Juve Stabia, une saison taille patron

Par Aurélien Bayard publié le 10 Juin 2019

Après un Pordenone qui va vivre son dépucelage de Serie B la saison prochaine, le Virtus Entella qui obtient la montée sur le fil, voici maintenant la Juve Stabia. Le club de Campanie n’a plus connu l’antichambre italienne depuis la saison 2013/2014 et enchaînait les désillusions depuis. Mais cette année, ils étaient bien décidés à y retourner !

Un président tifoso

Tout fan rêve de devenir président de son club. C’est ce qui est arrivé à Francesco Manniello. Natif de Castellammare di Stabia, l’entrepreneur italien saisit l’opportunité qui se présente en 2009. Au côté de Francesco Giglio, il ne fait pas de discours grandiloquent, mais simplement la promesse d’extirper les vespe de Serie C. En effet, à son arrivée, les gialloblù n’ont goûté à la Serie B qu’une seule et unique fois en 1951. Il faut attendre trois saisons pour enfin passer à l’étage supérieur mais pas directement. En terminant 4ème de Serie C, la Juve Stabia s’impose des barrages. Benevento et l’Atletico Roma se mettent en travers de son passage mais ne résiste pas à l’armada des guêpes. Contrairement à certains promus, la Juve Stabia s’en sort honorablement 2 années durant grâce à des joueurs comme Marco Sau, Tomas Danilevicius ou Cristiano Biraghi. Mais la chute est violente lorsque les stabiesi passent l’essentiel de la saison 2013/2014 à la place de la lanterne rouge et retourne au 3ème échelon national. Toujours amoureux de son équipe, Francesco ne quitte pas le navire pour autant. Sa patience paye de nouveau quand en mai dernier Stabia obtient sa promotion. Manniello, devenu actionnaire minoritaire entre-temps, décide de passer la main après ce dernier cadeau.

Des hommes avant des joueurs

La saison réussie de la Juve Stabia repose sur la sainte trinité président-staff-joueurs. Cette alchimie se doit d’être totale pour s’assurer des bons résultats. Pour garantir cela, Manniello a façonné les deux protagonistes de la montée à son image. Fabio Caserta et Ciro Polito, deux anciens joueurs gialloblù, stoppent leurs carrières respectives en 2016. A peine retraités, Francesco propulse Caserta entraîneur adjoint, devenant entraîneur principal l’année suivante, et Polito directeur sportif. Grand bien lui en a pris. Depuis sa prise de fonction, Polito a le nez creux. L’intégralité de l’effectif champion de cette année est arrivée sous Polito. Le directeur sportif privilégie les joueurs expérimentés et habitués aux joutes des divisions inférieures. Magnus Troest, Massimiliano Carlini, Roberto Vitiello voire Daniele Paponi, sont autant d’arrivées qui confirment ce profil. Si Polito s’attèle à trouver des bons joueurs, Caserta doit s’activer à bien les faire jouer ensemble.

Pronostics déjoués

Cependant, ces arrivées qualitatives ne convainquent pas les bookmakers. Au mieux, ces derniers leur prédisent une neuvième ou dixième place, avec l’espoir tout de même de jouer crânement leur chance en play-off. Leur boule de cristal semble pourtant usée car rien ne se passe ainsi. Caserta trouve rapidement la formule magique puisqu’en moins de 3 journées les stabiesi se retrouvent leader. Bien ancrés sur leur trône, ils enchaînent trente-et-un matchs sans défaite. L’honneur revient à Catania de leur infliger un premier échec mais ils ne quittent pas la première place. Mieux encore, les vespe ont été proche d’un sans-faute à domicile, craquant seulement à la dernière journée face au Virtus Francavilla. Mais comment leur en vouloir, ils étaient déjà sacrés le match précédent. De plus, les gialloblù finissent deuxième meilleure attaque et meilleure défense de leur groupe. Après cette année idyllique, l’apparente stabilité a été mise à mal ces derniers jours. Caserta, annoncé partant vers Frosinone, honorera finalement sa dernière année de contrat sur le banc gialloblù. Maintenant à Polito de trouver d’autres bonnes affaires pour résister à l’antichambre italienne.

Aurélien Bayard



Lire aussi