Javier Pastore, entre espoir et désillusion

Par Gilbert Simonutti publié le 20 Déc 2018

Figure de proue du mercato estival de l’AS Roma, Javier Pastore est à la peine depuis le début de la saison. La faute à des blessures à répétition mais pas que. L’ancien parisien réussira-t-il à se relancer ?

Les mêmes maux qu’à Paris

Souvenez-vous l’été dernier. Javier Pastore débarque dans la capitale italienne le 1er juillet 2018 pour plus de 24 M€ et un salaire annuel de 4.5 M€. Des sommes importantes pour un joueur important. Cerise sur le gâteau d’un mercato jugé fringant par les dirigeants romains et la presse nationale, l’ancien parisien devait faire parti des cadres de la Roma new-look de Di Francesco. Après 4 mois et demi dans la ville éternelle, force est de constater que Javier Pastore est loin du compte. Rarement génial, souvent blessé, son apport est à des années lumières des attentes de Monchi et Eusebio Di Francesco. Un peu à l’image de cette AS Roma soudainement redevenu Rometta depuis quelques mois. Titulaire lors des trois premières rencontres, son coach tâtonne cependant pour lui trouver sa meilleure place dans le onze giallorosso. Son but exceptionnel contre l’Atalanta à la deuxième journée laisse présager un avenir radieux au fantasque argentin. Mais, les premières ombres ne tardent pas à arriver. Décevant lors du premier choc de la saison contre le Milan AC alors que Di Fra avait construit l’équipe autour de lui dans un 3412 déroutant, Pastore se blesse une première fois à son mollet droit qui l’a déjà tant fait souffrir à Paris. Parfait pour son retour comme titulaire contre Frosinone avec encore une talonnade géniale à la clé le 26 septembre, il est attendu pour un derby qui s’annonce chaud bouillant trois jours plus tard. Celui-ci ne durera que 36 minutes pour le natif de Rosario et, ironie du sort, son remplaçant Lorenzo Pellegrini marque.. d’une talonnade à peine rentrer en jeu. La Roma gagne le derby contre la Lazio mais Pastore en sort abattu. S’ensuit pour lui phases de blessure toujours à ce foutu mollet droit et passage sur le banc avec des entrées sporadiques en fin de rencontres. Difficile dans ces conditions de retrouver un état de forme décent.

Relégué derrière Pellegrini et Zaniolo

Alors que la Roma et surtout son coach connaissent une zone de forte turbulence, Javier Pastore est de retour comme titulaire dans un match sans enjeu réel contre Plzen en Champions League. Mais, à court de condition physique, El Flaco erre sur le terrain comme un zombie pendant 60 minutes. Les Giallorossi connaissent un nouveau revers (2-1) et Pastore une cuisante désillusion. C’est certain, le numéro 27 n’est pas prêt, loin de là. Paradoxalement, alors que Di Francesco avait cousu son équipe dans un 4231 sur mesure pour lui depuis le match contre Frosinone, ce sont Lorenzo Pellegrini et Nicolo Zaniolo qui ont su tirer leur épingle du jeu dans la position préférée de l’ancien joueur de Palermo. En difficulté, le coach giallorosso a dit ne plus garantir une place de titulaire à qui que ce soit et Pastore se retrouve donc relégué en troisième position, derrière les deux italiens, dans ce rôle de milieu offensif qu’il affectionne tant. Si Pellegrini est plus tranchant dans les deux phases et Zaniolo nettement plus présent physiquement, difficile cependant de croire que l’Argentin n’a pas encore une carte à jouer cette saison. Une fois qu’il aura retrouvé une condition physique digne de ce nom, Di Francesco tentera certainement de le relancer une nouvelle fois. Le talent de Javier Pastore pourrait être utile à la d’une Roma bien loin de ses standards habituels en termes de jeu et de résultats. A condition que son mollet droit arrête définitivement de le tourmenter. Ça, c’est loin d’être gagné.

Gilbert Simonutti

Rédacteur



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