Ils sont partis pour nous surprendre : Felipe Anderson, le repenti resplendit (5/6)

Par Rafaele Graziano publié le 08 Déc 2021
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Qu’ils soient jeunes ou expérimentés, célèbres ou discrets, ils sont la fierté et la passion du Calcio. Alors que les yeux sont rivés sur les grosses écuries, Calciomio s’intéresse aux héros dans l’ombre qui font de la Serie A un des fleurons du ballon rond, à la recherche de ces protagonistes aussi incontestables qu’inattendus. Buteurs, portiers ou défenseurs, ils sont la surprise de ce début de championnat. Ce pénultième épisode est consacré à un ancien de Serie A, coqueluche des Laziali qui s’en revient enflammer la capitale : Felipe Anderson permettra-t-il enfin à la Lazio de déployer ses ailes ?

Le pécheur repenti

Produit phare du célèbre club brésilien Santos, Felipe Anderson débarque à Rome 20 bougies à peine soufflées et des voeux encore tout à réaliser. Avec la Lazio, il réalise un quinquennat aussi riche que décevant, à l’image de son talent, tantôt décisif tantôt insuffisant. Pourtant de qualités il ne manque pas, on lui découvre dès sa 2ème saison une aptitude au dribble et une rapidité balle au pied qui en font une arme létale pour une équipe de contre (11 buts et 10 passes décisives toutes compétitions, de beaux chiffres pour un milieu). Cela ne suffira pas à combler les attentes d’Inzaghi qui se voit contraint de l’arracher à ses tifosi en 2018 – son 3-5-2 ne lui correspondant plus. Ciao Felipe, mais pas addio, car si les souvenirs heureux des Biancocelesti pèsent, ses passages à West Ham puis Porto sont loins d’être récréatifs (plutôt poussifs). C’est alors que le départ d’Inzaghi vers l’Inter change la donne et que le pèlerinage du Brésilien prend fin : retour au bercail dès 2021.

Le péché mignon de Sarri

Nombreux sont ceux qui ne parviennent pas à cerner le personnage Sarri, voire tout simplement à y adhérer. L’entraîneur italien est unique en son genre mais il sait dénicher un talent lorsqu’il en voit un et bien qu’il soit en manque de temps de jeu avec les lusitaniens de Porto, F.Anderson se voit trouver une place dans l’effectif laziale. La confiance est immédiate et les résultats ne se font pas attendre : une passe décisive dès son retour et un but au tour suivant, le ton est donné. Avec un football désormais libéré dans le 4-3-3 de Sarri, Anderson – concentré essentiellement sur le flanc droit – laisse libre court à sa fantaisie tel un fauve que l’on avait enfermé pendant 3 années. Il n’a que 28 ans mais il semble vivre une second jeunesse : la dynamite dans ses jambes donne le tournis à ses adversaires et donne raison au mister. 

Bien décidé à redorer son image et à reconquérir son public, Anderson arpente le couloir droit de la Lazio sans relâche à la recherche d’une victime à humilier. Sarri aime les joueurs techniques et capables de créer des espaces, le voilà servi. Avec 34 dribbles réussis, c’est tout simplement le meilleur dribbleur de Serie A à cette position (Leao, 1er, comptant le même résultat mais pour moins de tentatives), une manne qui lui permet de débloquer des situations et de servir ses camarades dans les meilleurs dispositions (23 passages clés à compter à son actif, c’est autant qu’un Barella ou un playmaker comme Calhanoglu), des performances impressionnantes pour un ailier constatées notamment lors d’un Derby della Capitale à lui seul dominé. Plus précis dans ses passes que son compagnon Milinkovic-Savic, Anderson s’impose petit à petit comme une clé de voute du système Sarri et bien que la machine biancoceleste ait parfois du mal à se lancer, il n’est rien que le retour du Brésilien aurait provoqué mais qu’il ne saurait réparer. Son entente avec Alberto, Savic et Pedro a de quoi donner le sourire aux tifosi : l’albero di natale (comme le nommait Parolo pour sa générosité sur le terrain) est de retour et c’est parti pour durer !

Si la Lazio fait face à quelques soucis identitaires, Sarri se doit de prôner la facilité et la qualité de ses joueurs : Anderson est une machine indispensable aux contres, à lui d’apprendre à l’exploiter.

À lire aussi dans ce dossier :

1 . Guglielmo Vicario, le rempart d’Empoli
2 . Giovanni Simeone, le retour du Cholito
3 . Omar Colley, la muraille de Gênes
4 . Anguissa, le mediano qui a conquis le Napoli
5 . Felipe Anderson, le repenti resplendit

Rafaele Graziano



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