Ibrahimović : Si près, si loin

Par Christophe Mazzier publié le 08 Avr 2020

Ibrahimović est un joueur à part dans le football. Après avoir déclaré son amour de l’Italie à plusieurs reprises, il se pourrait que le lien étroit tissé avec le Milan AC prenne fin plus rapidement que prévu. Ses déclarations dernièrement mettent le doute aux tifosi milanais. La carrière du géant suédois est digne des plus grands classiques. Voici le dernier chapitre.

Un futur en pointillé

Ce que l’on sait, c’est qu’Ibrahimović, peu de temps avant de signer au Milan AC, est devenu l’un des propriétaires du club suédois de Hammarby. Cette prise de participation a rendu fou les supporteurs de son ancien club, Malmö, le club rival. Sa carrière se poursuivra surement comme dirigeant. Mais le géant suédois décidera-t-il de raccrocher les crampons à la fin de cette saison qui risque de ne pas en être une à cause du Coronavirus ?

Sa présence à San Siro, d’après les journaux, est très incertaine. L’éviction de Boban n’arrange en rien les prédictions dans ce sens. Très proche de l’illustre gloire milanaise, l’ancien milieu avait tout fait pour faire venir le suédois. Conjointement à Maldini, ils se sont étalés à maintes reprises dans la presse pour acquérir des joueurs d’expérience. Cette pression, mise sur les épaules de Gazidis, a fait craquer le dirigeant milanais qui a fait sortir le carnet de chèque, pour répondre favorablement aux requêtes de Raiola, à Elliott.

Des déclarations troubles

Le 5 mars dernier, « Zlatan » déclarait sur les RS : « Fais-le avec passion ou ne le fais pas. », sans les yeux rouges et noirs qu’il avait arborés lors de sa venue. L’attaquant suédois a mentionné cette phrase sibylline quelques jours avant l’éviction de Boban. Ces mots ont mis en émoi les supporteurs milanais conquis par le retour du héros. Les sceptiques, chez les supporteurs et la presse, étaient légions avant son retour. Après avoir illuminé le championnat américain, ils sont très peu à avoir donné du crédit aux prestations XXL du suédois, dans une compétition « mineure ».

Aujourd’hui, les médias comme tous les tifosi ont été conquis. Malgré son âge, une lenteur relative, il a mis les points sur les i. Maladroit par moment, il n’en est pas moins un trascinatore (leader) de première catégorie. De la trempe de ces joueurs qui savent tirer tout un groupe vers le haut. Ainsi ses followers voient d’un très mauvais œil le départ de Boban, et les relations ambigües entre Maldini et Gazidis. Même si récemment le fils de Paul Singer, le propriétaire d’Elliott, a affirmé vouloir garder l’ancienne légende milanista, patrimoine historique.

Un amour fou

La présence de Maldini, comme celle de Boban, a sans nul doute été importante dans la décision de Zlatan de revenir dans ce club qu’il avait quitté contre sa volonté en 2012. Ces deux garanties d’un passé glorieux ont accompagné son retour. « On verra pour la saison prochaine, je ne sais pas encore ce que je veux faire. » a-t-il affirmé dans un média suédois. Retraite, levée de son option pour une saison supplémentaire au Milan AC, signer pour un autre club italien, tout est possible.

Comme il l’a souvent exprimé, il a toujours souhaité le retour du Milan AC au premier plan. En 2012 déjà, lors d’un rassemblement de la sélection suédoise, juste après son départ prématuré, à but lucratif, pour le PSG, il affirmait, nostalgique : « J’ai eu d’excellentes sensations au Milan AC, je m’y sens comme à la maison. C’est pour cela que j’aimerais un jour retourner à Milan. On dit souvent qu’il ne faut jamais revenir dans un club, mais pour le Milan AC, je le ferais… S’ils ont besoin d’aide, ils sauront où me trouver. »

Dans un monde du football, qui perd petit à petit ses dernières bannières, ses derniers symboles, la fidélité du suédois, à 8 ans d’intervalle laisse rêveur. Depuis son plus jeune âge, le natif de Malmö était émerveillé par le football italien, comme il le dit dans sa biographie. Son club de cœur était l’Inter, la Juventus le faisait rêver et le Milan AC allait être sa maison.

Christophe Mazzier



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