Insigne : la Nazionale ou rien

Par Rémi Falvo publié le 14 Nov 2019

Insigne, c’est Naples, c’est le Napoli. Le maillot azzurro de son club de coeur lui va à ravir, bien mieux que celui de la Nazionale. Ce dernier, il l’a toujours porté avec fierté, mais n’a jamais convaincu. Seulement, la situation actuelle de son club le force à rester dans l’ombre dans le paysage du football Européen. Insigne n’a pas le choix : il doit briller avec la Nazionale.

Insigne, c’est le Napoli

Lorenzo Insigne, avec son tatouage du San Paolo sur la cuisse, incarne l’amour du maillot, le football romantique qui se fait de plus en plus rare par les temps qui courent. Les conflits récents avec De Laurentiis pourraient mettre fin à cette belle histoire. Le hic, c’est que pendant ce temps, Roberto Mancini fait sa liste pour savoir sur qui il pourra compter pour l’Euro 2020 qui se profile en fin de saison. Et une saison blanche pour le petit ailier Napolitain ne favorisera pas sa place de titulaire au sein du groupe Italien. S’il veut aller au bras de fer avec son président, soit. S’il se retrouve, pour cause de mauvais climat, dans une posture difficile qui l’empêche de développer son jeu, qu’à cela ne tienne. Il a deux matchs, là, tout de suite, pour marquer les esprits. Montrer que le coach peut compter sur lui, qu’il est toujours l’ailier tonique et créatif capable d’éliminer trois joueurs sur un coup de rein. Cela va très vite, l’opinion publique pourrait rapidement le considérer comme un joueur « bon avec la séléction, moins en club« , bien que pendant des années, c’était le contraire. Mais le passé est le passé, et Insigne, à maintenant 28 ans, n’a toujours pas atteint le rôle de meneur au sein de la Nazionale qu’on lui avait destiné. C’est maintenant ou jamais.

Un bon bol d’air

Et finalement, ne serait-ce pas le scenario qui lui fallait pour prendre une autre dimension? Rien ne pouvait l’éloigner de son club, c’est vraiment un coup du destin que ce pêtage de plombs de De Laurentiis et cette rébellion des joueurs. Et Insigne était lié au Napoli, et pour l’instant l’est toujours, par un cordon ombilical. Hors de question qu’il s’épanouisse ailleurs, mas le son de cloche n’est désormais plus le même. Il va pouvoir jouer avec la Nazionale d’une façon toute nouvelle, puisque ces deux matchs seront les rendez-vous importants de son agenda. Jusqu’ici, on avait pu avoir l’impression que les convocations de Mancini venaient polluer sa routine Campanaise. En ce moment, il respire. Il décompresse d’un climat difficile à supporter. Cela ne peut que s’en ressentir sur le terrain.

Bien que ces deux rencontres face à la Bosnie et l’Arménie soient d’une importance relative, il y a fort à parier pour qu’il crève l’écran. Il a les fourmis dans les jambes, Lorenzino. Un peu de positif dans sa saison, il ne crachera pas dessus. Lui qui est considéré comme l’agitateur du groupe Napolitain, le principal problème de De Laurentiis à l’heure actuelle. Lui qui, en tant que capitaine, a choisi son camp, et s’est mis dans une position pour laquelle l’issue est tout sauf prévisible. Gonfler son compteur but en Nazionale n’est pas infaisable, compte tenu de ses qualités, et des adversaires qui sont à sa portée. Parce qu’avec 6 buts en 33 matchs joués pour la Squadra Azzurra, Lorenzo Insigne n’a pas encore écrit sa page dans l’Histoire du football Italien. Tout ne se jouera pas sur ces deux matchs, mais Mancini a besoin de signaux. D’un petit appel du pied de son ailier lui disant « eh, coach, tu peux compter sur moi pour l’Euro« . Du monde se bouscule à son poste, aucun de ses concurrents ne se trouve dans une situation aussi inhabituelle, Insigne a encore tout à prouver. A commencer par demain soir, face à la Bosnie.

Rémi Falvo

Rédacteur



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