Il y a 3 ans, la Juventus perdait sa 7ème finale de C1 : la plus douloureuse ?

Par Rafaele Graziano publié le 03 Juin 2020

Malchanceuse ? Maudite ? La Juventus a beau figurer dans le panthéon du football, la Champions League ne lui réussit pas. Si elle fait partie de l’élite historique mondiale, elle ne parvient pas à ramener la coupe aux grandes oreilles à Turin depuis 1996, essuyant la bagatelle de 5 défaites en finale depuis lors – un record. Mais le 3 juin 2017, à Cardiff, alors qu’elle voit le graal lui filer entre les doigts une énième fois, c’est la goutte de trop – en plus d’être manquée, la coupe… est pleine ! Retour sur la défaite la plus marquante de la Vieille Dame en Champions League.

Enfin prêts !

Si cette nuit de Cardiff a un goût si amer pour les Turinois, ce n’est pas tant pour l’addition, plutôt salée, mais parce que contrairement à 2015, ils avaient finalement réuni tous les éléments favorables à leur succès. Il régnait à Turin une atmosphère étrange : un sentiment d’espoir, de sérénité, voire même, de soulagement. Car fort d’une saison gargantuesque au rythme de renouveau (design et trademark revisités), de bling-bling (encaissement et achat records des transferts Pogba-Higuaín) et de prestations hors normes (29 victoires en championnat, 1ère place jamais perdue depuis la 5ème journée et une double confrontation épique avec le Barça), le zèbre, à quelques encablures d’un exploit historique si prisé (Triplete) plante définitivement ses sabots dans la cour des grands, jouissant même d’une réputation – peu commune – de favori face à un Real Madrid pas infranchissable puisqu’aucune équipe n’avait encore remporté 2 titres de C1 d’affilée depuis le passage au format moderne.

2 ans plus tôt, la Juventus sortait la tête haute au même stade de la compétition. Pourtant, si une défaite est toujours indigeste, l’amertume laissait place, ici, à l’espoir : les Agnelli entament alors un projet massif de reconstruction, et malgré des départs de taille, l’effectif turinois semble paré à toute épreuve : avec une attaque argentine survoltée ; la mentalité gagnante de ses tauliers  (Alves et Mandzukić, véritables héros juventini) ; sans oublier la meilleure défense de la compétition avec 0 buts encaissés lors de la phase finale et la revanche de 1998 pour objectif, tous les signaux sont au vert pour faire de cette Juve le fleuron d’un football italien réduit à la nostalgie de sa gloire d’antan.

…Pour le naufrage !

C’est en grande pompe que débute cette soirée anglaise – avec plus d’engagement et d’occasions franches, les Bianconeri semblent sur la bonne voie. Mais la Juve ne serait pas la Juve si elle rendait une copie parfaite. Son point fort est la défense ? Et bien, au bout de 20′ et alors qu’elle maîtrise son sujet, elle concède un but d’une simplicité déconcertante, sur déviation, certes, mais annonciateur peut-être ? La réaction aura beau être immédiate, les madrilènes auront beau être muselés et les occasions multipliées, l’équipe ne concrétise pas. Dommage, car c’est typiquement là l’atout majeur de son adversaire.

Comme pour annihiler les espoirs précédemment énumérés, c’est une toute autre Juve qui se présente dans le second acte : imprécision, baisse de régime, prévisibilité, lenteur… Tous les symptômes sont réunis afin de faire de cette nuit de consécration une nuit de désolation. Alors, y avait-il mutinerie, guerre d’égos ? Était-ce cette fameuse malédiction qui déviait, une fois encore, le 3ème tir madrilène au fond des filets ? Qu’importe. C’est sur le terrain que cette Juventus a, une fois de plus et bien trop tôt, perdu la foi. Un scénario idéal pour des Blancos insatiables qui, fort logiquement, assiègent le camp turinois et assoient un peu plus leur domination européenne : 4-1 score final, le fiasco est total.

Pas de coupe aux grandes oreilles pour Buffon donc, mais au vu du potentiel affiché et d’une mentalité tristement inchangée, le retour à la réalité est encore plus brutal pour les tifosi. Enfin, si l’on pouvait s’imaginer un retour en force au terme des précédentes finales perdues, le bilan est bien plus sinistre ici, avec comme seul lot de consolation, le fait d’avoir affronté, peut-être, le meilleur Real de tous les temps.

Rafaele Graziano



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