Juventus-Villarreal : Un statut de favori ? – À l’abordage ! (3/3)

Par Rafaele Graziano publié le 04 Jan 2022
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Toutes proportions gardées, la Juventus est un navire à la dérive, un vaisseau chargé d’un passé glorieux qui traverse les eaux tumultueuses d’une crise identitaire – vacillant entre regrets répétitifs et timides satisfactions dans un championnat qui lui file peu à peu entre les doigts. Mais s’il est une consolation parmi ce brouillard, c’est le parcours remarquable de la Vielle Dame sur sol européen. Aujourd’hui, alors que Villarreal lui barre le chemin, la Juve a l’occasion de prouver sa valeur : mais comment couler ce mystérieux sous-marin ?

Un jeu de stratégie

Malgré une saison en demi-teinte, Villarreal s’illustre par son agressivité sur le porteur de balle et sa générosité collective. Si Emery est un tacticien intelligent, il jouera son va-tout sur deux rencontres pour lesquelles il sait qu’il n’a rien à perdre. Son intérêt est de garder le jeu haut, faire parler l’athlétisme de ses milieux Parejo-Tigueros, bien aidés par la montée des latéraux comme Pedraza qui en créant le surnombre déséquilibrent l’adversaire. Leurs combinaisons ont déjà fait couler l’Atalanta, tombeurs de la Juve cette saison.

Le travail d’Allegri est d’abord fondamentalement psychologique. À l’image des précédentes sorties de cette campagne européenne, les Bianconeri se doivent de sortir les crocs. Maîtriser leurs peurs – qui leurs ont plusieurs fois coûté leur qualification – c’est déjà se faire une faveur. Il est temps de revoir l’équipe confiante, en pleine maîtrise de son football qu’a été la Juve de cette phase de poule. Pour cela, il faudra couper les lignes de transitions et assurer les passes dans l’entre-jeu. Un effort collectif (déjà affiché) est donc primordial. Quant au système, comme dirait Allegri, peu importe. Le 4-4-2 choyé par Max privilégie peut-être la possession ou la soumission mais le 4-2-3-1 ou le 4-3-3 ont également largement fait leurs preuves, voyant Bentancur focalisé davantage sur la récupération que la distribution et le harcèlement de Parejo dans la transition, offrant à Locatelli et McKennie quelques chevauchées fantastiques et prônant une exploitation totale d’un Bernardeschi retrouvé.

La meilleure attaque, c’est la défense

4-1-4-1 ou 4-4-2, les schémas utilisés par Emery varient mais sont du pain béni pour un buteur comme Moreno, meilleur joueur de la précédente édition de C3. Déjà légende du club, l’attaquant espagnol commande le sous-marin jaune d’un pied de fer et d’un sens du but exceptionnel. Véritable n°9, il joue de son placement et se manque que très rarement : huit buts en neuf titularisations en Liga, dix buts et six passes décisives en 19 apparitions totales, l’unique chose plus dangereuse que Moreno est le potentiel de son remplaçant, bourreau de la Dea, Danjuma : quatre buts en cinq titularisations en C1. On l’aura compris, sur le front offensif, les problèmes de certains sont un bonheur pour d’autres.

Qu’à cela ne tienne, la Juventus elle, sait subir, elle en fait, sous Allegri, parole d’Evangile et elle n’est pas friande de révolution. Bien que ça ait le don d’hérisser le poil des tifosi, il est un espoir qu’à force de persévérance cette formule portera ses fruits. Alors soit, qu’elle en fasse son Cheval de Troie et exploite les retours de Dybala et Chiesa, puisque la défense sera, quoiqu’il advienne, irremplaçable. Même sans Chiellini, la paire De Ligt -Bonucci fait le job. Si ce n’est pour un (gros) écart face à Chelsea, la défense turinoise sourit. Au Néerlandais de faire vivre à l’avant-centre espagnol un enfer, permettant à Bonny des relances dont il a le secret. Oui, la Juventus a des atouts à faire valoir : à l’image de ses latéraux. Permutant avec le milieu, les percussions de Cuadrado et Sandro seront bienvenues d’autant que la charnière espagnole peine à serrer ses rangs, laissant une voie toute tracée pour une incursion décisive. cCest là que la qualité de centre de Cuadrado sera recherchée. D’où l’intérêt des déplacements des milieux offrant au Colombien le maximum d’espaces possibles.

La Juventus est-elle favorite ? Oui, malgré elle, il est temps d’assumer son statut. A-t-elle les armes pour couler Villarreal ? Bien entendu. Est-elle menacée pour autant ? Évidemment.

À lire également dans ce dossier :

1 . Toute première fois
2 . L’heure des présentations
3 . À l’abordage !

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Rafaele Graziano



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