Il y a pratiquement 10 ans, l’AS Roma renversait le Real Madrid en Champions League !

Par Boris Abbate publié le 27 Nov 2018

En grosse difficulté en Serie A cette saison avec 18 points de retard sur la Juventus, cette AS Roma version 2018-2019 passe la plupart de son temps à panser ses plaies les mardis et mercredis soirs lorsque la petite musique de la Champions League se fait sentir. Oublier le championnat et se concentrer sur la Champions’ est ainsi devenu une habitude pour les hommes de Di Francesco, qui peuvent déjà se qualifier pour le tour suivant avec un petit point. Mieux encore, la Louve peut carrément espérer finir en tête de son groupe si elle bat le Real Madrid ce soir, et ainsi s’éviter de choper un gros morceau pour les huitièmes. Seulement, face aux Merengues, le parcours à domicile de la Roma n’a rien d’encourageant, et il faut remonter les années pour trouver trace d’un succès face aux Espagnols. La dernière fois ? C’était en 2008, Cristiano Ronaldo était encore à Manchester, Totti régalait toujours l‘Olimpico et Robben avait encore quelques cheveux sur la tête.

La première Roma de Spalletti

Pour tous les supporters romains, l’époque de la première Roma de Luciano Spalletti renverra toujours à de bons souvenirs. Débarqué sur le banc giallorosso à l’été 2005, le grand chauve de Certaldo trainera pendant 4 longues années son costume dans la capitale italienne, et une décennie plus tard, le mythe est toujours présent. Avec une Supercoppa, 2 Coppa Italia et ces duels incessants avec l’Inter pour le Scudetto, le technicien italien aura en effet grandement marqué le club giallorosso. Mais cette première Roma de Spalletti avait surtout son style et ses caractéristiques uniques. Un 4-2-3-1 magique, tout d’abord, avec un Totti en faux numéro 9 et ce jeu léché, rapide et parfois en une touche de balle qui en divertissait plus d’un. C’était l’époque de Panucci, Mexes et Perrotta, l’époque des grandes soirées européennes de la Roma (en mettant de coté la fessée reçue à Manchester), et l’époque des 6 passements de jambes de Mancini à Gerland. La soirée du 19 Février 2008 fait bien entendu partie de cette belle époque, quand la Louve reçoit le Real Madrid pour le match aller des huitièmes de Champions League, après être sortie deuxième d’un groupe qui l’a mettait aux prises avec le Dinamo Kiev, le Sporting et ce maudit Manchester United.

Pourtant, avant cette rencontre, rien ne va pour l’AS Roma. Le week end précédent, en Serie A, la Roma s’est en effet inclinée chez la Juventus, et a probablement dit adieu au Scudetto en laissant s’échapper l’Inter à plus de 11 points en tête du podium. Pire encore, grippés, Totti et De Rossi sont plus qu’incertains avant la rencontre, et rajoute un peu plus d’incertitudes dans ce moment délicat de la saison giallorossa. Toutefois, au coup d’envoi, devant 60 000 supporters et une ambiance de finale européenne, les 2 pur sangs romains sont bien présents, dans ce 4-2-3-1 inévitable, avec Doni dans les buts, la ligne Panucci, Mexes, Juan, Cassetti en défense, le petit Pizarro au milieu, et Giuly, Perrotta et Mancini devant. En face, le Real est privé de Sneijder, Pepe, Marcelo et Robinho, mais Raul, Van Nistelrooy, Robben, Guti, Ramos et Cannavaro sont présents. A 20h45, les équipes sortent donc du tunnel, la mélodie de la Champions résonne dans tout l’Olimpico et le coup d’envoi est donné. Et les Italiens sont déjà mis en difficulté.

Une Roma renversante

Dès la 7 ème minute de jeu, Robben est trouvé sur son coté gauche. Il accélère, avance à une vitesse incroyable sur une dizaine de mètres et lâche un puissant ballon en retrait juste devant la surface romaine. Le Néerlandais avait tout vu avant tout le monde, et son ballon trouve Guti, qui seul, à tout le temps d’ajuster sa frappe. Pas de bol pour la Roma, cette dernière finit déviée par Raul…, qui se mue alors en Pipo Inzaghi pour ouvrir le score. Les Italiens vont mal, et les symptômes affichés quelques jours plutôt à Turin refont surface. Et rien ne s’arrange pour autant. Car 3 minutes plus tard, Van Nistelrooy crucifie les Giallorossi et éteint toutes les lumières de l’Olimpico. Heureusement, son but est annulé pour une position de hors-jeu. Un tournant du match pour la Roma, qui va serrer les dents, tenir la bataille au milieu et revenir avec brio dans la partie. A la 25 ème, Totti lance Mancini sur la gauche, qui fixe la défense espagnole avant de centrer fort au premier poteau. Le centre est mal repoussé avec l’aide de Totti, et Pizarro lancé à pleine vitesse devance Gago et propulse une frappe sèche qui termine dans les filets de Casillas ! Spalletti exulte, l’entraineur du Real fronce les sourcils, et le match est complètement relancé.

En deuxième mi-temps, le match est toujours aussi disputé, mais peu avant l’heure de jeu, un geste de grande classe va faire basculer la rencontre. Sur un dégagement anodin de Mexes, Totti invente un contrôle orienté magique qui élimine toute la défense du Real. Il sert ensuite Mancini à la limite du hors-jeu, qui contourne tranquillement Casillas et marque le but du 2-1. La Roma tient son exploit. Mais elle va souffrir en fin de match, quand Madrid pousse et que Van Nistelrooy, encore lui, attrape le poteau de Doni. A la fin du match, le Real est battu, et Bernd Schuster, entraineur des Blancos l’a plutôt mauvaise. « Ce que je pense de la Roma ? Rien de nouveau sous la lune. Elle a confirmé quelle était une typique équipe italienne, qui préfère défendre et jouer en contre attaque » lâche t-il après ce premier épilogue. Pas de chance pour lui, au retour la Roma évoluera exactement de la même façon. Et elle s’imposera aussi au Bernabeu !

Boris Abbate

Rédacteur



Lire aussi