« Il caso Catania » : quand la Serie B se disputait à 24 clubs

Par Yacine Ouali publié le 28 Avr 2020

Aujourd’hui, certaines voix commencent à proposer de mettre en place pour cette année la même solution qu’en 2003-2004 de Serie B, quand 24 clubs se disputaient la promotion. Retour sur cette folle histoire, surnommée « Il caso Catania ».

Au commencement était… un carton jaune

En 2002-2003, contrairement à cette année, la saison de football s’était normalement terminée en Serie B. Le championnat comprenait 20 équipes et 4 clubs relégués.

À la fin mai 2003, le club sicilien de Catania finit 17ème et est relégué. La direction proteste cependant que lors d’un match contre Siena, le 12 avril, les visiteurs avaient aligné un joueur inéligible, Luigi Martinelli. Ce dernier avait pourtant purgé sa suspension subie lors d’un match contre Cosenza en étant absent du match contre le Napoli la semaine avant la visite à Catania, mais les Siciliens soutiennent qu’il avait été aligné lors d’un match officiel de jeunes, et demeurait ainsi inéligible pour jouer contre eux.

De cet imbroglio, qui aurait pu être anodin, est née une affaire restée dans l’histoire. 17ème avec 43 points, Catania soutient qu’une victoire contre Siena aurait pu les amener au niveau du Napoli, 16ème, contre qui ils ont l’avantage des confrontations directes.

Démêlés avec la justice et zizanie

Après un premier appel rejeté auprès des instances, Catania fait en mai 2003 un deuxième appel qui va lancer une série de décisions contradictoires de la justice.

Le deuxième appel permet à Catania de se voir attribuer une victoire 2-0 sur tapis vert contre Siena, permettant au club de rester en Serie B aux dépens du Napoli… avant que la décision ne soit à nouveau annulée par un appel du Napoli. Un troisième appel suit de la part de Catania, qui a pour résultat leur inscription en Serie B par la FIGC.

De tout cela, la FIGC ne sait que faire. La fédération hésite entre maintenir une ligue à 21 clubs, avec Catania et le Napoli maintenus, ou une Serie B à 24 clubs, avec les 4 relégués maintenus et les 4 promus de Serie C. Cette dernière décision, qui a la faveur des instances, est elle-même contestée en appel par huit autres clubs de Serie B… !

À la fin du mois de juillet 2003, la FIGC semble avoir pris sa décision. Une Serie B inchangée à 20 clubs, et Catania relégué. Le 6 août, le club sicilien fait un nouvel appel. Le 12, le calendrier de la Serie C, avec Catania, est publié. Le 13 août cependant, dans un scénario impensable, Catania est une fois de plus réintégré en Serie B aux dépens du Napoli !

Une résolution difficile et inédite

En temps normal, les relégations de Serie B à la Serie C à la fin de la saison 2002-2003 auraient été comme suit : Salernitana, Cosenza, Genoa et Catania, remplacés par les 4 promus de C, à savoir Albinoleffe, Avellino, Pescara et Treviso.

Le 20 août 2003 toutefois, à cause de Catania, la décision finale de la FIGC est celle d’une Serie B à 24 clubs (aucune relégation, 4 promotions de C). Tout semblait résolu… mais c’était sans compter la faillite de Cosenza. Dans ce cas là, que faire ? Avoir un championnat à 23 clubs, ou repêcher par playoffs un club de Serie C ?

Dans une décision surprenante, c’est finalement la Fiorentina, victorieuse de son groupe de Serie C2 (même pas le premier groupe) qui est promu, grâce à son « mérite sportif ». Cette justification en elle-même est toutefois contestable, car la Pro Vercelli, aussi en Serie C, avait plus de « mérite sportif » que la Fiorentina, avec 7 Scudetti en A contre seulement deux pour la Viola.

Sans surprise, la promotion de la Fiorentina (qui sera ironiquement promue en A la saison d’après) a pour résultat une nouvelle vague de protestation, menée cette fois par Pisa, défait dans la finale des playoffs de Serie C1 par Albinoleffe, et qui se juge plus légitime que la Fiorentina pour reprendre la place de Cosenza en Serie B.

Ces nouvelles protestations n’ont aucun effet sur la FIGC, qui entérine (enfin) la décision d’une Serie B à 24 clubs, avec donc la Fiorentina à la place de Cosenza.

Yacine Ouali



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