Italie : entre enfer et renaissance, quel avenir pour la Squadra ?

Par Rafaele Graziano publié le 13 Sep 2019

Cela va sans dire, si l’on pense au football, l’on se doit de mentionner l’Italie, un véritable monument de la discipline qui n’a cessé d’éblouir le monde du ballon rond de par sa classe, son palmarès et son héritage. Pourtant, celle qui a forgé des légendes intemporelles, voit peu à peu sa réputation se ternir à mesure que ses résultats se font maigres.

La descente aux Enfers

Depuis l’apothéose de 2006, la Nazionale peine à retrouver le devant de la scène footballistique; après plusieurs fiasco, la débâcle de 2018 reste un amer souvenir qui couronne une décennie de déceptions et qui fit perdre espoir à un peuple tout entier. Mais finalement, de quelle tare la Nazionale est-elle victime, au point de passer au travers d’une génération complète ?

Un réel examen de conscience est alors exercé de l’autre côté des Alpes. Parmi les défauts de cette Squadra, un aspect en particulier semble évident : l’échec des cadors de Serie A. Depuis 2010 notamment, les mastodontes du Calcio accumulent les désillusions sportives et financières : une gestion économique milanaise catastrophique a causé la perte du géant italien. La Vieille Dame, elle, a du subir un lifting complet suite à son passage en Serie B et les résultats sportifs n’ont suivi que depuis peu. L’Inter échappe-t-elle à la règle ? Dernière italienne victorieuse d’une compétition européenne, c’est bien la seule récompense que l’on peut lui attribuer. Cessions de parts de marché, mercato ratés, le club est atteint des mêmes symptômes que son voisin alors que les Romaines, elles, traînent.

Autre moteur de la chute de l’empire italien: la formation. Difficile de nier la baisse de présence italienne dans le l’élite de Serie A, si bien que la santé de la ligue passe – ces dernières années – par des vedettes étrangères. Trop peu de têtes d’affiches ont été créées par l’Italie depuis 2010 et les centres de formation du pays sont un refuge pour talents sud-américains.

Le temps de la Renaissance ?

Le 14 mai 2018 marque l’arrivée d’un certain Roberto Mancini: ancienne gloire de la Sampdoria et titulaire de 9 trophées en Italie et 3 en Angleterre en tant qu’entraîneur. Dès son arrivée, les pendules sont remises à l’heure : l’objectif est de travailler dur et de redorer son blason. Une remise en question qui passe notamment par 3 étapes :

La jeunesse :

Le renouveau ‘Mancinien’ est limpide : place aux jeunes ! En cela, il peut remercier plusieurs clubs italiens décidés à nager à contre-courant et à exposer le Made in Italy à l’international. Milan, Inter, Roma, Genoa, toutes comptent le plus grand nombre de jeunes ‘centenaires’ dans le championnat majeur. Ainsi, en mars 2019 déjà, 18 jeunots avaient fait leurs débuts en sélection. « J’ai toujours pensé que l’Italie ne manquait pas de talents » commente l’entraîneur. Les arrivées de Zaniolo, Kean, Chiesa ou Bernardeschi – la Renaissance passe par Florence – ont chamboulé l’organigramme tricolore où les anciens étaient, jusque lors, indétrônables.

La tactique :

Roberto Mancini table sur un 4-3-3 bien huilé: 2 axes centraux (Jorginho-Verratti) soutenus par 3 défenseurs, et 2 couloirs latéraux capables d’intégrer l’animation centrale du jeu à mesure que l’équipe avance ou recule son bloc, ainsi, contre l’Arménie, Bernardeschi et Chiesa inversaient leurs couloirs, contre la Finlande encore, les ailiers n’hésitaient pas à piquer dans le cœur du jeu – les latéraux étant capables de mener l’offensive (Palmieri, Florenzi). Un système essentiellement possessif, où la difficulté est encore de couvrir au mieux le repli défensif, mais en somme, la création d’un jeu propre prime sur l’adaptation au jeu adverse. L’ADN de la Nazionale pourrait-il bel et bien changer ?

Les résultats :

Quel bilan pour l’Italie de Mancini? Le président de la FIGC, après 11 matchs seulement, est déjà conquis et parle d’un style qui « véhicule de la sérénité« . Pour rappel, en 15 matchs, cette Italie 2.0 compte 9 victoires, 4 nuls et 2 défaites mais surtout 6 victoires en 6 matchs lors des phases qualificatives de l’Euro 2020. La route est encore longue, mais le plus important, comme le dit Mancini, est de donner de l’enthousiasme aux italiens. Alors, le rêve d’un retour au sommet est-il réalisable pour les Azzurri ?

Rafaele Graziano



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