Jacopo Sala : enfin l’équilibre…

Par Michaël Magi publié le 14 Avr 2019

A 27 ans, Jacopo Sala, semble enfin s’épanouir au sein du collectif doriano. Toujours soutenu par Giampaolo, qui apprécie sa polyvalence, il accumule ces derniers temps les prestations de haut niveau. De quoi bousculer une hiérarchie bien établie ? Les prochains matchs le diront. Toujours est-il que l’interrogation constitue en-elle même une demi-victoire, pour ce joueur au parcours atypique, pour qui rien n’a jamais été évident.

Blues Academy

Passé par les primavere d’Albinoleffe et de l’Atalanta, Jacopo Sala débarque à Chelsea en 2007. Les Blues ambitionnent alors de bâtir une Académie d’exception, apte à nourrir chaque année son équipe première en talent frais. L’académie étant internationale et hétéroclite, il faut quelques temps au jeune latéral pour y trouver ses marques. « J’étais jeune, se souvient-il. 15 ans. Je ne parlais pas la langue. J’étais loin de mes amis et de ma famille. Donc, oui, ce fut difficile au début. Mais après une phase d’adaptation, c’est devenu plus simple. J’ai dû grandir vite. Surtout quand j’ai constaté que je me retrouvais avec des gars deux ans plus âgés, déjà développés physiquement ».

Cette place au sein d’un effectif aussi pléthorique que bordélique, Sala finit toutefois par se la faire. A force de volonté. Positionné à droite devant les latéraux, il est l’un des piliers de l’équipe qui remporte la Youth Cup anglaise en 2010, aux cotés de joueurs prometteurs qui, comme lui, n’ont pourtant pas réussi à percer au sein du club. Une Expérience que Sala ne regrette pas pour autant, en dépit de deux années – sorti de l’Academy – passées à écumer les stades champêtres avec la réserve de Chelsea : « Je me considère comme chanceux de m’être entraîné avec de vraies légendes. Ensuite, il m’a fallu prendre en compte certaines sollicitations, parce qu’il était très difficile de se faire une place à l’époque. Ce n’est qu’aujourd’hui que certains jeunes réussissent à accéder à l’équipe première (…) Mais je suis resté fan de Chelsea. J’ai grandi et passé mon adolescence là-bas… »

Retour au pays

Passé deux saisons par Hambourg, où il ne joue que 21 matchs, Sala revient au pays en 2013. A l’Hellas. Mandorlini met une moitié de saison à lui faire confiance, à un poste de milieu presque axial qui semble lui convenir. La saison d’après, Jacopo se blesse et manque les 16 premières journées. Mais il serre les dents et finit par devenir essentiel, faisant apprécier sa grinta et sa technique. Il débarque logiquement à Gênes fin 2015, avec l’ambition de faire un salto di qualità, sous les ordres de Montella. Hélas, les mêmes problèmes ressurgissent. Une saison et demi perturbée par les blessures. Deux et demi à écouter Giampaolo lui expliquer les rudiments d’un dispositif tactique intransigeant.

En début de saison, Sala semblait ainsi perdu pour la cause. Remplaçant Murru ou Bereszyński, chacune de ses entrées se soldait par des prestations désastreuses. Exemple parlant, lors du Milan-Sampdoria d’octobre dernier. Alors que son équipe tenait le Milan en échec à San Siro, Sala faisait son entrée à la 60ème minute. 2 minutes plus tard, Suso l’effaçait d’un crochet extérieur anodin et inscrivait le but de la victoire. Loin de lâcher, Jacopa Sala s’est accroché. Aligné à gauche ou à droite – quoiqu’il soit meilleur à droite – il saisit depuis chaque opportunité de montrer ce qui manque à son concurrent polonais déclinant (outre le fait que son nom ne mobilise pas une demi-heure pour l’orthographier correctement) : une vraie capacité à se porter vers l’avant sans oublier ce qui se passe dans son dos. Meilleur au duel, attentif, plus proche des attaquants adverses, il est désormais plus difficile de le prendre en défaut. Le fait que la Samp ait pris l’eau sans lui contre le Torino n’est pas un hasard. De retour contre la Roma au match suivant, profitant de la suspension du polonais, il a du reste brillé. Ce dimanche après-midi, la Samp reçoit l’ennemi geonano. Une titularisation serait un signe autant qu’une récompense.

Michaël Magi



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