Hugo Maradona, le frère de… qui joua à Ascoli

Par Sébastien Madau publié le 02 Déc 2020

En 1984, Diego Armando Maradona débarque à Naples, après deux saisons chaotiques au Barça au cours desquelles il marque tout de même une quarantaine de buts. Trois ans plus tard, alors que Diego est déjà devenu le Roi de Naples, offrant un Scudetto et une Coupe UEFA aux tifosi, son petit frère Hugo (1969) pose lui aussi ses valises au pied du Vésuve. De vraie fausse promesse, Hugo deviendra une véritable étoile filante après seulement 13 matchs joués avec Ascoli, dont seulement 3 comme titulaire.
Il ne fait plus guère de doute que c’est El Pibe de Oro qui a imposé son frangin aux dirigeants du club, qui, à cette époque, ne pouvaient rien lui refuser. Même pas de griller un des 3 quotas d’étrangers sur un pari fou. Le directeur sportif Luciano Moggi grince des dents mais obéit aux ordres du président Corrado Ferlaino qui veut à tout pris éviter un clash.

Treize matchs et puis s’en va

A 17 ans, Hugo a fait ses débuts en championnat argentin, chez les Argentinos Juniores, comme Diego. Qui sait jusqu’où il pourrait marcher sur les traces du grand frère. En Argentine, on trouve toujours un journaliste pour affirmer que « Hugo Maradona pourrait devenir plus fort que Diego. Ils n’ont qu’une seule différence: l’un est gaucher, l’autre droitier ». Diego lui-même ne tarit pas d’éloges sur son frérot.
Mais Hugo est encore tendre et le Napoli cherche à le faire grandir au travers d’un prêt. Pescara et Pise refusent. Mais l’Ascoli du président Constantino Rozzi, alors pensionnaire de Serie A, voit d’un bon œil l’arrivée de ce « Maradona », notamment en termes d’image. L’entraîneur Ilario Castagner est beaucoup plus rétif. Sur le papier, le tandem avec l’attaquant brésilien Walter Casagrande est pourtant tentant. Le 20 septembre 1987, les deux Maradona s’affrontent au Stade San Paolo (victoire 2-1 du Napoli). Cette saison 1987-1988, le Napoli terminera 2e, Ascoli 12e.
Mais évidemment, inévitablement, on cherche à le comparer à Diego. Le poids est certainement trop fort pour ce « frère de… » qui, nul doute, a voulu profiter de l’aura de son patronyme mais en sous-estimant le retour de boomerang. Pas plus de 13 matchs (et aucun but) pour se rendre compte qu’Hugo n’a pas sa place dans l’élite du calcio. D’autant plus qu’il n’a semble-t-il pas compris qu’il faut redoubler d’efforts lorsqu’on évolue dans des équipes de province. Qu’il faut aller se chercher les ballons,… si on veut en toucher. Hugo Maradona ne tentera pas de s’imposer dans les divisions transalpines inférieures et quittera le pays. « Bidone » (flop) en Italie, il poursuivra une carrière honnête entre l’Espagne, l’Autriche, le Venezuela et surtout au Japon. Avant de raccrocher les crampons en d’endosser le costume d’entraîneur aux Etats-Unis et en Italie, notamment dans les écoles de football. Il insiste sur ses états de service dans leur globalité afin de se débarrasser de cette étiquette de loser.

Aujourd’hui, une vie paisible à Naples

Si le destin de Diego reste définitivement lié à Naples, c’est Hugo qui, in fine, s’en installé en Campanie depuis 8 ans et y vit avec son épouse napolitaine. Il avoue ne quasiment jamais rencontrer Diego jr, son neveu né en 1986 d’une relation extra-conjugale de Diego avec Cristina Sinagra et reconnu par son père en 2007.

Les mesures de confinement anti-Covid ont empêché Hugo Maradona de se rendre en Argentine pour assister aux obsèques de son frère. Après son opération d’un oedème au cerveau, il avait espéré que son aîné pose le pied sur le ballon. « C’est à lui de choisir : prendre soin de lui ou continuer à être le rebelle de toujours (…). Mon frère a un caractère très particulier, pas facile à changer » confiait-il alors. Le 25 novembre, la nouvelle tombait et le ciel avec. « Chaque jour qui passe, ma douleur augmente, elle redouble à cause de cette distance ». Ce vendredi, Hugo sera présent à l’inauguration du Marché de Noël du quartier napolitain de San Gregorio Armeno qui a décidé de rendre hommage au Pibe de Oro. Mon grand frère, ce héros.

Sébastien Madau



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