Inter Femminile, quand les femmes prennent le pouvoir

Par Frédéric Marjary publié le 20 Jan 2019

En retard sur de nombreux pays, le football féminin italien commence peu à peu à se développer. Après la Juventus, le Milan AC, la Fiorentina et l’AS Roma, l’Inter s’est armée elle aussi, depuis octobre 2018, de sa section féminine. L’objectif ? Entretenir le prestige acquis par les équipes masculines au cours de l’histoire du club lombard. Focus sur ces femmes qui apportent un peu de fraicheur dans ce monde de brutes.

La genèse de l’équipe

Le 23 octobre 2018, un nouveau chapitre s’est ouvert pour l’Inter. 110 ans après sa création, la Beneamata s’est officiellement dotée d’une catégorie féminine en rachetant le club de l’ASD Femminile Inter Milano. En plus de l’acquisition des droits des joueuses de l’équipe première, l’Inter s’est également octroyée ceux des joueuses de la Primavera. L’objectif est clair, comme le précisait l’Administrateur Délégué de l’Inter, Alessandro Antonello. « Nous voulons développer un lien entre les différentes catégories de jeunes et les nouvelles équipes de l’équipe première et de la Primavera, afin que nous puissions viser les objectifs sportifs les plus ambitieux dans un futur proche. » Le modèle masculin étant viable et efficace depuis des années, la Direction a donc décidé de continuer sur cette voie.

La ruée vers la Serie A

L’Inter Femminile évolue en Serie B cette saison. L’ASD Femminile Inter Milano étant en Serie B lors du rachat, c’est donc très logiquement que la nouvelle équipe milanaise se retrouve dans ce championnat. Pour l’instant, les Nerazzurre survolent la compétition. Après 11 journées, les joueuses de Sebastian De La Fuente comptabilisent 11 victoires. 39 buts marqués, seulement 3 encaissés. Elles n’ont concédé leur premier but qu’à la huitième journée, contre la Roma. Elles sont évidemment premières du classement, avec 8 points d’avance sur le dauphin Empoli. En championnat, elles n’ont été bousculées qu’une seule fois, contre Ravenna. Menées 2-1 en seconde période, elles ont su trouver les ressources et le caractère afin de s’imposer 3-2. On devrait donc retrouver sans surprise l’Inter au plus haut niveau du calcio féminin l’année prochaine. La seule défaite (3-5) de la saison a eu lieu en Coppa Italia lors du derby milanais, contre les femmes de l’AC Milan, pensionnaires de Serie A et actuelles deuxièmes du classement.

Regina Baresi, plus qu’un symbole

Baresi. Pour les tifosi des deux clubs milanais, ce nom évoque forcément quelque chose de spécial. Giuseppe Baresi, joueur de l’Inter pendant 15 ans avec plus de 500 matchs au compteur, et Franco Baresi, capitaine emblématique de l’AC Milan, sont respectivement le père et l’oncle de Regina. Très à l’aise techniquement, adroite face au but et surtout doté d’un mental de guerrière, l’italienne est l’attaquante et capitaine de l’équipe. Elle forme, avec Gloria Marinelli, un duo de choc sur le front de l’attaque nerazzurra. Si elle confirme ses performances au plus haut niveau de façon pérenne, Regina réussira peut-être à devenir elle aussi une bandiera comme son oncle et son père, afin de perpétuer la dynastie et la légende des Baresi en Italie.

Frédéric Marjary



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