Ils sont partis pour nous surprendre : Antonin Barak, le héros de Vérone (6/6)

Par Rafaele Graziano publié le 12 Déc 2021
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Qu’ils soient jeunes ou expérimentés, célèbres ou discrets, ils sont la fierté et la passion du Calcio. Alors que les yeux sont rivés sur les grosses écuries, Calciomio s’intéresse aux héros dans l’ombre qui font de la Serie A un des fleurons du ballon rond, à la recherche de ces protagonistes aussi incontestables qu’inattendus. Buteurs, portiers ou défenseurs, ils sont la surprise de ce début de championnat. Difficile d’en laisser certains sur la touche tant l’Italie héberge bon nombre de talents mais puisque toute bonne chose a une fin, place à cet ultime épisode dédié à un jeune milieu qui n’a pas froid aux yeux : Antonin Barak fait la fierté de la maison Hellas, Vérone s’en prélasse.

Les débuts tumultueux

Fan de basket et de surf, c’est bien au football que Barak s’illustre. Depuis son plus jeune âge, son pied gauche ravageur ne laisse personne indifférent et ce sont aujourd’hui les défenses italiennes à en payer le prix. Son enfance ne sera pas de tout repos pour autant même s’il en avait bien besoin. Antonin souffre rapidement d’un syndrome de fatigue chronique due à une malformation de la colonne vertébrale. Son physique se développe plus lentement mais l’acharnement et la chance en décideront autrement : par des exercices spécialisés, Barak parvient à se rétablir, comme quoi le football est une guérison.

Barak aux bas maux, les grands remèdes

Du haut de son mètre 90 (belle guérison en effet), Barak essuie les critiques et jalousies de ses camarades. Il rejoint le Slavia Prague et y gagne rapidement la sélection ainsi qu’un billet pour Udine en 2017. Les ambitions du jeune tchèque sont payantes alors que son talent n’en finit pas d’émerveiller les férus de Calcio : 7 buts et 4 passes décisives en mezz’ala à sa première saison, vous avez dit départ canon ? Après s’être perdu sur le chemin sinueux des blessures, il trouve au Hellas et sous les ordres de Jurić la rédemption. Sa puissance physique, au service de sa dextérité balle au pied en fait un milieu aux airs de trequartista – rôle préféré des Italiens. Les entraînements se font toujours plus intenses, Mister Jurić ne l’épargne pas et le fait courir au moins 10km par session, pour Barak les choses sérieuses commencent.

Aujourd’hui, il talonne seul Brozović au nombre de kilomètres parcourus en moyenne par match (11,68) et se montre indispensable au développement du jeu de Tudor. Des poumons de marathonien, des dribbles de n°10, des buts d’attaquant : c’est le centrocampista idéal et protagoniste absolu de l’Hellas en ce début de saison. Plus qu’un taulier, au vu du caractère crucial de ses buts, c’est un véritable joker : du Milan à la Juve en passant par le Napoli, les 7 sorelle ont toutes déjà subi le courroux de la furia ceca 2.0 (en honneur à Nedved, son idole). Les chiffres parlent d’eux-mêmes, cette saison, Barak figure parmi les meilleurs dribbleurs du championnat à son poste avec 19 exécutions réussies (un attaquant explosif comme Chiesa n’en compte qu’un seul de plus), une manne qui lui permet de constamment ouvrir les espaces et d’accélérer le jeu, on se souvient de ce 7 novembre à Naples lorsqu’il emmenait Mario Rui faire un tour en montagnes russes (pas sûr que ce dernier s’en souvienne) avant de servir Simeone pour l’avantage veronese. Sans parler de sa fâcheuse tendance à enchaîner les malabars : champion de précision au but dans sa discipline avec 17 tirs cadrés (9ème toutes catégories confondues), sa patte gauche n’a pas fini de régaler. Une précision que l’on retrouve dans ses passes (81% cette saison), pour la faire courte lorsque ses camarades le voient prendre le ballon ils n’ont plus qu’à sortir le champagne, Barak s’occupera des caviars.

Peut-être est-ce la bonne année pour le Tchèque de 26 ans, qui sait, tellement de talents ont aussitôt brûlé leurs ailes ! Pourvu qu’il se concentre sur son travail sans faire de zèle, mais son adaptation en division majeure est telle qu’elle laisse peu de doute sur son avenir. On a hâte de le voir rebondir !

À lire et à relire dans le dossier « Ils sont partis pour nous surprendre » :

1 . Guglielmo Vicario, le rempart d’Empoli
2 . Giovanni Simeone, la renaissance du Cholito
3 . Omar Colley, la muraille de Gênes
4 . Anguissa, le mediano qui a conquis le Napoli
5 . Felipe Anderson, le repenti resplendit
6 . Antonin Barak, le héros de Vérone

Rafaele Graziano



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