Juan Cuadrado, flash sur la flèche colombienne bianconera

Par Pasqualino Petolillo publié le 06 Mai 2021

Alors que la saison 2020/2021 touche progressivement à sa fin, force est de constater que celle-ci est certainement la plus mauvaise et la plus insipide de la Juventus depuis plus d’une décennie. Retenons quelques belles surprises, l’explosion et la confirmation de la classe de Chiesa. En parallèle, un certain Juan Cuadrado régale avec une belle constance.

Lueur dans l’ombre

À près de 32 ans, et après déjà 6 années bianconere, Juan Guillermo Cuadrado semble avoir atteint la plénitude de son potentiel. Personne n’est surpris lorsqu’Andrea Pirlo lui confie le brassard de capitaine lors du match contre Cagliari le 21 novembre dernier. Leader dans l’ombre, tant sur le terrain que dans le vestiaire, il monte en puissance au fil des rencontres. Le latéral offensif droit atteint le sommet de son art lorsque le Mister le transforme en défenseur droit durant cette saison. Milieu droit de formation, c’est en tant que latéral droit qu’il joue le plus souvent ces derniers temps.

Pas une nouveauté, affirmeront les critiques, au vu de son passé sous l’ère Sarrienne. Cependant, l’intuition de le faire reculer fut une trouvaille de Massimiliano Allegri en 2017 lors d’un match contre l’Inter. Ce jour-là, il délivre 2 assists contre les rivaux intéristes. C’est surtout lors du départ de Joao Cancelo que Sarri insiste pour qu’il travaille sa phase défensive. Selon lui, sa polyvalence et sa rapidité sont une arme en plus. Il est unique, tant tactiquement qu’intuitivement. Rien de surprenant que c’est sur ce couloir droit que la Juventus se montre la plus efficace. Chiesa (lorsqu’il joue sur le côté droit) et lui s’alternent à merveille dans leurs tâches offensives et défensives.

Franco Causio, bandiera du club, surnommé il Barone dans les années 70 et 80 et reconverti en chroniqueur, le trouve unique à un poste qu’il connait bien, pour y avoir évolué. En effet, c’est sur ce couloir, tant en Nazionale qu’à la Juventus, qu’il adressait des transversales d’une rare précision pour des finisseurs tels Roberto Bettega ou Paolo Rossi. Selon lui, seul Cuadrado en Serie A a cette capacité de dribble enchaîné et rapide, suivi d’un centre précis dans le rectangle.

Il est un des seuls à encore incarner le Stile juventino d’antan. Son profil élégant au jeu moderne est une pure merveille et est un point de référence pour l’équipe. L’image d’un jeune, issu de la rue dont le football a permis de sortir de la misère.

L’homme aux assists et parfois nonchalant

Beaucoup soulignent l’importance de Cristiano Ronaldo pour scorer ou la vivacité de Federico Chiesa. Juan Cuadrado peut être comparé à un pion régulateur entre les deux parties du terrain, infatigable et imprévisible.

Cette année il en est déjà à 19 assists toutes compétitions confondues. Sa faculté à effectuer des centres millimétrés est un atout pour la Vieille Dame.

Très apprécié pour son sérieux, on a l’impression qu’il est partout, qu’il a toujours la balle et qu’il s’amuse sur le terrain. Tous les ingrédients sont réunis, la grinta associée à la passion et au mental, durs comme du béton.

Cependant, on peut lui reprocher parfois un manque de concentration, notamment en phase défensive. Comme le soulignait Mister Pirlo lors d’une interview en décembre dernier : « Il est important pour nous, comme il l’a toujours été depuis qu’il est à la Juventus. Il gère à merveille aussi bien la phase offensive que celle défensive. On peut lui reprocher certains égarements comme son manque de concentration sur certaines phases de jeu. Il doit encore apprendre à rester dans le match pendant les 90 minutes. »

Une partie de la presse constate une baisse de régime du colombien en cette fin de saison. D’autres personnes s’en tiendront au fait que l’entrejeu est peu convaincant, sans réelle source d’inspiration.

Comment peut-on lui en vouloir pour ces moments de nonchalance passive lors de certains matchs. Notre feu follet est capable de nous sortir un coup de génie à tout moment. Et c’est ainsi que on l’aime, avec son sourire ravageur, il bel Cuadrado.

Pasqualino Petolillo



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