mancuniens voient rouge… et rient jaune.

En Europe, l’effet Emery se fait sentir mais en championnat couci-couça. Leur 7ème position en Liga la saison passée ne reflète en rien les efforts procurés au-delà des frontières ibériques. Cette année encore, l’histoire se répète alors qu’à la trêve hivernale le sous-marin vogue en eaux troublent. Il caracole en 9ème position à quatre points de l’Europa League, une récompense in extremis aux trois victoires sur leurs trois dernières rencontres. Mais que vaut Villarreal, infine ? Une équipe solidaire mais trop irrégulière, qui se veut accrocheuse mais souvent décevante plus que décisive. La faute à une défense tantôt courageuse (7 clean-sheets en championnat) tantôt friable (neuf buts encaissés en C1, 15 en championnat sur leurs dix derniers matchs) et à une attaque tantôt fulgurante capable de cadrer 79 fois sur 169 tirs (réussite de 46%) tantôt fade. En somme, un effectif généreux qui privilégie les confrontations directes aux duels à long-terme.

Dans le coin noir et blanc : Un champion de l’à peu près

Presque championne d’Europe en 2015. Presque championne d’Europe en 2017. Presque demi-finaliste, presque qualifiée pour les quarts… Presque crédible : la Juventus ne fait plus peur à personne. Comme son futur vis-à-vis, le maître-mot de la Vielle Dame cette saison est l’irrégularité alors qu’elle se découvre des zones d’ombre plus profondes encore qu’elle l’imaginait (défaites face à Empoli, Hellas ou Sassuolo). Si elle décroche la 5ème place de Serie A avant la pause, le visage des Bianconeri est trop hétéroclite pour qu’un bilan positif lui soit dressé.

Son milieu de terrain est bien trop timide pour inquiéter les cadors européens, en cause un pressing téméraire mais capitulard et une fâcheuse tendance à perdre le rythme. Mais par dessus tout s’il est un défaut symbolique, c’est l’impuissance offensive : absences, blessures et pannes d’inspiration, la Juve ne la met plus au fond ! 278 tirs, 93 cadrés (33%) pour seulement 27 buts en Serie A (29% de réussite) contre 26 pour Villarreal en Liga – des chiffres qui soulignent le malaise turinois. Pour autant, depuis le début de cette campagne européenne, les Juventini abordent leurs rencontres avec un sérieux exemplaire affichant leur meilleur visage cette saison : six matchs, cinq victoires, premiers de leur groupe devant Chelsea, mais quelle crise ? Avec un Dybala meneur, un Chiesa décisif (auteur du but de la victoire face aux Blues) et une défense ultra-solidaire, le groupe parvient à transposer les mesures tactiques du mister à la perfection et c’est de bonne augure pour la suite de la compétition.

Capable du meilleur comme du pire, la Juventus reste maître de son destin face à un adversaire soi-disant abordable mais cruellement similaire, notamment dans l’état d’esprit en prologue de cette rencontre : rien à perdre, tout à gagner. Reste à savoir si les retours d’infirmerie feront du bien aux Piémontais car si les armes sont prêtes, il ne manque que la poudre pour les faire parler.

À lire aussi dans ce dossier :

1 . Toute première fois
2 . L’heure des présentations
3 .  À venir



Rafaele Graziano



Derniers articles

Le récap quotidien des actus par email

Calciomio est le seul média français qui traite à 100% l'actualité du foot italien. Renseignez votre email pour recevoir chaque matin un email regroupant les meilleures brèves du Calcio.