Joao Mario, un retour salutaire

Par François Lerose publié le 17 Déc 2018

Privé de Champions League en raison de déclarations houleuses cet été sur la Serie A et son club, Joao Mario effectue un retour depuis un mois et demi assez inespéré à l’Inter. Profitant des blessures de Nainggolan et du mauvais rendement d’un Vecino, le Portugais est désormais en course pour reprendre du poids dans la hiérarchie du milieu. Retour sur une rédemption loin d’être imméritée.

Black-listé

Joao Mario, est avant tout associé à ces quelques données : 40 millions d’euros, un poste introuvable au milieu de terrain et un prêt en Angleterre après une accumulation de prestations décevantes à l’Inter dont le seul point d’orgue est un but face au Palermo en décembre 2016. Intimement lié à l’échec Gabigol et au mercato 2016 désastreux de l’Inter, l’été 2018 lors de son retour en Italie fait jaser. « Pour moi la Serie A et l’Inter c’est fini. Je sais que je vaux 45 millions et ce serait inutile de revenir, je veux aller ailleurs« . Des punchlines au gout amer pour des tifosi qui n’y ont que très peu gouté. Et cela s’est vu dès son retour (et oui) à Milan cet été. De numéro 10, le Portugais champion d’Europe passe donc au numéro 15. Un nombre anonyme destiné au banc de touche ou à la Primavera. Pour celui qui devait révolutionner un milieu de terrain orphelin de créateurs, c’est la descente aux enfers. Quelques apparitions en pré-saison, aucune solution de mercato pour une Inter intransigeante sur les départs tant résoudre le Fair Play Financier est important à l’aube de la saison du retour en Champions League. Malgré les réunions de travail avec Kia Joorabchian, l’agent du joueur, aucun point d’ancrage n’a été trouvé et Joao Mario doit rester jusqu’à l’hiver, au plus grand dam des supporters, s’attendant à une autre arrivée en profitant du départ de leur rejeton mal aimé. Il n’en sera rien.

La seconde chance

Celle ci ne tardera pas à se manifester. L’Inter balbutie son football en début de saison et peine à trouver des solutions en transition. Nainggolan, blessé en pleine préparation, n’arrive pas à sortir de pépins physiques récurrents, Vecino n’apporte pas les garanties nécessaires et Valero joue trop en retrait. Malgré un Brozovic toujours aussi indispensable, Spalletti décide de relancer le portugais fin octobre face à la Lazio (victoire 3-0) puis de lui offrir 90 minutes face au Genoa avec une prestation aboutie (un but et deux passes décisives). Deux apparitions remarquées et remarquables pour des tifosi qui lui offrent une ovation les deux fois. Signe que la tolérance est de mise et que l’exaspération semble avoir laissé place à un calme apparent lié aux bons résultats qui s’ensuivent.

Joao Mario impressionne par son esprit de sacrifice, son apport offensif et sa faculté à offrir des solutions dans les 30-40 derniers mètres. Ces qualités, entrevues lors des dernières sorties (Juventus, Udinese) montrent un réel changement de personnalité. Du joueur nonchalent et un brin désinvolte, on est passé à un guerrier affamé sur chaque ballon. Un caractère nécessaire à la survie en Serie A. Joao Mario peut être ce profil, celui de numéro 10 que l’Inter recherche sans relâche depuis la non-venue de Pastore l’hiver dernier et la non confirmation de Rafinha cet été. Nul doute que cet hiver un renfort devrait arriver et qu’il sera difficile pour Joao Mario de perdurer avec régularité dans ce groupe. Sauf si l’opportunisme dont il a su faire preuve n’ait une nouvelle fois l’occasion de s’exprimer. En attendant, Joao Mario est de nouveau un joueur de l’Inter à plein temps. Un retour qu’il faut saluer comme il se doit.

François Lerose

Rédacteur en Chef



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