Il faut sauver le buteur Piatek

Par Gilbert Simonutti publié le 27 Sep 2019

Auteur de deux buts depuis le début de la saison, Krzysztof Piatek vit une période difficile. Tentative d’explication d’une situation compliquée après une nouvelle défaite face au Torino qu’il n’a pu éviter malgré une dernière occasion incroyable contrée par un Sirigu des grands soirs.

Les tifosi milanistes avaient poussé un grand ouf de soulagement le 15 septembre dernier après la pénible victoire (1-0) des Rossoneri sur le terrain d’un Hellas réduit à dix quasiment tout le match. Un soulagement pour la victoire mais aussi pour le fait que le seul but de la rencontre ait été inscrit par Krzysztof Piatek, le pistolero polonais arrivé en grande pompe à Milan en janvier dernier. Un petit penalty qui fait du bien mais qui est aussi à ce moment le seul but que l’ancien joueur du Genoa a pu offrir à son club depuis le début de la saison. Un peu léger pour un attaquant qui a l’habitude de scorer buts sur buts (22 la saison passée en Serie A) dans toutes les positions et en toutes circonstances. La faute à qui ? A quoi ? Les raisons sont bien évidement multiples. Deux sont mises de cotés directement, celle de la malédiction du numéro 9 qui veut que tous les successeurs de Pippo Inzaghi aient la poisse en portant ce numéro dans le dos et celle également qui voudrait que Piatek ne soit finalement qu’un one-hit wonder soit, traduis dans le jargon footballistique, le joueur d’une seule saison. La vérité est que l’international polonais est un vrai buteur, comme on en fait de moins en moins. Son unique job c’est de planter et ce type de joueur a besoin que son équipe joue pour lui et qu’on lui donne les munitions nécessaires pour faire mal. Avec ce Milan c’est mal engagé et Piatek n’est au final que le reflet de son équipe tant il dépend des autres joueurs. Face au Torino, le Polonais a eu les occasions mais au final la réussite l’a quitté. Seule consolation, un nouveau penalty transformé pour une défaite 2-1 du Milan.

Les changements tactiques de Giampaolo le desservent

Parfois absent, souvent en retard ou ne faisant pas le bon appel, l’attaquant polonais y met du sien sur le terrain pour se retrouver dans cette situation délicate. Il n’a d’ailleurs pas eu de meilleurs résultats avec la sélection polonaise (76 minutes ratées contre la Slovénie, sur le banc contre l’Autriche) qu’avec son club. Mais, les atermoiements tactiques de Giampaolo ne l’aident pas. Le Milan a joué le premier match en 4312 avec un faux 10 et un ailier comme 2eme attaquant, les deux suivants en 4321 (contre Brescia Piatek n’est rentré qu’à la 61eme minute) et lors du derby retour à un 4312 version hybride cette fois avec encore Suso en 10 mais avec un vrai attaquant (Leao) a ses cotés qui avait comme consigne de faire dézonner Godin ce qui en a fait par phases un 433 avec l’espagnol qui s’écartait aussi.

Avec Leao, il y a de l’espoir

Le bât blesse aussi dans Le jeu des Rossoneri qui n’est pas bien huilé. Piatek n’est jamais réellement cherché dans la profondeur où dans le jeu aérien et les occasions créées par les Milanais sont rarissimes (plus mauvais taux après 4 journées depuis 10 ans pour le club). Difficile dans ces conditions de marquer. Le Derby, perdu face à une Inter qui a maitrisé parfaitement son sujet, a mis à nu tous les défauts de ce Milan de début de championnat. Piatek ne s’est créé qu’une seul occasion en fin de première mi-temps avec une tête mal ajustée sur une belle offrande de Rafael Leao. Trop peu mais une lueur d’espoir quand même avec la belle prestation de l’ancien lillois qui pourrait devenir un bon partenaire pour le Polonais. Cela s’est confirmé hier mais Giampaolo en a décidé autrement en le faisant sortir. Toutes les solutions sont cependant bonnes à prendre pour sauver le Milan d’une nouvelle saison sans Champions League et pour faire retrouver le chemin des filets au buteur polonais.

 

Gilbert Simonutti

Rédacteur



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