Il y a deux mois, ce Cagliari-Lazio fatal aux Sardes

Par Sébastien Madau publié le 15 Fév 2020

Cagliari est dans le dur, sur le terrain ou en coulisses. Toujours difficile d’identifier une explication unique. Une chose est certaine : on peut au moins la dater. Il y a tout juste deux mois. Le 16 décembre 2019, alors que Cagliari avait les cartes en main pour s’envoler vers les sommets du championnat, il a été recadré par la Lazio (1-2) à domicile.

Jusque-là, Cagliari avait trois matchs références. Le hold-up face au Napoli au cours duquel, après avoir subi tout le match, les Sardes avaient refroidi le San Paolo à la 87e minute grâce à un but de Castro. Impossible également d’oublier le match à domicile contre la Sampdoria où, après avoir été menés 2-0 puis 3-1, les Rossoblù avaient réalisé une remontada jusqu’à la victoire 4-3 grâce à un coup de boule dans les arrêts de jeu de Cerri. Enfin, la plus aboutie des prestations est sans nul doute la victoire à la Sardegna Arena face à la Fiorentina (5-2). Tout semblait réussir aux Sardes à l’image de cette « Madjer » de Simeone ou cette frappe en lucarne de Nainggolan.

Un fragile mental

Aussi, lorsque la Lazio s’est présentée à la Sardegna Arena, les hommes de Rolando Maran avaient les cartes en main pour recoller au podium. Avant que la fête ne soit gâchée. Les insulaires avaient bien ouvert la marque, puis raté le break. Avant ces maudites 7 minutes de temps additionnel. Luis Alberto (90e+3) et Caicedo (90e+8) ont littéralement coupé les ardeurs des Sardes. Plus rien ne semblait comme avant. Notamment au niveau psychologique. On penserait presque qu’il aurait été moins désastreux de se faire corriger dans un match à sens unique plutôt que de devoir subir ce cruel scénario. Et ce même si quelques nuages étaient, toutefois, venus déranger le soleil ambiant à Lecce lorsque Cagliari menant 2-0 avait été rejoint (83e et 91e) et avait perdu son gardien Robin Olsen, après un geste d’humeur lui ayant valu 4 matchs de suspension.

Depuis la douche froide contre la Lazio, Cagliari n’a empoché que 3 points après les nuls face à Brescia (2-2), l’Inter (1-1) et Parma (2-2). Un match contre les Emiliens où la victoire tendait les bras aux Sardes avant de subir l’égalisation à la 94e minute. Entre temps, la Juventus, le Milan AC, l’Udinese et le Genoa avaient remporté les trois points, banalisant la défaite alors que jusqu’à décembre Cagliari n’avait été battu qu’à deux reprises (Brescia, Inter). Ainsi, Cagliari figure carrément à la dernière place du championnat sur les 8 dernières journées.

Les défaites ne relèvent pas uniquement des limites techniques mais également mentales. Longtemps dans le TOP 5 des meilleures défenses de Serie A, Cagliari est aujourd’hui 14e défense. Les buts encaissés face à l’Udinese (85e après avoir égalisé à la 84e), la Juventus (81e, 82e), Lecce (83e, 91e), Parma (94e) démontrent que Cagliari a du mal à demeurer concentrer jusqu’au bout des rencontres. Comme si le costume de prétendant à l’Europe lui était trop grand et qu’un seul grain de sable ait suffi à enrayer la machine.

La course à l’Europe n’est pas perdue

Comme si cela ne suffisait pas, des rumeurs de dégradations de l’ambiance dans les vestiaires sont venues ajouter du doute au doute. Outre le cas Olsen (suite au match à Lecce), Castro a été écarté du groupe avant le match contre Brescia (il sera finalement transféré à la Spal) et Pavoletti s’est retrouvé au cœur d’une polémique après une nouvelle rupture des ligaments du genou encore en convalescence.

Malgré cette période « sans », Cagliari n’a toutefois pas perdu ses chances dans la course à l’Europe. En effet, les «Quatre Maures» n’ont pas le monopole des crises et d’autres prétendants à l’Europa League se retrouvent également dans des situations délicates (Torino, Fiorentina, Milan, Napoli, etc). La chasse à la 6e place est plus que jamais ouverte (le TOP 5 semblant inatteignable). Cagliari a encore ses chances. A condition de réaliser une phase « retour » à l’image de sa phase « aller ». Un premier élément de réponse sera donné dimanche à domicile face au Napoli.

Sébastien Madau



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